Les illusions dangereuses

« Notre patrie à nous, ce sont nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette patrie de billebaude et d’irréligion ? Pour eux, la patrie semble n’être qu’une idée, pour nous, elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau; nous l’avons sous les pieds, c’est plus solide ! Il est vieux comme le diable, le monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder dans l’absence de Dieu… On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions ; faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de la fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur. »

François Athanase Charette de La Contrie

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Lorsque l’on parcourait les rues de l’est parisien, on trouvait essentiellement des immeubles insalubres aux façades pouilleuses. Les logements, en regard des critères modernes, ne disposaient pas du confort minimum que l’on pouvait trouver dans les logis plus cossus des arrondissements bourgeois. On s’entassait souvent à sept ou huit dans une seule pièce. Les familles étaient nombreuses, l’école théoriquement obligatoire n’était pas encore très regardante, et les enfants livrés à eux-mêmes traînaient dans les rues. Phénomène humain classique, des bandes se formaient. Tout d’abord ce n’étaient que des petits groupes de mioches qui jouaient dans les rues, tiraient les cordons de sonnette pour faire bisquer les concierges, et autres bêtises sans gravité. Puis, avec le passage des ans, les groupes initiaux se scindaient pour laisser la rue à de petites bandes qui jouaient du surin. Il ne faisait pas toujours bon sortir à la nuit tombée. La rousse se montrait à l’occasion dans le quartier, le plus souvent pour aller agrafer au saut du lit un apache qui s’était fait un peu plus remarquer que les autres. Et puis le quartier retombait dans l’oubli jusqu’à ce qu’un nouveau fait divers sordide ne vienne s’inviter à la une des journaux. Et le grand cirque républicain recommençait. Les folliculaires publiaient des articles indignés, les bourgeois s’émouvaient du fait que de telles choses puissent encore arriver à leur époque, quant aux politiciens ils promettaient de tout faire pour que cela cesse et que l’ordre règne.

C’était ça la vie quotidienne de l’est parisien à la fin du XIXème siècle. C’était cela le lot quotidien de la majeure partie des familles qui y vivaient. Petit peuple composé pour une grosse part d’immigrés belges, italiens, polonais, russes. Il ya avait aussi pas mal de bretons et d’auvergnats, pour ne citer que ces provinciaux qui montaient en nombre à la capitale. À l’époque il n’y avait pas de contrats emploi solidarité, de stages Pôle Emploi, de R.S.A, d’A.D.A ou d’A.S.S. Pour vivre, ou plutôt survivre, on acceptait des boulots fatigants, peu voire pas considérés, mal payés. La journée de huit heures et la semaine de congés payés étaient encore de l’ordre du roman d’anticipation. Ces hommes n’étaient pas mieux traités que les actuels Maghrébins ou Africains subsahariens dont les exploits ou les misères font régulièrement la une des quotidiens et des journaux d’information télévisés. Ils étaient relégués dans les quartiers périphériques, et dans des bidonvilles que l’on désignait sous les appellations de « gadoue-ville » ou « quartiers nègres ».

Et pourtant, on a beau fouiller dans les archives, nulle trace de revendications communautaires, pas d’explosions de violence, de calèches incendiées, de bibliothèques municipales dévastées. Certes, ils partageaient avec nous un héritage culturel et religieux commun, c’est l’explication qui ressort le plus souvent pour expliquer la différence avec nos actuels allogènes de la république. Oui, mais voilà, c’est par trop simple. On oublie un peu trop facilement que ces immigrés n’étaient pas mieux considérés que des nègres, comme on disait à l’époque, parce que leurs mœurs et leurs codes culturels différaient par trop des nôtres, et surtout des Français du milieu ouvrier qui les côtoyaient quotidiennement. Ils étaient battus froid, considérés avec défiance, car a contrario du prolétaire hexagonal, ils ne se syndiquaient pas, ils allaient tous les dimanches à l’église, ils vivaient entre eux, parlaient leur langue entre eux, acceptaient de travailler pour un salaire moindre et ne rechignaient pas lorsqu’il s’agissait de faire des heures. À l’époque, on n’avait pas trop envie d’intégrer «  ces gens-là », et pourtant, leurs enfants, en dépit de leurs patronymes, furent tous de bons Français et partirent, comme tout le monde à l’époque, la fleur au fusil pour participer à ce qui devait être la « der des der ».

Tout le secret est là. Personne ne leur avait laissé croire que la France leur devait quoi que ce soit. Leur entrée dans la société française s’était faite par le travail. Ils étaient tous devenus français parce qu’individuellement ils avaient le désir bien naturel, en repartant de zéro, d’améliorer leur condition, de permettre à leurs enfants de vivre mieux qu’eux. Ils n’attendaient rien de qui que ce soit, sinon de pouvoir vivre et travailler en France, d’y élever leurs enfants. L’ascenseur social, ce n’était pas de belles et vaines promesses d’égalité, mais plus simplement la volonté individuelle de se sortir les doigts, parce qu’on n’avance pas quand on compte sur les autres, que l’on attend que tout vous tombe rôti dans le bec. Et les gamins de ces familles qui allaient à l’école ne pouvaient pas compter sur l’indulgence coupable du corps enseignant d’alors. L’exigence et l’enseignement étaient les mêmes pour tous, qu’ils soient fils de Français ou d’étrangers. Il fallait se battre pour réussir, à l’école et plus tard dans la vie.

Deux guerres mondiales et quelques guerres coloniales plus tard, que peut-on observer ? Sous couvert de luttes sociales, de progrès humain, nous assistons à une constante inflation des divers droits, même (surtout) si ces derniers constituent une perversion du droit. Et cette collection de faux droits s’est développée au détriment des principes et vertus élémentaires de toute vie civique digne de ce nom : liberté, propriété, responsabilité. Dans le même temps, nous ne pouvons que constater la réduction des devoirs. Le nombre des codes n’a cessé d’augmenter au point que nous en comptons pratiquement soixante-dix. L’État, qui s’est trouvé une vocation de nourrice, se pique d’encadrer la vie de chacun, depuis la naissance jusqu’au tombeau. Il s’est mis en tête de nous envoyer à l’école jusqu’à nos seize ans, il nous promet même le baccalauréat pour tous, et ce n’est que le minimum, il faudra faire mieux. Avec la fin de l’empire français, et sous les coups de boutoir d’une gauche imbécile, la culpabilité s’est invitée dans le débat public, en même temps que bon nombre de ressortissants de nos anciens dominions. À l’époque, ils venaient pour travailler un certain nombre d’années avant que de retourner chez eux. Puis à force de culpabilité, certains beaux esprits se mirent en tête qu’il fallait faire oeuvre d’humanité et faire venir leurs familles afin qu’ils s’installent chez nous. Bien évidemment, dans le même temps on ne cessa d’abaisser le niveau d’exigence et de discipline scolaire à leur endroit, et pour faire bonne mesure on leur laissa entendre qu’ils pouvaient bien vivre chez nous comme ils le faisaient chez eux.

Dans le même temps, la société des médias entrait dans la danse. Toutes ces choses vantées par des politiciens à tête de linotte n’arrivent que rarement dans ces quartiers sensibles . Les nouveaux damnés de la terre, qui ont vite fait de remplacer nos prolos hexagonaux jugés trop blancs, y vivent depuis maintenant trois générations sans jamais en être sortis, et cela ne semble pas étonner grand monde. Certes l’école y est obligatoire, mais elle ressemble plus à une garderie qu’à un temple du savoir où l’on forme les esprits à la curiosité intellectuelle et à l’indépendance de pensée. Mais grâce à ces médias, vendus à l’idéologie du moment, ils entendent parler de tout cela, ils peuvent les voir sur leurs écrans plats.  L’envie, le désespoir, la colère, les anciens connaissaient. Le sentiment d’être lésé de quelque chose auquel on a droit, en revanche, c’est nouveau. La société explique à ses enfants que certaines choses sont dues, que le chômage n’est pas un accident de l’existence, mais un scandale, que la pauvreté est une abomination. Cela ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Le banlieusard se demande pourquoi il n’a pas tout ce qui lui est “dû”. Mais au lieu de se retrousser les manches comme on le faisait un siècle auparavant, il pique une grosse colère et la fiesta peut commencer. Il est incapable de se remettre en cause et même de penser sa propre responsabilité dans ses échecs. De prétendus amis le lui répètent d’ailleurs sur tous les tons: s’il est pauvre, s’il est mal logé, s’il a des problèmes avec la justice, c’est la faute au système, au racisme des blancs, au capitalisme, etc. On ne cesse de lui répéter qu’il n’y est pour rien, qu’il n’a pas le choix, qu’il ne l’a jamais eu. Il acquiesce, et puisqu’on ne vient pas frapper à sa porte pour lui donner ce qu’on lui doit, il va aller le chercher lui-même.

Dans son malheur, le banlieusard a quand même la chance de pouvoir compter sur sa famille, sur ses amis, sur son clan, sur sa cité, et même sur tous ces gens qui y vivent et qu’il ne connaît pas. Car ils sont solidaires de par leur appartenance ethnique et religieuse, ils se soutiennent contre vents et marées, y compris contre leur propre intérêt. L’ancienne loi de la rue imposait de ne pas dénoncer, la loi communautaire impose elle de se serrer les coudes contre l’Ennemi Extérieur qui, de modèle qu’il était autrefois, devient un repoussoir dont on attend qu’il donne ce qu’il doit, mais à qui on ne veut surtout, surtout pas ressembler. Dont on réclame le respect sans lever le petit doigt pour l’obtenir – et en soutenant ceux qui, par leur comportement, sont le moins en mesure d’améliorer l’image de la communauté. Quoi que puissent en dire les crétins des milieux autorisés, les soi-disant experts payés à prix d’or pour dégoiser leurs sornettes sur les ondes, quoi que puissent en penser les politiciens, ou plutôt ne pas penser, car ils se contentent de régurgiter la bouille prémâchée que des gratte-papier de cabinets leur ont collée dans le ciboulot, notre société n’est pas plus fermée que l’était celle de nos parents et grands-parents. Il y a juste qu’à un moment donné, au nom d’une fausse compassion, d’une charité dévoyée, on a cru bon de leur faire gober des illusions, des illusions dangereuses qui ont été le terreau du repli communautaire, de l’idéologie victimaire, et finalement celui de l’islam conquérant, ce qu’il a toujours été depuis son apparition.

On a cru qu’en déversant de l’argent comme s’il en pleuvait cela allait résoudre tous les problèmes des quartiers sensibles, comme par magie. Étrange idée que l’argent puisse être l’alpha et l’oméga de la résolution de tout problème social. Après 100 milliards d’euros attribués à la politique de la ville, quels sont les résultats ? Peut-on seulement en observer ? De positifs, pas le moindre. En revanche, on peut dénombrer les associations qui se pressent autour du magot des subventions, en dépit du fait qu’elles ne répondent aucunement à la préoccupation première des habitants qui est de pouvoir travailler, mais qui concourent à instiller dans les esprits une réalité biaisée. La richesse se crée, elle n’est créée par un homme que dans la mesure où il peut en jouir, et le transfert autoritaire de richesse est une double ânerie. D’abord parce qu’elle lèse le « donateur », qu’elle est injuste et tend à atrophier la création de richesses qui seront perdues pour l’activité en général. Ensuite, parce qu’elle ne résout rien durablement pour celui qui reçoit, qu’elle lui fait croire à tous ces faux droits, à une réalité fausse et l’enferme enfin dans une sous-humanité. Car les aides et les faux droits disent : « je sais mieux que toi ce dont tu as besoin »« tiens voilà un chèque et des droits bidons qui t’interdisent de t’en sortir par toi-même, soumets-toi à présent ».

Si nous étions dirigés par des hommes sains d’esprit, ils arrêteraient le tir. Seulement voilà, le bon sens et l’intelligence semblent avoir disparus, et ce beau monde persiste et signe dans l’imbécillité. On continue de croire, ou l’on feint de croire, que ces gens sont de pauvres victimes, alors que de toute évidence ils ont parfaitement compris l’intérêt de la rente victimaire. On alloue donc encore des crédits, en dépit des échecs patents. On persiste à les encourager dans l’illusion d’un supposé dû qui ne leur aurait jamais été alloué. On ferme les yeux sur leur repli communautaire, sur le terrain gagné, jour après jour, par un islam que l’on persiste à voir comme une soi-disant religion pacifique et tolérante, et ce en dépit de plus de deux-cent de millions de morts dont il a la responsabilité à travers l’histoire. Pire, à chaque attentat perpétré par un ou plusieurs mahométans, tout ceux qui sont réputés faire l’opinion se pressent devant les micros pour nous expliquer que tout cela n’a rien à voir avec l’islam, que ce sont là les actes d’individus qui ont perdu l’esprit. Les vieilles recettes bolcheviques ont été remises au goût du jour, car il est de notoriété publique que si une frange d’individus refuse de se plier aux usages de la société dans laquelle ils vivent, c’est qu’ils sont fous.

Les politiciens se retrouvent à devoir faire avec une situation qu’ils ont créée de toues pièces. Grosso modo, il faut maintenant compter avec, au bas mot, une bonne dizaine de millions de musulmans vivant sur notre sol. Ceux qui sont actuellement aux commandes ont hérité du monstre et ils l’entretiennent. Pour autant, ils n’ont pas plus de courage que leurs aînés, et n’ont même pas le désir de fermer les portes à une immigration massive qui se presse à nos frontières. Eux comme leur clientèle principale, celle qui paie les frais campagnes et prodigue de menus cadeaux, ne souffrent pas du bordel ambiant. Le voisinage est de qualité, les beaux quartiers jouissent d’une bonne sécurité, assurée par les patrouilles armées et les policiers en faction devant les entrées d’immeuble. Et puis il faut bien assurer aux copains une main d’oeuvre bon marché, même si on proclame à l’envi qu’on entend lutter contre l’immigration clandestine et le travail au noir.

Voilà, c’est là le résultat de ce que l’on appelle la démocratie, ou plutôt d’une parodie de démocratie. Les bateleurs, s’invitent dans le quotidien des Français tous les cinq ans, leur font de belles promesses, leur brossent le tableau d’un avenir meilleur à défaut d’être radieux. Ils feignent de croire à leurs boniments, tout comme les électeurs d’ailleurs. Il y a bien longtemps que l’on ne vote plus pour un candidat, parce que l’on adhère à ses convictions, mais qu’on doit faire le choix entre la peste et le choléra. Et ça, c’est dans le meilleur des cas, parce que généralement il suffit qu’arrive un beau parleur pour emballer l’affaire. Les illusions dangereuses, c’est tout cela. Croire que la démocratie ça existe pour de vrai, que le peuple est souverain, que les musulmans peuvent être Français ou citoyens de n’importe quel pays occidental, que ceux qui sont aux commandes recherchent le bien commun.

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