Je sais, c’est pas bien, mais qu’est-ce que je me marre !

L’enfer est pavé de Patrick Pelloux

Sous mes yeux effarés, le « pas d’amalgame » se casse la gueule lamentablement en direct à la télévision.

A sa descente d’avion en provenance de Stockholm où il était allé manifester sa solidarité au peuple danois, Patrick Pelloux s’est rendu sur le plateau de l’émission « C à vous » afin de livrer son bilan de la situation. Le contenu de ses déclarations mérite que nous garions notre véhicule à proximité de l’extrait vidéo afin d’en apprécier la haute portée stratégique. Frein à main bien serré, dégustons la pensée de l’homme.

Pour en finir avec cet extrémisme sanguinaire, Patrick Pelloux a sa petite idée. C’est très simple : « Il faut qu’on cultive un monde meilleur. » Légèrement conscient de l’aspect un peu flou du concept, l’ex-urgentiste affine sa pensée. « Ce ne sont pas de vains mots, il faut mettre un vocabulaire sur ce qui se passe… » Voilà. À vos dictionnaires. Ceci est une kalachnikov, cela est un assassin, etc… OK, on avance. Mais ne nous moquons pas car Patrick Pelloux sent bien qu’il est impossible de rester dans la complainte.

Il ajoute donc : « Non, non, faut qu’on réagisse. ». Ah oui, vive lui ! Qu’on réagisse comment, alors ? Plus tendu que le frein à main, nous attendons la suite. Et elle arrive : « Il faut qu’on réagisse pour porter des valeurs de paix, des valeurs humanistes… » Retour à la case départ. La culture d’un monde meilleur, les tuniques à fleurs, peace and love, passe le pétard… Rien à faire : Patrick Pelloux ne parvient pas à sortir de la pensée abstraite.

À ce moment de l’interview, tout bascule. L’effet du joint se dissipe, Patrick entame une lente descente de la planète Bisounours. Frôlant les rives de la réalité, il enchaîne :

Parce que, attention, au Danemark, ils ont fait largement dans l’intégration… Qu’est-ce qu’ils ont obtenu ? C’est un des pays d’Europe où il y a le plus de jeunes qui sont partis faire le djihad en Syrie. Ca pose des questions !

Réveil brutal.

Pour tout arranger, l’animatrice lance un reportage dans lequel nous voyons de jeunes musulmans danois venus fleurir le lieu où le terroriste a trouvé la mort. Leurs déclarations sont sans équivoque. Ils approuvent. Patrick Pelloux, qui n’avait pas vu ces images, est sincèrement effondré. « C’est catastrophique… C’est catastrophique… Alors là, mes amis… » Sa surprise nous surprend. Comment lui, qui par son métier a côtoyé la réalité populaire, peut-il être étonné par ce phénomène ? N’a-t-il pas entendu parler de la multitude de tweets se réjouissant des tueries du 7 janvier ? Non, il est pas au courant.

Réactionnaire comme pas deux, le journaliste Patrick Cohen enfonce le clou en soulignant le niveau de vie plus élevé du Danemark… La victimisation sociale ne serait pas le sujet, alors ? « Là, il y a quelque chose qui trouble notre raisonnement », dit-il. Sous mes yeux effarés, le « pas d’amalgame » se casse la gueule lamentablement en direct à la télévision. J’appelle François Hollande. Ah, ils sont jolis, vos amis ! Des traîtres, oui !

Je desserre le frein à main et repars sur les chapeaux de roue. Direction le CSA. Le complot des deux Patrick contre l’esprit du 11 janvier doit cesser dans les plus brefs délais. Sinon, à quoi ça sert, que notre bon Président, il fasse de la marche à pied ?

Source : Boulevard Voltaire

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Là, le Patou il s’est pris le mur de la réalité en pleine gueule. Mais toujours pas question, pour lui comme pour tous les abrutis de son acabit, de se mettre en tête de vouloir les combattre. Ils sont incapables, en fait non, ils refusent de voir que LE problème c’est l’islam. Ils ont beau voir qu’au Danemark, pays sans passé colonial, les muzz jouissent de tout ce que les progressistes inoxydables aimeraient bien leur offrir, que ça ne change rien, ils n’en tirent pas la seule conclusion qui s’impose. Accepter la réalité, cela reviendrait à reconnaître que tout ce en quoi ils croient n’est qu’une vaste imposture. Accepter la réalité, cela reviendrait à se retrouver nu devant un miroir et se retrouver face à sa vacuité et sa laideur morale. Alors on brode, on tire le fil du raisonnement jusqu’à la limite du possible, en évitant qu’il ne lâche et leur revienne dans la gueule. Mais ça devient de plus en plus dur.

Cachez donc cette réalité que je ne saurais voir

Copenhague : l’échec après l’illusion

Ce qui s’est passé samedi 14 février à Copenhague nous rappelle que le réel revêt parfois le manteau du tragique pour ouvrir des yeux embués par l’illusion.

Samedi, un jeune de 22 ans a ouvert le feu contre les participants à un débat consacré à l’islamisme et à la liberté d’expression. Après avoir pris la fuite, le tireur a fait feu devant une synagogue. Bilan : deux morts et cinq blessés.

Ce drame met à nouveau en lumière la défaite de l’idéologie du « pas d’amalgame » face au réel.

La sphère politico-médiatique, après les attentats de Paris du 11 janvier dernier, nous assurait que le terrorisme naissait de la pauvreté et de l’exclusion sociale : le Danemark détient pourtant le 6ème rang (sur 184) au classement des pays selon la valeur de leur produit intérieur brut (PIB) annuel, en valeur nominale, par tête.

Depuis des décennies, nos élites nous vantent le modèle d’intégration danois et plus largement scandinave. Le politologue Marc Crapez rappelait dans un entretien donné au Figaro que: « Le royaume danois fut pionnier des structures d’accueil de dé-radicalisation, avec psychologues aux petits soins et réinsertion par l’emploi de type discrimination positive à la clé. En prime, les autorités politiques et les élites prenaient avec des pincettes les caricaturistes «droitisés» de 2005, et des manifestants avaient brandi des pancartes «Sorry» pour amadouer le monde musulman ».

C’est ce même modèle qui semble inspirer notre Ministre du Laxisme Madame Taubira, comme on le voit avec cette circulaire irresponsable éditée le 9 janvier et qui rappelle les modalités de mise en oeuvre de sa loi du 15 août 2014 sur l’individualisation des peines, qui aligne “le régime des récidivistes sur celui des non-récidivistes en matière de réductions supplémentaires de peines”. Comprendre : un fraudeur fiscal non récidiviste et un terroriste en herbe récidiviste peuvent bénéficier du même régime. C’est ça l’égalité au pays de l’utopie laxiste.

Ces attentats sont malheureusement une nouvelle preuve du décalage entre les grands discours de fermeté de nos dirigeants et leur inaction : le Président de la République François Hollande et son Premier Ministre Manuel Valls semblent croire qu’il suffit de « condamner avec la plus grande fermeté » des actes pour que le problème se règle de lui-même.

Le problème ne sera pas réglé tant que des Chaabi M’Barek (ce libraire lillois qui vendait des drapeaux de l’État islamique dans sa boutique) ne seront condamnés par les tribunaux qu’ à un an de prison AVEC SURSIS pour apologie du terrorisme.

Le problème ne sera pas réglé tant que nous aurons, à l’Assemblée nationale, des députés qui, le jour même de l’attentat de Copenhague, demandent le remplacement de certains jours fériés chrétiens par des fêtes musulmanes.

Le problème ne sera pas réglé tant que personne n’osera s’étonner de la présence d’un « parti des musulmans » dans la compétition électorale qui se jouera en mars prochain pour les élections départementales.

Et que dire de l’irresponsabilité d’une Caroline Fourest, pourtant auto-proclamée grande prêtresse de la liberté d’expression, lorsqu’elle ose affirmer sur BFM tv que «les terroristes tuent moins que les accidents de voiture”.

L’espoir que les attentats de Paris aient agit comme un électrochoc auprès de nos élites est donc, un mois plus tard, dores et déjà déçu. Mais, chut, chahuter la grande cérémonie du « pas d’amalgame » est un blasphème républicain.

Source : Aymeric Chauprade