Rififi dans le landerneau minoritaire

Ils n’ont même plus besoin de nous pour s’engueuler :

Déclaration de Roger Cukierman, président du CRIF :

« Le Front national est un parti pour lequel je ne voterai jamais, mais c’est un parti qui aujourd’hui ne commet pas de violence, a ajouté le patron du Crif. Il faut dire les choses : toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans. Bien sûr, c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes. »

Réaction du CFCM :

« Le Bureau Exécutif du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) réuni ce jour à la Mosquée de Paris, a pris connaissance avec consternation des propos tenus ce matin même par le Président du CRIF, Roger CUKIERMAN, sur les ondes d’Europe 1.
Considérer que “toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans” et que son approbation de l’expression “islamo-fascisme” sont des déclarations irresponsables et inadmissibles qui contreviennent au principe même du vivre-ensemble.
Le CFCM ne peut accepter que la composante musulmane de France soit aujourd’hui l’objet d’attaques aussi graves qu’infondées.
Compte tenu des déclarations du Président du CRIF, le CFCM juge inopportun de participer au dîner du CRIF de ce soir. »

Les pontes du CFCM peuvent bien s’offusquer des propos tenus, mais les faits sont là, tous les attentats antisémites qui ont eu lieu en France ont été le fait de musulmans :

20 mai 1978 : A l’aéroport d’Orly, trois hommes ouvrent le feu dans la salle d’embarquement de la compagnie El Al, faisant 4 morts et 5 blessés. L’attentat est revendiqué par «Les fils du Liban».

27 mars 1979 : Au lendemain de la signature du Traité de paix israélo-égyptien, une explosion fait 33 blessés dans un foyer israélite de la rue Médicis, dans le VIe arrondissement de Paris.

3 octobre 1980 : Rue Copernic, à Paris, l’explosion d’une bombe dissimulée dans la sacoche d’une moto devant la synagogue fait 4 morts et 9 blessés.

3 avril 1982 : Le diplomate israélien Yacov Barsimantov est assassiné dans son immeuble avenue Ferdinand-Buisson, dans le XVIe arrondissement de la capitale.

9 août 1982 : Rue des Rosiers dans le Marais, cinq hommes armés font irruption dans le restaurant de Jo Goldenberg. Le commando ouvre le feu et lance des grenades. Le bilan est lourd: 6 morts et 22 blessés.

17 septembre 1982 : Un diplomate israélien est grièvement blessé à Paris par l’explosion de sa voiture, rue Cardinet dans XVIIe arrondissement. Revendiqué par les Fractions révolutionnaires armées libanaises, l’attentat fait 51 blessés.

29 mars 1985 : A Paris, 18 personnes sont blessées dans l’explosion d’une bombe au cinéma Rivoli Beaubourg, qui accueille alors le Festival international du cinéma juif.

8 septembre 1995 : A Villeurbanne, l’explosion d’une voiture piégée devant l’École juive de Lyon fait 14 blessés.

31 décembre 2001 : Un incendie détruit une classe de l’école Ozar-Hatorah de Créteil.

1er avril 2002 : La synagogue Or Aviv de Marseille est ravagée par un incendie criminel. Une vague d’attaque aux cocktails Molotov vise alors des synagogues françaises.

10 avril 2002 : 14 footballeurs de l’association Maccabi sont agressés à Bondy. Le même jour à Paris, l’autocar scolaire d’une école juive essuie des jets de pierres.

8 juillet 2003 : Une attaque à la barre de fer est dirigée contre des élèves de l’école Loubavitch à Paris.

15 novembre 2003 : Une école juive est dévastée par le feu à Gagny.

25 mai 2005 : Deux individus lancent des bouteilles d’acide chlorhydrique sur une école juive du XVIIIe arrondissement à Paris.

5 janvier 2009 : Une voiture bélier en flammes est lancée contre la grille d’une synagogue à Toulouse.

8 septembre 2009 : Un engin incendiaire est lancé contre une école juive à Marseille.

19 mars 2012 : Circulant à scooter et muni d’une caméra GoPro, Mohamed Merah ouvre le feu devant le collège Ozar-Hatorah à Toulouse, faisant quatre morts et un blessé grave.

9 janvier 2014 : Amédy Coulibaly assassine quatre personnes dans l’hyper casher de la porte de Vincennes.

On pourrait également inclure l’enlèvement et l’assassinat d’Ilan Halimi, les violences quotidiennes perpétrées par des jeunes musulmans des banlieues, les tags antisémites, les insultes, etc. Sans parler de tout ce que l’on peut lire dans les réseaux sociaux.

Le recteur Boubakeur peut bien s’offusquer, il n’en reste pas moins vrai que le Coran est plein de passages on ne peut plus explicites quand au sort qui doit être réservé aux juifs, et aux chrétiens d’ailleurs. Par exemple :

Le Coran, An-Nisa 89 :  » Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur. « 

Le Coran, Al-Maidah 51 :  » Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les Juifs et les Chrétiens; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. « 

Je sais, c’est pas bien, mais qu’est-ce que je me marre !

L’enfer est pavé de Patrick Pelloux

Sous mes yeux effarés, le « pas d’amalgame » se casse la gueule lamentablement en direct à la télévision.

A sa descente d’avion en provenance de Stockholm où il était allé manifester sa solidarité au peuple danois, Patrick Pelloux s’est rendu sur le plateau de l’émission « C à vous » afin de livrer son bilan de la situation. Le contenu de ses déclarations mérite que nous garions notre véhicule à proximité de l’extrait vidéo afin d’en apprécier la haute portée stratégique. Frein à main bien serré, dégustons la pensée de l’homme.

Pour en finir avec cet extrémisme sanguinaire, Patrick Pelloux a sa petite idée. C’est très simple : « Il faut qu’on cultive un monde meilleur. » Légèrement conscient de l’aspect un peu flou du concept, l’ex-urgentiste affine sa pensée. « Ce ne sont pas de vains mots, il faut mettre un vocabulaire sur ce qui se passe… » Voilà. À vos dictionnaires. Ceci est une kalachnikov, cela est un assassin, etc… OK, on avance. Mais ne nous moquons pas car Patrick Pelloux sent bien qu’il est impossible de rester dans la complainte.

Il ajoute donc : « Non, non, faut qu’on réagisse. ». Ah oui, vive lui ! Qu’on réagisse comment, alors ? Plus tendu que le frein à main, nous attendons la suite. Et elle arrive : « Il faut qu’on réagisse pour porter des valeurs de paix, des valeurs humanistes… » Retour à la case départ. La culture d’un monde meilleur, les tuniques à fleurs, peace and love, passe le pétard… Rien à faire : Patrick Pelloux ne parvient pas à sortir de la pensée abstraite.

À ce moment de l’interview, tout bascule. L’effet du joint se dissipe, Patrick entame une lente descente de la planète Bisounours. Frôlant les rives de la réalité, il enchaîne :

Parce que, attention, au Danemark, ils ont fait largement dans l’intégration… Qu’est-ce qu’ils ont obtenu ? C’est un des pays d’Europe où il y a le plus de jeunes qui sont partis faire le djihad en Syrie. Ca pose des questions !

Réveil brutal.

Pour tout arranger, l’animatrice lance un reportage dans lequel nous voyons de jeunes musulmans danois venus fleurir le lieu où le terroriste a trouvé la mort. Leurs déclarations sont sans équivoque. Ils approuvent. Patrick Pelloux, qui n’avait pas vu ces images, est sincèrement effondré. « C’est catastrophique… C’est catastrophique… Alors là, mes amis… » Sa surprise nous surprend. Comment lui, qui par son métier a côtoyé la réalité populaire, peut-il être étonné par ce phénomène ? N’a-t-il pas entendu parler de la multitude de tweets se réjouissant des tueries du 7 janvier ? Non, il est pas au courant.

Réactionnaire comme pas deux, le journaliste Patrick Cohen enfonce le clou en soulignant le niveau de vie plus élevé du Danemark… La victimisation sociale ne serait pas le sujet, alors ? « Là, il y a quelque chose qui trouble notre raisonnement », dit-il. Sous mes yeux effarés, le « pas d’amalgame » se casse la gueule lamentablement en direct à la télévision. J’appelle François Hollande. Ah, ils sont jolis, vos amis ! Des traîtres, oui !

Je desserre le frein à main et repars sur les chapeaux de roue. Direction le CSA. Le complot des deux Patrick contre l’esprit du 11 janvier doit cesser dans les plus brefs délais. Sinon, à quoi ça sert, que notre bon Président, il fasse de la marche à pied ?

Source : Boulevard Voltaire

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Là, le Patou il s’est pris le mur de la réalité en pleine gueule. Mais toujours pas question, pour lui comme pour tous les abrutis de son acabit, de se mettre en tête de vouloir les combattre. Ils sont incapables, en fait non, ils refusent de voir que LE problème c’est l’islam. Ils ont beau voir qu’au Danemark, pays sans passé colonial, les muzz jouissent de tout ce que les progressistes inoxydables aimeraient bien leur offrir, que ça ne change rien, ils n’en tirent pas la seule conclusion qui s’impose. Accepter la réalité, cela reviendrait à reconnaître que tout ce en quoi ils croient n’est qu’une vaste imposture. Accepter la réalité, cela reviendrait à se retrouver nu devant un miroir et se retrouver face à sa vacuité et sa laideur morale. Alors on brode, on tire le fil du raisonnement jusqu’à la limite du possible, en évitant qu’il ne lâche et leur revienne dans la gueule. Mais ça devient de plus en plus dur.

A moins d’un sursaut salutaire, l’Occident est perdu

Oui, je sais, ce n’est guère réjouissant, mais je n’arrive pas à envisager une fin heureuse à ce qui est en train de se jouer actuellement. Depuis longtemps nous subissons de la part du monde politique, appuyé pour l’occasion par les seconds couteaux appointés de la presse idiotvisuelle, des « artistes », et d’une part importante des intellectuels, l’imposition d’une pensée unique. D’où qu’ils viennent, quels qu’ils soient, quoi qu’ils pensent, nous nous devons d’accueillir « l’autre », nous pousser pour lui laisser de la place, nous taire lorsque nous sommes en bute à ses mauvaises manières. Et malheur à ceux qui osent pointer du doigt les accrocs dans le tapis. Qu’on se le tienne pour dit, il n’y a aucun rapport entre la diversité, qu’elle soit née sur notre sol, entrée légalement ou illégalement en France, et la délinquance. Ils sont source de richesse (?) pour notre pays et constitueraient même une chance pour ce dernier, sans que quiconque n’ait pris la peine de nous préciser en quoi. Autre chose, tout ce qui peut se passer chez nous, chez nos voisins et dans les contrées moyen-orientales ou asiatiques n’a strictement rien à voir avec l’islam. L’attentat de la station Saint-Michel, les massacres perpétrés par le GIA, l’attentat du 11 septembre 2001, les attentats de Bali, de Londres, de Madrid, de la rue Copernic, de la rue des Rosiers, Al-Qaida, Boko Haram, les pogroms de coptes en Egypte, la condamnation d’Asia Bibi, Mohamed Merah, les frères kouachi, Amedy Coulibaly, l’immolation du pilote jordanien, l’égorgement des 21 coptes, tout cela et bien plus encore, tout cela n’a rien à voir avec l’islam. Vous avez compris ! 

En janvier, la France a été frappée par des attentats meurtriers perpétrés par des fondamentalistes n’ayant aucun rapport avec l’islam. Derechef, le branle bas de combat a été sonné et tout ce que la France peut compter de bidasses, de poulets et de pandores a été mis sur le bitume, en patrouille ou en faction. Bon, on peut légitimement se poser la question de l’efficacité du dispositif, mais il a au moins cette utilité en ce qu’il rassure le bon peuple, légitimement inquiet car lui ne profite pas des escortes armées et des voitures blindées quand il se déplace au quotidien. En 2012 nous avions pu suivre l’équipée de Mohamed Merah, tueur de soldats et de juifs. Quelques semaines avant les attentats nous avions eu droit à quelques coups menés par des loups solitaires déséquilibrés, qui bien évidemment n’avaient rien à voir avec l’islam. Depuis la montée en puissance du plan Vigipirate « alerte attentat », on décompte plus de deux cent incidents entre les forces déployées et des individus isolés ou en groupe. Incidents qui vont de l’invective jusqu’à la mise en joue avec des armes peut-être factices, mais on n’en saura jamais rien puisque les individus n’ont jamais été interpellés. Vous le sentez bien l’enrichissement ? Vous la voyez mieux la chance ?

Et bien, malgré tout cela, nos politiciens nationaux, spécialistes reconnus de la civilisation musulmane, docteurs incontestés de la foi islamique, passent leur temps à professer que tous ces événements n’ont rien à voir avec l’islam, qu’il ne faut pas faire d’amalgames. Mieux encore, ils préviennent que tout propos qui laisserait entendre qu’il existe un lien entre cette religion de paix et d’amour et les horreurs de ces derniers mois seraient sévèrement condamnés. Charlie Hebdo, canard lamentable, sort une nouvelle une et voilà le monde musulman qui s’enflamme, s’attaque aux intérêts français, massacre des chrétiens là où il peut encore en trouver. mais cela n’a rien à voir avec l’islam.

La Syrie, l’Irak, Le Mali, le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, la Libye, et bientôt le Liban sont les terrains de jeu des tarés du Califat et des mouvements qui lui sont affiliés ou à Al-Qaïda. On massacre des populations entières, on brûle des villages, on enlève, on égorge, on réduit des femmes et des fillettes en esclavage que l’on vend ensuite sur des marchés à des ordures libidineuses et tout ce que les dirigeants occidentaux et les pontes des machins supranationaux trouvent à dire, c’est qu’ils sont horrifiés et qu’ils condamnent ces actes immondes. Oh bien sûr, pour la montre ils vont envoyer quelques zincs pour bombarder des dépôts de carburant, de munitions, qui seront vite remplacés compte tenu du fait que la contrebande de pétrole leur permet d’empocher 2 millions de dollars par jour. On estime à 12000 le nombre de combattants venus d’Occident qui se battent sous les couleurs du califat. Ils partent, ils reviennent, parfois repartent et tout ce qu’on trouve comme réponse, c’est une loi à la con destinée à les priver de papiers (carte d’identité et/ou passeport). Et ? Et c’est tout. D’autres pays comme le Danemark, qui vient de faire l’expérience du vivre-ensemble à la musulmane, vont plus loin encore que nos progressistes à la con. Les Danois sont de vrais bisounours, ils accueillent à bras ouverts les djihadistes de retour et leur proposent une déradicalisation douce. Je cite un des intervenants du programme :  » Nous les accueillons à bras ouverts lorsqu’ils rentrent chez eux  » explique à Al Jazeera Steffen Nielsen, conseiller en prévention des crimes et membre d’une task force à Aartus contre la radicalisation et les discriminations.  » Contrairement à l’Angleterre, ou l’on peut être interné pendant une semaine pendant qu’ils déterminent qui l’on est, nous disons:  » Est-ce que vous avez besoin d’aide?  » On ne dépense pas énormément d’énergie à combattre l’idéologie. Nous n’essayons de vous retirer vos croyances de djihadiste. Vous pouvez tout à fait rêver du Califat. Mais il y a certains moyens que vous ne pouvez pas employer selon le Code pénal ici. Vous pouvez tout à fait être al-Shabab, tant que vous n’agissez pas comme al-Shabab. « 

Ah nous sommes bien protégés avec de tels débiles, qu’ils soient gouvernants ou conseillers en je ne sais quelle connerie ! La vérité, c’est que tous ces nuisibles sont incapables de désigner l’ennemi. Nommer, c’est le premier pas vers l’action et tous ces gens ne disposent plus des armes psychologiques nécessaires pour faire face. Cela fait bien trop longtemps qu’ils vivent déconnectés du peuple, des réalités auxquelles le commun des mortels se trouve confronté au quotidien. Pour eux, la vie est faite des délices de la mondialisation, protégés par les palais gouvernementaux devenus inaccessibles, des hordes de flics en armes, des bagnoles blindées. Ils ne connaissent de l’étranger que les hubs des aéroports, pas la crasse hostile de la rue arabe dans laquelle les coptes et autres chrétiens d’orient doivent trouver le moyen de se faufiler pour éviter le bain de sang. Même être chrétien ils ne savent plus ce que c’est. La vérité, c’est que nous sommes dirigés par des hommes et des femmes sans religion, qui n’ont que le mot de progrès à la bouche, pour qui l’humanisme se résume à s’aplatir devant l’autre en espérant ne pas provoquer sa colère. Dire que ce continent a donné naissance à Charles Martel, à Jean Sobielski, à Don Juan d’Autriche, à Jean de La Valette et que nous devons nous débrouiller avec des couilles molles qui n’osent pas bouger un orteil par crainte de froisser la rue arabe.

A moins d’un sursaut salutaire, nous sommes fichus. Le seul problème, c’est que la solution ne peut pas sortir des urnes. Pas un seul politocard de droite comme de gauche n’aura le courage de faire ce qu’il faut. Restent le putsch militaire, ou la guerre civile. Pas folichon, mais si c’est la seule manière de s’en sortir et de redonner à la France, l’Europe, et à leurs peuples la maîtrise de leur destinée, et bien soit.

Mais lisez donc vos lois, bande de cons !

Depuis qu’un principal de collège de province a eu la bonne idée (sauf pour l’inspection académique, le ministère et le gouvernement) d’interdire l’accès à deux élèves portant foulard, soit vers la fin des années 80, on ne cesse de nous pomper l’air avec la sacro-sainte laïcité. À ce qu’il paraît, c’est l’alpha et l’oméga républicain, le truc magique qui permet un vivre-ensemble harmonieux. Bon, je veux bien les croire, mais comment expliquer que depuis le petit père Combes le vivre-ensemble républicain ressemble furieusement à quelque chose comme : « tu es catholique, alors tu fermes ta gueule« . Certes, tout un chacun a le droit de critiquer telle ou telle religion, même les moins civilisés, comme ces abrutis de gauchistes anti-cléricaux pour qui l’insulte tient lieu d’argument. Si j’ai bien tout compris, c’est la règle dans une république démocratique respectueuse des opinions, de toutes les opinions, enfin presque toutes. Mais que penser lorsque des ministres, pourtant piliers d’un régime censé garantir le libre exercice des cultes, se permettent de dauber publiquement une religion en particulier, de la désigner comme l’ennemi à abattre ? N’est-ce pas là un flagrant délit de partialité ? N’est-ce pas considérer que la république considère qu’il y a des sous-citoyens, adeptes d’une religion particulière, considérés comme une sorte de 5ème colonne ? D’aucuns pensent peut-être que je force un peu la note, pourtant que penser d’autre lorsqu’aux plus forts moments de la contestation de la loi Taubira relative au mariage guignol, il y eut des instructions données par le sinistre de l’Intérieur en exercice afin que soient établies des fiches sur les officiers catholiques de l’armée française. Certains ont même eu à subir l’infamie d’une perquisition, au motif que leurs ados faisaient partie de LMPT, des Veilleurs et autres mouvements, visiblement considérés comme menaçant la république.

Donc depuis 25 ans on met la laïcité à toutes les sauces. La cause ? La montée en puissance de l’islam, essentiellement due à une immigration à peine contrôlée depuis l’adoption du décret d’avril 1976 instituant le regroupement familial. Bien évidemment, l’adoption de ce texte a sonné le glas de l’assimilation qui était la règle. On a donc vu se multiplier les salles de prière plus ou moins déclarées, quand elles n’étaient pas clandestines. Peu de temps après, les soviétiques envahissaient l’Afghanistan ce qui donna un sérieux coup de pouce à tous les fondamentalistes musulmans qui trouvèrent là un moyen de faire du prosélytisme, notamment en occident. C’est ainsi que des imams étrangers, parlant à peine (dans le meilleur des cas) le français, financés par des nations connues pour leur stricte application de la charia, arrivèrent chez nous et se mirent à prêcher un islam dit radical. Les traditionnels chibani qui avaient grandi dans un Maghreb français ou sous protectorat français, furent lentement remplacés par une nouvelle génération née en France, mais qui n’en avait pas pour autant adopté les codes culturels et traditionnels. Tranchant de fait avec les précédentes vagues migratoires venues de divers pays d’Europe qui s’étaient rapidement fondues dans le peuple français en une génération.

Les gouvernements successifs, face à la montée de boucliers du corps enseignant, dans un premier temps, puis de la population, se sentirent obligés de tenir compte de la demande et de pondre des lois interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école et dans les bâtiments publics, l’interdiction de porter des éléments vestimentaires interdisant l’identification des porteurs. Ce qui aurait pu passer pour de la fermeté fut ensuite brouillé par l’abdication des collectivités locales face à certaines revendications communautaires telles que des horaires de piscine permettant la séparation hommes/femmes, l’adoption générale de menus particuliers pour l’ensemble des élèves des écoles primaires, etc. Tout cela au nom de la laïcité. Dans le même temps, on a vu l’arrivée sur le devant de la scène politique de gauche d’une nouvelle génération reprenant à son compte l’héritage de Robespierre et d’Emile Combes. À ceci près qu’ils ne désignent qu’une seule religion comme étant l’ennemi vraiment à combattre, à abattre : le catholicisme, pendant que dans le même temps ils ont pour l’islam les yeux de Chimène. Selon eux, la loi de 1905 visait à limiter l’expression religieuse à la seule sphère privée, et expurger le domaine public (la rue) de tout signe d’appartenance religieuse. À partir de ce présupposé, sans fondement*, on a pu voir se développer un discours ouvertement vindicatif, dans le même temps l’Etat et les collectivités territoriales se mirent à financer des artistes aux productions ouvertement anti-catholiques.

Pourtant, lorsque l’on se penche sur la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des églises et de l’Etat, on peine à trouver le moindre article étayant les délires actuels. Ainsi, en son article 1, elle plante le décor : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. » En clair, la république est a-religieuse, en garantissant la liberté de conscience, elle reconnaît aux citoyens la liberté de croire ou pas, et de fait proclame sa neutralité en matière de religion.Principe que l’on retrouve précisé dans l’article 28 : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Il n’est pas fait mention d’interdire à qui que ce soit le port de vêtements ou de signes religieux dans l’espace public, pas plus que n’est interdit de faire mention de principes moraux religieux dans le débat public. L’Etat en 1905 a fait le choix de la stricte neutralité. Ce choix s’est d’ailleurs imposé lors des débats à l’assemblée. En effet, les combistes entendaient inscrire dans la loi l’interdiction pure et simple de la soutane, considérée comme un signe clérical plus que religieux, un instrument de soumission du prêtre à son évêque et à sa hiérarchie, portant atteinte à la « dignité masculine » car il s’agit d’une « robe ». Ce fut écarté. Ils proposèrent alors un amendement portant interdiction du costume ecclésiastique en dehors des bâtiments ecclésiastiques, qui fut également écarté. Se servir de la laïcité instaurée en 1905 pour interdire le port de signes ou de vêtements religieux est de manière patente une perversion à la fois de l’esprit et de la lettre de la loi de séparation des églises et de l’Etat.

On peut ajouter que s’agissant du port du foulard islamique, qui fut la première revendication des professeurs et instituteurs, l’Etat en interprétant le port de cet élément vestimentaire s’est fait théologien. Les forcenés peuvent bien hurler, mais de fait lorsque Marie-Charlotte porte un foulard l’Etat estime que c’est une coquetterie, mais lorsqu’il s’agit de ce même élément porté par Yasmina il est dénoncé comme signe religieux. Il y a donc une interprétation théologique faite par une république laïque censée ne pas s’immiscer dans ce genre de débat qui décrète ce qui est religieux ou ne l’est pas. Ce qui au passage donne du grain à moudre aux barbus qui peuvent ainsi jouer les pleureuses en invoquant la partialité de la république, quand ils n’évoquent pas le caractère discriminatoire des lois adoptées. Se servir de la laïcité pour tenter d’interdire l’introduction d’arguments moraux tirés d’une religion, surtout s’il s’agit du catholicisme, est également en contradiction avec l’esprit et la lettre de cette loi. Ces arguments peuvent être réfutés par ceux qui se réclament de l’athéisme, par ceux qui entendent que la république conserve une stricte neutralité, mais ils n’ont en aucune manière le droit de chercher à en interdire, sur le mode hystérique, leur expression dans le débat public.

Il ne faut pas se voiler la face (oui, je sais, c’est facile), les problèmes existent, particulièrement avec l’islam, religion schizophrénique ou appels à la tolérance et à la violence se côtoient, mais je reste persuadé que la stricte neutralité religieuse pose plus de problèmes à un Etat que s’il a fait le choix d’avoir une religion d’Etat, ce qui pose clairement les fondements de la société, et rend plus aisée l’adoption de certaines lois. Certains objecteront que ce serait un retour en arrière, le retour de l’obscurantisme, de l’oppression. A ces derniers je me bornerai à leur demander s’ils ont l’impression que les non-chrétiens font l’objet de brimades en Angleterre, en Argentine, au Liechtenstein, au Costa Rica, à Malte, à Monaco, en république Dominicaine, au Danemark, en Islande, en Norvège, aux Îles Féroé, en Grèce. Ils répondront qu’il n’en est rien, à condition bien entendu d’être de bonne foi. À ma connaissance, aucun de ces pays ne conteste à ses citoyens le droit d’être agnostiques ou athées, pas plus qu’il n’interdisent la pratique d’une autre religion, a contrario de pas mal de pays musulmans.

* En 1989, après la première affaire de foulard, le Conseil d’Etat a estimé qu’un port discret de signes religieux ne portait pas atteinte à l’ordre public. En revanche, ce qu’il fallait sanctionner, c’était des comportements qui pouvaient accompagner ce port de signes religieux : mise en cause des programmes et des horaires ou de l’autorité des professeurs, actes de prosélytisme à l’intérieur des bâtiments scolaires. Montrant de fait que la loi de 1905 visait uniquement la séparation et non l’éradication des signes religieux dans l’espace public et au sein des bâtiments publics.

L’incompréhension de nos gouvernants

L’Afrique n’est pas « Charlie »

JNSPC

Vu d’Afrique, l’ « affaire  Charlie hebdo » illustre les limites de l’universalisme européo-centré. Vendredi 16 janvier, alors que les sociétés de l’hémisphère nord communiaient dans le culte de la liberté d’expression, une partie de l’Afrique s’ insurgeait contre la France des « Charlie ». Du Sénégal à la Mauritanie, du Mali au Niger, de l’Algérie à la Tunisie et au Soudan, le drapeau français a été brûlé, des bâtiments français incendiés et en « prime », des églises détruites. Quant aux imprudents chefs d’Etat africains qui participèrent à la marche des « Charlie », dont Ibrahim Boubacar Keita du Mali, les voilà désormais désignés ennemis de l’islam.

Aveuglés par la légitime émotion et noyés sous l’immédiateté, nos responsables politiques n’ont pas songé à se demander comment l’Afrique percevait les événements. Or, alors que pour nous, il s’agit d’un ignoble attentat contre la liberté d’expression commis contre des journalistes, personnes sacrées dans nos sociétés de la communication, pour une grande partie de l’Afrique, il s’agit tout au contraire de la « juste punition de blasphémateurs ».  Qui plus est ces derniers n’en étaient pas à leur coup d’essai et ils avaient même été solennellement mis en garde. Voilà pourquoi leurs assassins sont considérés comme des « héros ». Quant aux foules de « Charlie », elles sont vues comme complices des insultes faites au Prophète. De plus, comme le président de la République a marché à leur tête, cela signifie que la France et les Français sont coupables.

Les conséquences géopolitiques qui vont découler de cette situation ne peuvent encore être mesurées, notamment dans les pays du Sahel en raison du jihadisme récurrent contre lequel nos troupes sont engagées. Le plus grave est ce qui s’est passé au Niger où Boko Haram qui, jusqu’à présent ne s’était pas manifesté, a pris le prétexte de la nouvelle livraison de Charlie Hebdo pour lancer les foules contre le centre culturel français de Zinder; au même moment, nos postes militaires avancés veillent aux frontières du pays…

Personne n’a dit ou vu que l’ « affaire Charlie Hebdo » n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase des impératifs politiques et moraux que nous imposons à l’Afrique: démocratie, droits de l’homme, avortement, mariage homosexuel, anthropomorphisme etc. Tous y sont considérés avec dédain ou même comme de « diaboliques déviances ».

C’est donc dans les larmes et dans le sang que les bonnes âmes et les idéologues vont devoir constater que le « village Terre » n’existait que dans leurs fantasmes universalistes. Ce qui est bon ou juste aux yeux de leur branchitude est en effet une abomination pour une grande partie de l’Afrique et même de la planète.

En plus de cela, pour nombre d’Africains, l’Europe est devenue une terre à prendre : ses habitants ne croient plus en Dieu, ses femmes à la vertu volage ne font plus d’enfants, les homosexuels s’y marient et la féminisation y a dévirilisé ses mâles. Paradoxe cruel, ceux qui, depuis des décennies, ont permis cette révolution en tournant systématiquement en dérision les valeurs fondatrices et le socle social (famille, travail, discipline, ordre, effort, armée, police etc.) ont été odieusement assassinés par les enfants de ceux auxquels ils ont si largement ouvert les portes…

Nous voilà donc au terme du processus. Désormais, la contradiction est telle que seul un « saut qualitatif brusque », comme le disaient les marxistes, permettrait de la surmonter. L’obsolète méthode « soustellienne » de l’intégration ou celle du « radeau de la Méduse » de la laïcité n’y suffiront sans doute pas…

Bernard Lugan
17/01/2015

Source : Le blog officiel de Bernard Lugan

Pas d’amalgames

5 mgNous vivons une époque extraordinaire. Vraiment. Non, je ne rigole pas. Trois beaux tarés dans la fleur de l’âge, en pleine possession de leurs moyens, sauf intellectuels bien sûr, musulmans très très pratiquants (si, si), mais ça c’est un point de détail de l’histoire, ont eu l’idée de faire un carton histoire de venger leur prophète. Pour ceux qui ne seraient pas versés dans les arcanes de la religion coranique, l’image figurative est, dès l’origine de l’islam, totalement exclue du domaine religieux. Dès le milieu du VIIIème siècle, l’islam est secoué par la querelle dite « des images », qui après moult longues discussions, petits étripages entre amis et autres amabilités, finira par déboucher sur une fatwa émise  par le juriste syrien al-Nawawî (1233-1277) :

« Les grandes autorités de notre école et des autres tiennent que la peinture d’une image de tout être vivant est strictement défendue et constitue l’un des péchés capitaux parce qu’elle est menacée par les punitions (lors du Jugement dernier), ainsi qu’il est mentionné dans les traditions, qu’elle soit pour un usage domestique ou non. Ainsi, la fabrication en est interdite en toute circonstance, parce qu’elle implique une copie de l’activité créatrice de Dieu, qu’elle soit sur une robe, un tapis, une monnaie, l’or, l’argent ou le cuivre, sur un plat ou sur un mur ; d’autre part, la peinture d’un arbre ou d’une selle de chameau ou d’autres objets qui n’ont pas de vie n’est pas interdite. Telle est la décisions en ce qui concerne la fabrication elle-même. »

Donc, oser représenter le prophète équivaut à une condamnation pour ceux qui oseraient s’y essayer. Si en plus il s’agit de l’oeuvre d’infidèles particulièrement irrévérencieux, il est clair que les éléments propres à échauffer la bile des apprentis barbus sont réunis. Donc ces trois djihadistes se sont mis en tête de châtier les impudents, et sont passés à l’acte. Quelques dizaines d’heures plus tard, ils trépassaient, non sans avoir commis quelques victimes de plus à Montrouge puis Vincennes, mais la conscience en paix, certains d’avoir agi en pieux observateurs des préceptes de leur religion, et puisqu’ils sont morts en « martyrs » de leur foi, sûr de pouvoir goûter, pour l’éternité, aux délices prodigués par 72 houris, dont il est bon de rappeler que leur sexe n’a jamais été établi.

Aussitôt, tout ce que le monde politique compte de têtes susceptibles d’avoir accès aux micros et caméras se mobilisa pour condamner ces horreurs. Jusque là, rien que de très normal. Mais ce qui l’est nettement moins, ce fut de voir tous ces kouffar se répandre en imprécations contre ces énergumènes, les accusant de défigurer l’islam qui serait, selon ces avis hautement autorisés, une religion paisible et tolérante, pétrie d’amour pour l’humanité entière. A croire que le corps électoral a, depuis près de quarante années, porté une légion de pieux et doctes mahométans aux plus hautes destinées. Car assurément, un tel aplomb ne s’explique que par une science acquise après de très longues années de pratique. A moins qu’ils se foutent de nous, mais cela je ne peux l’imaginer tant la probité de ces êtres d’élite est notoire.

Bien sûr, que l’on puisse trouver dans le coran des versets qui ne permettent pas la moindre interprétation équivoque n’a rien à voir avec ce qui s’est passé chez nous, ce qui se passe au Mali, au Nigeria, en Irak, en Syrie, etc. Il ne faut pas stigmatiser l’islam et ses fidèles. Après la lecture de ces quelques versets, je vous laisse vous faire votre opinion :

Sourate 9, verset 29 : « Combattez ceux qui ne croient pas en Allah, qui ne considèrent pas comme illicite ce qu’Allah et son prophète ont déclaré illicite(…) jusqu’à ce qu’ils paient, humiliés et de leurs propres mains, le tribut ».

Sourate 2, verset 216 : « Le combat vous est prescrit et pourtant vous l’avez en aversion. Peut-être avez-vous de l’aversion pour ce qui est un bien et de l’attirance pour ce qui est un mal. Allah sait et vous ne savez pas ».

Sourate 9, verset 5 (appelé le verset du sabre) : « lorsque les mois sacrés sont passés, tuez les associateurs (les chrétiens qui croient en la Trinité), tuez-les où que vous les trouviez, capturez les, assiégez les, tendez leur des embuscades. Si ensuite ils se convertissent à l’Islam, laissez-les ».

Sourate 9, verset 29 : « combattez ceux qui ne croient ni en Allah, ni au jour dernier, au jour du jugement. Ceux qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son prophète interdisent et ceux qui ne professent pas la vraie religion et parmi eux ceux qui ont reçu le Livre des juifs et des chrétiens, combattez les jusqu’à ce qu’ils soient soumis ».

Sourate 47, verset 4 (appelé verset du Djihad) : « quand vous rencontrez les infidèles, frappez les au cou jusqu’à les asservir ».

Sourate 8, verset 17 : « Vous ne les avez pas tués (vos ennemis). C’est Allah qui les a tués. Lorsque tu portes un coup, ce n’est pas toi qui le porte mais Allah qui éprouve ainsi les croyants par une belle épreuve ».

Sourate 47, verset 35 : « Ne faiblissez pas et ne demandez pas la paix quand vous êtes les plus forts et qu’Allah est avec vous ! (…) ».

Vous le sentez cet amour du non musulman dans ces quelques extraits parmi tant d’autres ?

Bien sûr, il y a plein d’hommes et de femmes de par le vaste monde qui n’ont pas nécessairement envie de trucider leur voisin mangeur de porc, buveur d’alcool. C’est une évidence. Mais il n’en reste pas moins vrai que les très très barbus, les barbus et les modérément barbus lisent le même livre. Et comme il s’agit de la parole incréée et immuable de Dieu, on ne peut donc, quand on est un bon musulman, se livrer aux joies chrétiennes et juives de l’interprétation, de la discussion sur le sens de tel ou tel passage à la lumière des siècles passés et du présent. En terre d’islam, un bon musulman ne peut et ne veut remettre en cause la moindre sourate. Le faire, ce serait remettre en question Dieu lui-même, et par dessus le marché s’inscrire au vu et au su de tous comme un mauvais musulman.

L’imam de la république, (à ce qu’il paraît la sociale, laïque, une et indivisible, en reconnaîtrait au moins un, ce qui éclaire sur la cohérence de ces gens) les recteurs et autres grands mamamouchis peuvent bien dire que ce qui sert de base idéologique et théologique à ces énergumènes n’est pas l’islam, cela n’engage qu’eux. Après tout, ne nous serine-t’on pas régulièrement qu’il n’y a pas de hiérarchie dans la prêtrise coranique ? Par ailleurs, il n’existe pas de formation spécifique pour devenir imam, n’importe qui peut le devenir, les seules conditions étant de parler couramment arabe, de connaître le coran en entier, connaître la sunna (tradition prophétique), toucher sa canette en jurisprudence islamique (fiqh). Si on possède ces qualités, on peut devenir imam, il suffit que les membres de la « paroisse » locale vous désignent comme tel. Vous pourrez alors être, selon vos qualités et votre ancienneté et sagesse, désigné en tant qu’imam des cinq prières (1er degré, pour les prières quotidiennes), imam Khatib (2ème degré, prédicateur pour la grande prière du vendredi), imam Mumtaz (3ème degré, grand cheikh enseignant).

Il est donc patent que l’imam est avant tout le reflet de la communauté locale. D’ailleurs, sur ce point, il est intéressant de rappeler que le très médiatique Hassen Chalghoumi, que les médias présentent comme l’imam de Drancy, n’a aucune légitimité pour s’affubler de ce titre, étant donné qu’il n’a jamais été désigné  par les musulmans fréquentant la mosquée de cette ville. Il n’a d’ailleurs pas plus de légitimité lorsqu’il prétend, à l’occasion de certaines entrevues télévisées ou radiophoniques, parler au nom des musulmans de France. De fait, si la majeure partie des musulmans qui fréquentent une mosquée « x » ont plutôt une approche littérale du Coran, ils se choisiront un imam que d’aucuns qualifieront de fondamentaliste ou d’intégriste. Et personne ne pourra trouver quoi que ce soit à leur reprocher car cette approche est permise et considérée aussi honorable que celle de musulmans moins traditionalistes. Serait elle jugée illicite que personne ne pourrait rappeler l’imam à l’ordre, a contrario du catholicisme où les fidèles peuvent saisir leur évêque, qui lui-même peut en référer au nonce, etc. Claude Lévi-Strauss évoquait la simplicité de l’islam dans « Tristes tropiques ». Un exemple parmi tant d’autres, c’est la vision du monde par l’islam. Elle est simple. D’un côté il y a le Dar al-islam (domaine de la soumission à Dieu), c’est à dire l’ensemble des pays où la charia est appliquée. De l’autre il y a le Dar al-harb (domaine de la guerre), c’est à dire l’ensemble des pays du monde où doivent se porter tous les efforts des fidèles pour la conversion des mécréants autrement appelés « associateurs », que ce soit par le prosélytisme ou la guerre.

Partant de là, pour l’homme du commun, et même pour le connaisseur averti, comment faire la différence entre le musulman paisible qui désire avant tout écouter sa conscience pour vivre en bonne intelligence avec son voisinage, et celui qui a adopté une lecture littérale ? Certains allégueront que la tenue vestimentaire peut être un bon marqueur. Sauf que que l’islam prescrit de manière obligatoire pour tout bon musulman le fait que leurs vêtements ne doivent pas ressembler aux vêtements des mécréants. Sur le plan alimentaire, modérés comme fondamentalistes respectent les mêmes interdits. Idem avec la discrimination matrimoniale qui proscrit tout mariage avec un ou une infidèle, à moins bien sûr que ces derniers ne se convertissent à la religion d’amour, de tolérance et de paix. Quand on est musulman, on peut tolérer de vivre à côté des infidèles, mais cela ne peut aller au delà, jusque dans le sépulcre où ils exigent des carrés particuliers car il est impensable que leurs morts puissent jouir de la mixité sociale, ethnique et religieuse qui fait tant bander nos politiques.

On le voit, il est très difficile de savoir à qui on a affaire, les hommes n’étant pas pour l’heure dotés du pouvoir de sonder les cœurs et les reins, car « sonder les cœurs et les reins, c’est l’apanage de Dieu, qui seul connait les pensées secrètes, les sentiments profonds de l’homme. »(Psaume 7-10, Jérémie 11-20). La méfiance est donc naturelle, d’autant que depuis le début des années 70 qui vit naître le terrorisme islamique, il ne se passe pas de semaine sans que tombe une dépêche relatant d’un détournement d’avion, un massacre, un attentat meurtrier, sans parler de ce qui semble être devenu le lot commun des chrétiens en terre d’islam. Bien entendu, il n’en va pas de même pour les politiques, les journalistes, les artistes engagés, et autres habitués des caméras et des micros. Eux, ils sont généreux, ils vibrent d’un amour inconditionnel pour les musulmans. D’un autre côté, c’est aisément compréhensibles. Ils ne sont pas soumis aux mêmes obligations qui frappent le commun des mortels. Eux, ils disposent de moyens suffisants pour ne pas avoir à partager leur palier avec une famille issue du Maghreb ou d’Afrique sub-saharienne; leurs enfants effectuent leur scolarité soit dans une école privée (souvent catholique bien qu’ils se proclament farouchement athées et anti-cléricaux), soit dans un de ces établissements publics d’élite où, par la grâce d’une carte scolaire bien dessinée, ils seront dispenser de la fréquentation des enfants plébéiens. Quant à leurs incursions dans le monde réel, elles sont limitées. Le trajet classique se limite à l’aller comme au retour à : appartement, ascenseur, parking souterrain, voiture avec ou sans chauffeur, trajet, parking souterrain, ascenseur, bureau. A ce compte, il est facile d’aimer des gens que l’on ne voit que depuis la fenêtre de sa voiture ou de son bureau, que l’on croise furtivement à l’occasion d’une campagne électorale, d’un reportage, d’un tournage. Et encore, bien entouré de gardes du corps, ou d’une équipe technique.

Lorsque l’ethnologue et le romancier tombent d’accord

C’était surtout l’Islam dont la présence me tourmentait (…). Déjà l’Islam me déconcertait par une attitude envers l’histoire contradictoire à la nôtre et contradictoire en elle-même : le souci de fonder une tradition s’accompagnait d’un appétit destructeur de toutes les traditions antérieures. (…)

Dans les Hindous, je contemplais notre exotique image, renvoyée par ces frères indo-européens évolués sous un autre climat, au contact de civilisations différentes, mais dont les tentations intimes sont tellement identiques aux nôtres qu’à certaines périodes, comme l’époque 19000, elles remontent chez nous aussi en surface.

Rien de semblable à Agra, où règnent d’autres ombres: celles de la Perse médiévale, de l’Arabie savante, sous une forme que beaucoup jugent conventionnelle. Pourtant, je défie tout visiteur ayant encore gardé un peu de fraîcheur d’âme de ne pas se sentir bouleversé en franchissant, en même temps que l’enceinte du Taj, les distances et les âges, accédant de plain-pied à l’univers des Mille et une Nuits (…).

Pourquoi l’art musulman s’effondre-t-il si complètement dès qu’il cesse d’être à son apogée ? Il passe sans transition du palais au bazar. N’est-ce pas une conséquence de la répudiation des images ? L’artiste, privé de tout contact avec le réel, perpétue une convention tellement exsangue qu’elle ne peut être rajeunie ni fécondée. Elle est soutenue par l’or, ou elle s’écroule. (…)

Si l’on excepte les forts, les musulmans n’ont construit dans l’Inde que des temples et des tombes. Mais les forts étaient des palais habités, tandis que les tombes et les temples sont des palais inoccupés. On éprouve, ici encore, la difficulté pour l’Islam de penser la solitude. Pour lui, la vie est d’abord communauté, et le mort s’installe toujours dans le cadre d’une communauté, dépourvue de participants. (…)

N’est-ce pas l’image de la civilisation musulmane qui associe les raffinements les plus rares – palais de pierres précieuses, fontaines d’eau de rose, mets recouverts de feuilles d’or, tabac à fumer mêlé de perles pilées – servant de couverture à la rusticité des mœurs et à la bigoterie qui imprègne la pensée morale et religieuse ?

Sur le plan esthétique, le puritanisme islamique, renonçant à abolir la sensualité, s’est contenté de la réduire à ses formes mineures : parfums, dentelles, broderies et jardins. Sur le plan moral, on se heurte à la même équivoque d’une tolérance affichée en dépit d’un prosélytisme dont le caractère compulsif est évident. En fait, le contact des non-musulmans les angoisse. Leur genre de vie provincial se perpétue sous la menace d’autres genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent de l’altérer par la seule contiguïté.

Plutôt que de parler de tolérance, il vaudrait mieux dire que cette tolérance, dans la mesure où elle existe, est une perpétuelle victoire sur eux-mêmes. En la préconisant, le Prophète les a placés dans une situation de crise permanente, qui résulte de la contradiction entre la portée universelle de la révélation et de la pluralité des fois religieuses. Il y a là une situation paradoxale au sens « pavlovien », génératrice d’anxiété d’une part et de complaisance en soi même de l’autre, puisqu’on se croit capable, grâce à l’Islam, de surmonter un pareil conflit. En vain d’ailleurs : comme le remarquait un jour devant moi un philosophe indien, les musulmans tirent vanité de ce qu’ils professent la valeur universelle de grand principes – liberté, égalité, tolérance – et ils révoquent le crédit à quoi ils prétendent en affirmant du même jet qu’ils sont les seuls à les pratiquer.

Un jour à Karachi, je me trouvais en compagnie de Sages musulmans, universitaires ou religieux. À les entendre la supériorité de leur système, j’étais frappé de constater avec quelle insistance ils revenaient à un seul argument : sa simplicité. (…) Tout l’Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. D’une main on les précipite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme.

Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique (…).

Chez les Musulmans, manger avec les doigts devient un système : nul ne saisit l’os de la viande pour en ronger la chair. De la seule main utilisable (la gauche étant impure, parce que réservée aux ablutions intimes) on pétrit, on arrache les lambeaux et quand on a soif, la main graisseuse empoigne le verre. En observant ces manières de table qui valent bien les autres, mais qui du point de vue occidental, semblent faire ostentation de sans-gêne, on se demande jusqu’à quel point la coutume, plutôt que vestige archaïque, ne résulte pas d’une réforme voulue par le Prophète – « ne faites pas comme les autres peuples, qui mangent avec un couteau » – inspiré par le même souci, inconscient sans doute, d’infantilisation systématique, d’imposition homosexuelle de la communauté par la promiscuité qui ressort des rituels de propreté après le repas, quand tout le monde se lave les mains, se gargarise, éructe et crache dans la même cuvette, mettant en commun, dans une indifférence terriblement autiste, la même peur de l’impureté associée au même exhibitionnisme. (…)

Si un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale : stricte observance du règlement (prières cinq fois par jour, chacune exigeant cinquante génuflexions [sic]) ; revues de détail et soins de propreté (les ablutions rituelles) ; promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions religieuses ; et pas de femmes.

Ces anxieux sont aussi des hommes d’action; pris entre des sentiments incompatibles, ils compensent l’infériorité qu’ils ressentent par des formes traditionnelles de sublimations qu’on associe depuis toujours à l’âme arabe : jalousie, fierté, héroïsme. Mais cette volonté d’être entre soi, cet esprit de clocher allié à un déracinement chronique (…) sont à l’origine de la formation du Pakistan (…). C’est un fait social actuel, et qui doit être interprété comme tel: drame de conscience collectif qui a contraint des millions d’individus à un choix irrévocable (…) pour rester entre musulmans, et parce que qu’ils ne se sentent à l’aise qu’entre musulmans. Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une « néantisation » d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants.

Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, Presses Pocket, pp. 475-490

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« J’ai eu une espèce de révélation négative dans le Sinaï, là où Moïse a reçu les Dix Commandements… subitement j’ai éprouvé un rejet total pour les monothéismes. Dans ce paysage très minéral, très inspirant, je me suis dit que le fait de croire à un seul Dieu était le fait d’un crétin, je ne trouvais pas d’autre mot. Et la religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré… effondré! La Bible, au moins, c’est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire… ce qui peut excuser beaucoup de choses. Du coup, j’ai une sympathie résiduelle pour le catholicisme, à cause de son aspect polythéiste. Et puis il y a toutes ces églises, ces vitraux, ces peintures, ces sculptures. »

Michel Houellebecq, Lire, 01/09/2001

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« J’ai dit dans “Tristes Tropiques” ce que je pensais de l’islam. Bien que dans une langue plus châtiée, ce n’était pas tellement éloigné de ce pour quoi on fait un procès à Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable il y a un demi-siècle; ça ne serait venu à l’esprit de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu’on pense. »

Claude Levi-Strauss, Le Nouvel Observateur, 03/10/2002

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Mais padamalgam quand même, c’est le mot d’ordre à répéter comme un mantra.