A propos de ce qui agite l’actualité

L’assemblée nationale a fort heureusement écouté la voix de la raison en faisant le choix de la sédation plutôt que de prendre la voie de l’euthanasie. Étonnante quand même cette peur de la mort qui s’est saisie de notre société post-moderne. Il n’y a pas si longtemps que cela, les personnes âgées, les malades incurables, mourraient chez eux, entourés de leurs proches. Puis le trépas venu, ils étaient veillés avant que de prendre le chemin de leur dernière demeure. Si j’en crois ce qu’affirment les progressistes et autres guignols de la même eau, notre société serait plus avancée, plus vivable. Il ne manquerait, à les écouter, que peu de chose pour qu’elle soit presque parfaite : qu’un médecin vienne avec son aiguille mettre un terme à une vie qui visiblement s’éternise un peu trop. A ce qu’il paraît, ce serait offrir une mort dans la dignité. Pourtant, lorsque je les écoute parler, que je m’intéresse au choix des mots utilisés, je ne peux m’empêcher de penser que leur croisade pour la mort vite-fait, bien-fait, a pour objet de leur épargner le spectacle d’une agonie à laquelle ils ne veulent et peuvent assister. Le rappel du terme inéluctable de toute vie, et de ses signes avant-coureurs, est devenu insupportable dans notre société qui a cédé au culte du corps beau, jeune, souple, musclé. Privé de transcendance, l’homme en est venu à se croire immortel, ou tout du moins joue à le croire, et tente par tous les moyens de gommer les effets du temps, voire de le remonter par la grâce de la chirurgie dite esthétique. L’homme sans Dieu est nu et désemparé face à l’inéluctable et demande à la seule puissance tutélaire qu’il connaisse et reconnaisse, l’Etat, de faire le nécessaire pour que la vue de ce trépas qui nous attend tous lui soit épargnée afin de pouvoir continuer à rêver encore un peu, avant que la raideur de ses articulations, la baisse de son acuité visuelle, ne vienne lui signifier qu’il commence à décliner. Comment peut-on oser prétendre que cela serait un progrès ?

Les réseaux sociaux relaient la vidéo, prise à l’assemblée nationale, où l’on voit un Manuel Valls énervé, comme d’habitude, répondre à une question de Marion Maréchal-Le Pen. Hasard de la prise de vue, on peut voir la main gauche du premier ministre agitée de tremblements qu’il n’arrive visiblement pas à maîtriser. J’ai pu lire çà et là des commentaires qui ne brillent pas par leur pertinence et encore moins leur intelligence. Certains diagnostiquent je ne sais quelle maladie nerveuse ou vénérienne. D’autres font le parallèle avec la dernière apparition publique d’Adolf Hitler durant on pouvait observer le même tremblement. Que dire, sinon que ce ne sont là que des bêtises. A mon sens, la vérité est plus simple et malgré tout assez alarmante. Tout un chacun sait que la charge de travail d’un premier ministre est tout sauf légère. Si en plus ce dernier doit régulièrement monter au front pour mater la fronde, tancer la gauche de la gauche qui voudrait que le gouvernement lave plus rouge, il y a fort à parier que le burn out n’est pas loin. Et si par dessus tout cela on ajoute une tournée électorale particulièrement dense, il y a là tous les ingrédients pour que la crise de nerf finisse par éclater. S’il s’agissait d’un maire, d’un conseiller cantonal, voire d’un député ou sénateur, ce ne serait pas très grave. Mais là il s’agit du second personnage de l’Etat et on peut à raison se demander si Manu Militari est encore en capacité de gouverner sereinement. Ce qui à mes yeux est un peu plus préoccupant que les bêtises écrites sur Facebook ou Twitter.

Il y a peu, Christiane Taubira était l’invitée de RTL, l’ineffable Apathie tenant le rôle de M. bons offices. A un moment donné de l’entrevue, séquence où il était question des nombreuses attaques dont elle est victime, elle aurait laissé échappé une confidence involontaire : « L’important n’est pas ma personne. Il faut avoir la décence de ne pas en parler, en particulier lorsqu’on a mené des combats rudes dans sa vie et qu’on a eu le temps de se forger une capacité à résister. On n’est pas à plaindre ». Et d’ajouter : « Quand mon fils aîné trouvait que je résistais à trop de situation, je lui disais : ‘Quand je pleure, je pleure dans ma chambre’. Même mes enfants n’ont pas à savoir si je souffre. » Aussitôt, les médias se sont emparés de cette phrase, histoire de bien montrer à ce bas peuple ignoble et ignare, puisqu’il semble vouloir voter pour le FN, que le Garde des Sceaux est un être humain qui a, comme tout le monde, ses instants de faiblesse. Pour ma part, je ne crois pas un seul instant à cette fausse confidence. Voilà une femme qui, depuis qu’elle occupe son ministère, a su parfaitement gérer ses apparitions publiques, ses discours, qui prend un soin tout particulier pour rendre ses tweets abscons (qui font la joie de ses fans qui se pâment devant une telle poésie), et qui d’un coup perdrait son contrôle devant un journaliste ? Allons donc !  D’ailleurs, on peut se poser la question de la complicité d’Apathie dans cette affaire, car sa question a servi, comme par hasard, cette fameuse réponse. Certains mettent cette supposée faiblesse sur le compte de la saillie d’une élue municipale de Juvisy qui l’aurait invitée à repartir en Guyane. Aussitôt, on a crié au racisme. J’ai pris la peine de lire ce qui avait été exactement écrit, et je n’y vois pas la moindre trace de racisme ou de xénophobie. Certes, le ton n’est pas aimable (mais est-ce vraiment le rôle de l’opposition que de tresser des couronnes de lauriers aux représentants de la majorité ?), mais de là à imputer un hypothétique racisme, il y a un fossé que je me garderais bien de franchir. Il serait intéressant qu’un socialiste vienne nous expliquer pourquoi, dès lors qu’on s’en prend à cette dame, aussitôt on crie au racisme. Après tout, n’est-elle pas française ? Enfin, si on veut bien oublier son passé indépendantiste, qui ne milite pas en faveur de son supposé amour inconditionnel de la France.

Miscellanées

Amusante polémique à propos de l’attaque du philosophe Michel Onfray par Manu Militari. Je ne vais pas faire le rappel de ce qui s’est dit, je préfère citer une partie d’une entrevue qui a été publiée par le magazine Le Point le 25 février et qui semble à l’origine du pétage de plombs du catalan :

Une partie de la gauche est devenue très hostile à votre égard. Votre opposition à la théorie du genre, votre critique de l’islam et votre défense d’Eric Zemmour vous ont valu le surnom de « Finkielkraut bis ». Auriez-vous basculé du « côté obscur de la force » ?

Tout dépend de quelle gauche on parle… La gauche mondaine, parisienne, celle de Saint-Germain-Des-Prés ? La gauche caviar de BHL ? La gauche tellement libérale qu’elle défend la vente d’enfants en justifiant la location d’utérus des femmes pauvres pour des couples riches ? La gauche de Pierre Bergé qui estime que louer son ventre c’est la même chose que travailler comme caissière ? La gauche qui préfère avoir tort avec Robespierre, Marx, Lénine, Staline, Mao, Khomeiny que raison avec Camus ? La gauche qui rend responsables Houellebecq, Finkielkraut et Zemmour des attentats du 7 janvier qu’elle ne veut pas nommer islamistes ? La gauche de Libération qui, le 20 janvier 2014, justifie la zoophilie et la coprophagie avec la philosophe Beatriz Preciado, chroniqueuse du dit journal ? La gauche qui fit de Bernard Tapie son héros et un ministre ? La gauche qui a vendu une télévision publique à Berlusconi ? La gauche qui traque la misogynie et la phallocratie partout dans la langue française et veut qu’on dise professeure et auteuremais qui ne voit pas que la polygamie, le voile, la répudiation, les mariages arrangés, l’excision, le chômage des mères seules au foyer, les ex-maris qui ne paient pas les pensions alimentaires,  font des ravages plus profonds en matière de phallocratie ? La gauche qui vote comme Sarkozy sur l’Europe et l’euro, le raccourcissement des retraites et l’augmentation du temps de travail, les restrictions de remboursements maladie,  et croit que le danger fasciste est partout sauf là où il est ? La gauche qui se croit antifasciste comme Jean Moulin quand elle appelle à interdire le parti de Marine Le Pen ? La gauche de ceux qui croient à la liberté de la presse, à la liberté d’expression, bien sûr, mais qui m’interdit France-Inter pendant quatre années ou demande qu’on interdise la diffusion de mon cours sur Freud à France-Culture en initiant une pétition contre moi au nom de la liberté d’expression ? La gauche du sénateur socialiste qui intervient auprès du président du Conseil régional de Basse-Normandie pour faire sauter la subvention de l’université populaire à la demande d’une historienne de la psychanalyse qui elle aussi, bien sûr, est de gauche? La gauche qui détruit l’école parce qu’elle sait que ses enfants sortiront de toute façon du lot, puisqu’ils s’en occupent chez eux et qui, de ce fait, renvoie les enfants de pauvres dans les caniveaux où Marine Le Pen, ou le Djihad,  les récupère ? Que cette gauche là ne m’aime pas, ça m’honore… En revanche, je ne compte pas le nombre de gens vraiment de gauche qui me disent, dans la rue, par mails, par courrier, à l’issue mes conférences, qu’ils sont d’accord avec moi, mais n’osent pas le dire parce qu’il règne une terreur idéologique activée par cette mafia qui se réclame de la gauche…

C’est assez savoureux, tout comme la sortie idiote, car outrancière et inutilement mélodramatique, du même Manuel qui a avoué avoir peur que son pays (de fraîche date ne l’oublions pas) ne se fracasse contre le Front National. D’une part, si j’ai bien tout compris à la république, c’est le peuple qui décide. Je gage que ça énerve pas mal de politocards qui aimeraient bien pouvoir se passer définitivement de son avis, mais il faut bien sauver les apparences d’une démocratie qui n’existe plus depuis bien longtemps. Donc, si le bon peuple après avoir goûté à l’incompétence de la droite, de la gauche, de la mixité politique autrement appelée cohabitation, désire goûter aux friandises proposées par Marine Le Pen, ça le regarde et les nuls qui nous ont foutu dans le bordel dans lequel nous tentons de nous dépêtrer n’ont qu’une chose à faire : la boucler gentiment.

Toujours sur le Front National, les efforts conjugués de l’UMP, de l’UDI, du PS pour diaboliser ce parti sont amusants. En fait, en pratiquant de la sorte, ils ont fait de ce parti le pivot du débat public. Ils ne proposent rien, car ils n’ont rien à proposer, et nous savons à quoi nous en tenir pour ce qui est de leurs bilans. Ils se contentent juste de se positionner par rapport à lui. De fait, le FN a déjà gagné. Je ne saurai en dire autant des stratèges qui hantent les états-majors des autres partis républicains de gouvernement.

Il y a peu, nous avons eu droit à la sempiternelle et imbécile journée de la femme. Oups, j’allais oublier qu’il s’agit de la journée internationale de la femme. Comme d’habitude, nous avons eu droit aux habituels articles écrits avec les pieds par des féministes aussi incultes qu’elles sont connes et gauchistes (pléonasme). En fait, en lisant ces inepties, pas toutes je l’avoue mais je veux préserver ma santé mentale, on s’aperçoit rapidement que ce n’est pas l’égalité qu’elles visent, mais purement et simplement la domination. Et pendant que ces dames geignent sur les retards qui s’accumulent en termes d’égalité salariale, de droits accordés aux gougn….. lesbiennes pour l’adoption et la procréation, etc., des dizaines de milliers de femmes de par le monde sont obligées de subir la réclusion à perpétuité sous une bâche à peine grillagée, de se marier dès l’âge de douze ans (et parfois moins), d’être excisées, lapidées, d’être les victimes d’un crime dit d’honneur (très courants dans cette Turquie que d’aucuns aimeraient voir européenne), sont massacrées parce que chrétiennes, zoroastriennes, yazidis, réduites en esclavage et vendues sur des marchés pour les mêmes raisons. Assez bizarrement, il y a peu de voix qui se sont élevées, durant cette journée, pour rappeler ces faits tragiques.

Depuis quelques temps, nous assistons à la destruction systématique de magnifiques sites archéologiques assyriens et parthes par les barbus éclairés du califat islamique. Une saloperie de plus à mettre sur le compte de cette religion qui est loin de prôner la paix comme certains aimeraient à le faire croire. Des pans entiers de l’histoire humaine sont définitivement perdus. De brillantes civilisations tombent définitivement dans le néant parce qu’il est important d’effacer des mémoires tout ce qui n’a pas été musulman. Comment ne pas faire le lien avec la haine du catholicisme qui est à l’oeuvre chez nous et qui est à mettre au compte de l’actuel gouvernement ? Nous avons hérité du gouvernement le plus robespierriste qui soit depuis celui du petit père Combes. Jamais la haine de l’Eglise ne s’était manifestée à ce point de 1981 à 1995, et pourtant nous avions hérité de pointures de concours. De fait, entre les destructions d’églises, la lutte contre les crèches de Noël, les pétitions et vœux demandant le démontage de croix aux portails des cimetières, et autres billevesées, c’est à la nature même de la France et de son héritage que l’on s’en prend. Il y a chez nous comme là-bas, la même volonté d’éradiquer le passé, de l’extirper de notre paysage physique.

Les prochaines élections départementales risquent d’être amusantes à plus d’un titre. Déjà, la modification des règles de candidature valent leur pesant d’or. Parité obligeant, les partis doivent présenter des paires de candidats comportant obligatoirement un homme et une femme. Outre le côté comique involontaire de la chose, je relève qu’on a oublié les trans dans cette histoire. De là à voir là-dedans une sorte de discrimination qui ne veut pas dire son nom, il n’y a qu’un pas. Si d’aventure des esprits tordus s’avisaient de vouloir corriger ce coupable oubli, devrons-nous alors voter pour des trios de candidats ? Sinon, en passant devant le panneau officiel d’affichage électoral de mon quartier j’ai été amusé par le grand courage des socialistes locaux. En effet, ils ne se présentent pas sous les couleurs du Parti Socialiste, avec logo à la clef. Ils ont opté pour un énigmatique « majorité départementale« . Il est vrai que certaines victoires se sont jouées sur un malentendu, alors pourquoi ne pas tenter sa chance ? En tous cas, ça en dit long sur la popularité de ce parti et sur la conscience qu’en ont ses élus.

La triste actualité récente n’a pas épargné le monde du sport qui vient de voir disparaître plusieurs de ses étoiles. Embarqués dans un hélicoptère pour participer à je ne sais quelle ânerie télévisuelle dite de réalité, ils ont succombé suite à la collision des deux appareils loués par la production. Derechef, nous avons pu voir sur les écrans le ministre et son détaché sous tutelle, nous faire part de leur émotion et de leur volonté d’assurer un train de vie décent à tous nos sportifs qui n’ont pas le bonheur d’avoir choisi le football, le tennis ou la formule1. Ainsi donc, il semble que ces derniers auront droit à une couverture sociale complète offerte par l’Etat. C’est déjà ça. J’avoue que je suis déçu, l’émotion semblant être le poteur de l’action politique plutôt que la réflexion, je m’attendais à ce qu’une loi soit adoptée pour que la télé-réalité soit sévèrement encadrée et que nos sportifs soient interdits de plateau afin de préserver nos possibilités de médailles. Mais comme il est notoire que j’ai mauvais esprit…

Cachez donc cette réalité que je ne saurais voir

Copenhague : l’échec après l’illusion

Ce qui s’est passé samedi 14 février à Copenhague nous rappelle que le réel revêt parfois le manteau du tragique pour ouvrir des yeux embués par l’illusion.

Samedi, un jeune de 22 ans a ouvert le feu contre les participants à un débat consacré à l’islamisme et à la liberté d’expression. Après avoir pris la fuite, le tireur a fait feu devant une synagogue. Bilan : deux morts et cinq blessés.

Ce drame met à nouveau en lumière la défaite de l’idéologie du « pas d’amalgame » face au réel.

La sphère politico-médiatique, après les attentats de Paris du 11 janvier dernier, nous assurait que le terrorisme naissait de la pauvreté et de l’exclusion sociale : le Danemark détient pourtant le 6ème rang (sur 184) au classement des pays selon la valeur de leur produit intérieur brut (PIB) annuel, en valeur nominale, par tête.

Depuis des décennies, nos élites nous vantent le modèle d’intégration danois et plus largement scandinave. Le politologue Marc Crapez rappelait dans un entretien donné au Figaro que: « Le royaume danois fut pionnier des structures d’accueil de dé-radicalisation, avec psychologues aux petits soins et réinsertion par l’emploi de type discrimination positive à la clé. En prime, les autorités politiques et les élites prenaient avec des pincettes les caricaturistes «droitisés» de 2005, et des manifestants avaient brandi des pancartes «Sorry» pour amadouer le monde musulman ».

C’est ce même modèle qui semble inspirer notre Ministre du Laxisme Madame Taubira, comme on le voit avec cette circulaire irresponsable éditée le 9 janvier et qui rappelle les modalités de mise en oeuvre de sa loi du 15 août 2014 sur l’individualisation des peines, qui aligne “le régime des récidivistes sur celui des non-récidivistes en matière de réductions supplémentaires de peines”. Comprendre : un fraudeur fiscal non récidiviste et un terroriste en herbe récidiviste peuvent bénéficier du même régime. C’est ça l’égalité au pays de l’utopie laxiste.

Ces attentats sont malheureusement une nouvelle preuve du décalage entre les grands discours de fermeté de nos dirigeants et leur inaction : le Président de la République François Hollande et son Premier Ministre Manuel Valls semblent croire qu’il suffit de « condamner avec la plus grande fermeté » des actes pour que le problème se règle de lui-même.

Le problème ne sera pas réglé tant que des Chaabi M’Barek (ce libraire lillois qui vendait des drapeaux de l’État islamique dans sa boutique) ne seront condamnés par les tribunaux qu’ à un an de prison AVEC SURSIS pour apologie du terrorisme.

Le problème ne sera pas réglé tant que nous aurons, à l’Assemblée nationale, des députés qui, le jour même de l’attentat de Copenhague, demandent le remplacement de certains jours fériés chrétiens par des fêtes musulmanes.

Le problème ne sera pas réglé tant que personne n’osera s’étonner de la présence d’un « parti des musulmans » dans la compétition électorale qui se jouera en mars prochain pour les élections départementales.

Et que dire de l’irresponsabilité d’une Caroline Fourest, pourtant auto-proclamée grande prêtresse de la liberté d’expression, lorsqu’elle ose affirmer sur BFM tv que «les terroristes tuent moins que les accidents de voiture”.

L’espoir que les attentats de Paris aient agit comme un électrochoc auprès de nos élites est donc, un mois plus tard, dores et déjà déçu. Mais, chut, chahuter la grande cérémonie du « pas d’amalgame » est un blasphème républicain.

Source : Aymeric Chauprade

La vie c’est simple comme un coup de feu

marseille bistrotLe Marseille d’avant.

Marseille, sa Canebière, ses petits bistrots typiques, son vieux porc port, sa basilique Notre-Dame-de-la-Garde, son célèbre assent qui a fait la fortune de toute une génération d’acteurs dans les années trente. Mais ça, c’était avant. Aux oubliettes le joli passé phocéen. Il y avait trop de white, de blancos, ça manquait un peu trop de kébabs,de bars à chicha et de kalach. Le taux de leucodermes au km² était tout simplement insupportable, enfin pour un socialiste, internationaliste par nature. Fort heureusement, les socialistes veillèrent très tôt au grain. En 1962, Gaston Deferre, l’indéboulonnable édile de la ville, envoya les pieds-noirs se réadapter ailleurs. En revanche, la ville sut très vite se montrer on ne peut plus accueillante pour tous ceux qui débarquaient d’Afrique du nord et n’étaient pas soupçonnables d’appartenir à ceux qu’on appelait à l’époque « les européens » (i.e, descendants de colons). Lentement mais sûrement la physionomie de la ville se modifia, les quartiers autrefois populaires devinrent des quartiers « sensibles » au fur et à mesure que les marseillais de souche découvraient les joies du ouailleteu flailleteu.

CastellaneLe Marseille d’aujourd’hui.

Afin très certainement de tourner rapidement la page d’un succès au goût amer dans le Doubs, notre bon premier ministre s’est dit que ce serait une bonne chose que de faire un petit déplacement en province. L’actualité sécuritaire ayant connu un pic en janvier, il convenait de rappeler au petit peuple des électeurs que les socialistes sont des maousse costauds pour ce qui est de faire régner l’ordre. Non, ne riez pas, ils font ce qu’ils peuvent les pôv chéris. Et qui dit sécurité, dit Marseille, la ville où le cannabis se vend dans de véritables shit drives. Marseille, la ville où le nombre de tués par balles dépasse celui des morts sur la route. Il fallait donc frapper un grand coup afin de montrer que le gouvernement a la situation bien en main, même si les chiffres publiés ne sont pas aussi catégoriques que l’hidalgo de Matignon.

L’idée était belle. Seulement voilà, il y a cette saloperie de réalité qui n’a rien trouvé de mieux que de pointer son vilain groin. Quand ça veut pas, et bien ça ne veut pas. Il se trouve qu’entre quinze et vingt membres de cette belle diversité enrichissante, répartis en deux équipes rivales, cagoulés, équipés de gilets pare-balles, ont décidé de régler un petit différend territorial. Les règles du jeu sont simples, il n’y en a pas. C’est l’équipe qui a fumé le plus de gaziers du gang d’en face qui a gagné. Net et sans bavures. Il se chuchote que bientôt ils adopteront les règles du tennis, pour pouvoir jouer il faudra venir avec ses balles et ses roquettes.

Donc les premiers échanges de tirs ont lieu dans la matinée, vers les huit heures. Au passage, il convient de saluer ce bel effort, ce n’est pas tous les jours que les trafiquants sont debout à une heure aussi matinale. Ni une, ni deux, aussitôt averti des faits, le directeur de la police décide de se rendre sur les lieux, et pour rejoindre rapidement le champ de bataille, alors qu’il se déplace dans un véhicule banalisé, il demande à ce que le gyrophare magnétique soit posé sur le toit et le deux-tons activé. Sauf que l’arrivée impromptue de trois véhicules, toutes sirènes hurlantes, n’a pas, mais alors pas du tout, impressionné les protagonistes du remake de « réglement de compte à OK Coral« . Dès qu’il s’agit de foutre sur la gueule des représentants de la maison j’t’arquepince, tout le monde se réconcilie. C’est ce qui arriva dans la riante cité de la Castellane, et les véhicules se retrouvèrent sous le feu des anciens ennemis, rabibochés par leur haine commune du flic. Aussitôt, on fait appel au GIPN. Les hommes en noir déboulent, un hélicoptère survole la zone, parce qu’il faut tout faire pour rattraper le coup. Car il faut bien l’avouer, ça la fout mal alors que l’hidalgo est sur le point d’arriver, accompagné du ministre de l’Intérieur, et de la ministre de l’Education nationale, pour une visite sur les thèmes de la sécurité et de l’éducation. Le quartier est bouclé par les CRS, et 5 à 7 individus se retranchent dans une tour de la cité. Echanges de tirs, dont certains terminent leur course dans un mur mitoyen d’un collège. Du coup, tous les élèves des écoles, collèges, lycées proches sont confinés dans leurs établissements, les parents ne peuvent pas venir les récupérer. Finalement, les malfrats se sont égaillés dans la nature. Après une fouille minutieuse, sept kalachnikovs et une vingtaine de kilos de drogue ont été retrouvés.

marseille

Notez au passage la décontraction des locaux guère impressionnés. La routine.

Selon le premier ministre, ces tirs « seraient inacceptables« . Whaouh ! Moi qui croyait être un cador pour ce qui est d’enfoncer des portes ouvertes, j’ai trouvé mon maître. Je m’incline bien bas. Pour ma part, je préfère laisser la parole à celle qui avait été ridiculisée par son parti lorsqu’elle avait brigué la candidature à la mairie de Marseille l’an dernier, Samia Ghali : « J’ai été prévenue par des parents inquiets qui voyaient des jeunes cagoulés et armés s’installer un peu partout dans la cité, y compris des snipers sur les toits. d’opération de guerre qui se préparait. Je ne sais qui ou quoi était visé, mais si ces gens ont pris ces risques, ce n’est pas pour rien. Ils voulaient intimider, lancer un défi. […] Malheureusement j’ai eu raison avant tout le monde. On disait que j’allais trop loin à l’époque. En fait, c’est nous qui n’allions pas assez vite. On nous parle de la Syrie aujourd’hui, mais la peur au ventre est la même à la Castellane et dans d’autres cités des quartiers Nord. Les gens vivent dans ces cités comme dans une prison à ciel ouvert, gardée par les dealers, les proxénètes et les voyous. Ils ne veulent qu’en partir. Ils n’en peuvent plus d’entendre tirer tous les jours. » Il faut faire la part des choses, mettre de côté l’exagération qu’on portera au compte du tempérament méditerranéen de la sénatrice. Marseille n’est pas encore la Syrie, loin s’en faut. En revanche, il est clair que si rien de véritablement sérieux n’est fait, Marseille finira par ressembler au Rio de Janeiro qui est dépeint dans « Troupe d’élite« . Constat qui a d’ailleurs été fait par un criminologue canadien de ma connaissance, spécialiste de ce genre de problématique, et qui participe à la mise en place et la formation de forces de police modernes dans des pays notoirement connus pour leurs bandes armées tels que l’Ethiopie, etc.

Le Doubs est Charlie, mais de justesse

48,54% des scrutins exprimés pour la candidate du Front National. Il y a des défaites qui ont des allures de victoires. Car quoi, voilà un candidat socialiste qui l’emporte de justesse après avoir reçu par deux fois le soutien du premier ministre, du ministre de l’Intérieur, du président de la république, pourtant censé être haut dessus des partis, chef impartial de tous les Français. Le Front National a perdu de justesse, seul contre tous, face aux soutiens des écologistes, de l’UDI, de l’UMP, du MoDem, du Front de gauche. Je suis tenté de penser que la montagne a finalement accouché d’une souris.

Quant au vainqueur de justesse, le moins que l’on puisse dire c’est que le Parti Socialiste ne risque pas de lui dire merci, car son discours risque de faire grincer pas mal de dents. Ce laïus a sonné comme un désaveu de la politique conduite par le gouvernement depuis la victoire de 2012. Comme une remise en cause de la politique fiscale qui frappe les petits salaires et les classes moyennes qui n’en peuvent plus de cette pression fiscale qui mène au déclassement. Comme une remise en cause du système qui offre toujours plus de privilèges à ceux qui ont réussi à faire leur trou dans le fromage républicain. Comme une critique du féodalisme politique qui bloque la vie politique locale, qui se sert de la pseudo-décentralisation pour en contrer les effets et asseoir les présidents de conseils généraux et/ou régionaux qui se trouvent généralement à la tête des fédérations locales de leurs partis.

Après cette élection, les choses sont claires, la démocratie est morte. On s’en doutait, mais là c’est devenu évident aux yeux de tous. Les soi-disant clivages qui feraient que les droites et les gauches sont inconciliables ne sont en fait que du vent. Tous ces beaux messieurs s’entendent comme larrons en foire pour piper les dés afin de ne pas avoir à partager le pouvoir, risquer de perdre leurs places. C’est certainement plus cela l’esprit Charlie du 11 janvier, l’unité pour tenter d’empêcher l’expression du choix des électeurs par des unions présentées comme étant contre nature, alors qu’en fait il s’agit d’un syndic de copropriété de coquins. Encore un peu et nous les verrons prôner l’union nationale à la suédoise, et là, nous saurons à quoi nous en tenir.

Clairement, il n’y a rien à attendre des élections, rien de bon ne peut sortir des urnes. Depuis 1981, les électeurs ont fait confiance à la gauche, à la droite, ils ont même essayé la cohabitation, en vain. Pas un seul parti de gouvernement n’a fait quoi que ce soit pour sortir véritablement le pays de l’ornière. Le déficit du budget n’a cessé de croître, la dette extérieure de se creuser au point de ressembler à un gouffre sans fond, le chômage est devenu « structurel » pour se transformer en lèpre. Quel gouvernement a vraiment tenter de freiner, à défaut d’inverser la tendance, la désindustrialisation de la France ? Quel gouvernement a entrepris de mettre un frein à une immigration incontrôlée, tout comme la politique de naturalisation ? Quel gouvernement s’est attelé à la difficile tâche de rétablir l’ordre dans les banlieues, l’autorité à l’école ? Pas un seul, tous mauvais. Ce qui ne les empêche pas de prétendre qu’ils sont les seuls recours possibles, en dépit de leurs échecs retentissants.