Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.

LETTRE NON ENVOYÉE DESTINÉE AU GÉNÉRAL X…

 

 

Oudjda. Juin 1943

 

 

Cher Général,

 

Je viens de faire quelques vols sur P 38.  C’est une belle machine.  J’aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans.  Je constate avec mélancolie qu’aujourd’hui, à quarante-trois ans, après quelque six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ces jeux-là.  L’avion n’est plus qu’un instrument de déplacement — ici de guerre — et si je me soumets à la vitesse et à l’altitude à un âge patriarcal pour ce métier, c’est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération, que dans l’espoir de retrouver les satisfactions d’autrefois.

Ceci est peut-être mélancolique — mais peut-être bien ne l’est pas.  C’est sans doute quand j’avais vingt ans que je me trompais.  En octobre 1940, de retour d’Afrique du Nord, où le groupe 2/33 avait émigré, ma voiture étant remisée, exsangue, dans quelque garage poussiéreux, j’ai découvert la carriole à cheval.  Par elle, l’herbe des chemins, les moutons et les oliviers.  Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure, derrière les vitres, à cent trente kilomètres-heure.  Ils se montraient dans leur rythme vrai, qui est de lentement fabriquer des olives.  Les moutons n’avaient plus pour fin exclusive, de faire tomber la moyenne.  Ils redevenaient vivants.  Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine.  Et l’herbe aussi avait un sens, puisqu’ils la broutaient.

Et je me suis senti revivre, dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste.  Elle l’est en Grèce aussi comme en Provence).  Et il m’a semblé que, durant toute ma vie, j’avais été un imbécile.  (…)

Tout ça pour vous expliquer que cette existence grégaire, au cœur d’une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce-va-et-vient entre des monoplaces de deux mille six cents chevaux, et une sorte de bâtisse abstraite où nous sommes entassés à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n’a rien qui me caresse le cœur.  Ça aussi, comme les missions sans profit ni espoir de retour de juin 1939, c’est une maladie à passer.  Je suis « malade » pour un temps inconnu.  Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie.  Voilà tout.

Ainsi je suis profondément triste — et en profondeur.  Je suis triste pour ma génération, qui est vidée de toute substance humaine.  Qui n’ayant connu que le bar, les mathématiques et la Bugatti, comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd’hui entassée dans une action strictement grégaire, qui n’a plus aucune couleur.  On ne sait pas le remarquer.  Prenez le phénomène militaire d’il y a cent ans.  Considérez combien il intégrait d’efforts, pour qu’il fût répondu à la soif spirituelle, poétique ou simplement humaine de l’homme.

Aujourd’hui que nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces naïvetés.  Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n’est plus de victoires aujourd’hui, rien qui ait la densité poétique d’un Austerlitz.  Il n’est plus que des phénomènes de digestion lente ou rapide).  Tout lyrisme sonne ridicule.  Les hommes refusent d’être réveillés à une vie spirituelle quelconque.  Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne.  Comme dit la jeunesse américaine « nous acceptons honnêtement ce job ingrat ».  Et la propagande. dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir.  Sa maladie n’est point d’absence de talents particuliers, mais de l’interdiction qui lui est faite de s’appuyer, sans paraître pompière, sur les grands mythes rafraîchissants.  De la tragédie grecque, l’humanité dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de Monsieur Louis Verneuil.  (On ne peut guère aller plus bas.)  Siècle de la publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts.  Je hais mon époque de toutes mes forces.  L’homme y meurt de soif.

Ah général, il n’y a qu’un problème, un seul, de par le monde.  Rendre aux hommes une signification spirituelle.  Des inquiétudes spirituelles.  Faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien.  Si j’avais la foi, il est bien certain que, passé cette époque de « job nécessaire et ingrat », je ne supporterai plus que Solesme.  On ne peut plus vivre de frigidaires, de politique, de belote et de mots croisés, voyez-vous !  On ne peut plus.  On ne peut plus vivre sans poésie, couleur, ni amour.  Rien qu’à entendre les chants villageois du XVe siècle on mesure la pente descendue.  Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi).

Deux milliards n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot.  Se font robots.  Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources.  Les impasses du système économique du XIXe siècle.  Le désespoir spirituel.  Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel, sinon par soif ?  Pourquoi la Russie, pourquoi l’Espagne?  Les hommes ont fait l’essai des valeurs cartésiennes : hors les sciences de la nature, ça ne leur a guère réussi.  Il n’y a qu’un problème, un seul, redécouvrir qu’il est une vie de l’Esprit, plus haute encore que la vie de l’intelligence.  La seule qui satisfasse l’homme.  Ça déborde le problème de la vie religieuse, qui n’en est qu’une forme (bien que, peut-être, la vie de l’esprit conduise à l’autre nécessairement).  Et la vie de l’Esprit commence là où un Être « vu » est conçu au-dessus des matériaux qui le composent.  L’amour de la maison — cet amour inconnaissable aux États-Unis — est déjà de la vie de l’Esprit.  Et la fête villageoise.  Et le culte des morts.  (Je cite ça, car il s’est tué, depuis mon arrivée ici, deux ou trois parachutistes.  Mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir.  Ça, c’est de l’époque, non de l’Amérique l’homme n’a plus de sens.)

Il faut absolument parler aux hommes.

À quoi servira de gagner la guerre, si nous en avons pour cent ans de crises d’épilepsie révolutionnaire ?  Quand la question allemande sera enfin réglée, tous les problèmes véritables commenceront à se poser.  Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise, au sortir de cette guerre, à distraire, comme en 1919, l’humanité de ses soucis véritables.  Faute d’un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se dévoreront les unes les autres.  Le marxisme lui-même, trop vieillot, se décompose en une multitude de néo-marxismes contradictoires.  On l’a bien observé en Espagne.  A moins qu’un César français ne nous installe dans un camp de concentration néo-socialiste pour l’éternité.

Il faut parler aux hommes, parce qu’ils sont prêts à se rallier à n’importe quoi.  Je regrette de m’être, l’autre matin, si mal exprimé auprès du général Giraud.  Mon intervention a paru lui déplaire comme une faute de goût ou de tact ou de discipline. Je m’en affecte absolument la faute : il est difficile d’aborder, à bâtons rompus, de tels problèmes.  J’ai échoué par hâte.  Cependant, le général a été injuste en me marquant si nettement sa désapprobation, car je n’avais pour but que le rayonnement de l’effort et de la forme de pensée qu’il représente.  L’automatisme de la hiérarchie militaire émoussait mes arguments.  Le général m’eût écouté avec plus de bienveillance si j’avais été plus adroit.  Et cependant, ce que j’exprimais partait de mes tripes, et je parlais dans le seul but de lui être utile et, par lui, d’être utile à mon pays.  Car il me paraît discutable que les commandants d’unité aient qualité pour substituer leur interprétation à un exposé fondamental.  Ils n’ont point le pouvoir d’apaiser, s’ils ne se réfèrent pas à un exposé officiel, le sous-officier qui doute de soi, une action politique qui a eu en permanence le souci des exposés précis et simples, l’ayant tourmenté dans sa probité. son patriotisme et son honneur.  Le général G[iraud] est dépositaire de l’honneur de ses soldats.

À ce sujet, j’ignore si le remarquable discours que le général Giraud a prononcé — et que la presse nous apportait ici avant-hier — doit quelque chose de ses thèmes à mon inquiétude.  Le passage, concernant la résistance invisible et le sauvetage de l’Afrique du Nord, était exactement ce dont les hommes avaient soif.  Les remarques entendues en font foi.  Si j’ai ici servi à quelque chose, et si même le général Giraud me tient rigueur de mon interventionje suis heureux d’avoir rendu service.  Il ne s’agit point de moi.  De toute façon, le discours était nécessaire : il a été remarquablement réussi.  Cher général, mis à part ces dernières lignes concernant une visite qui m’a laissé un vague malaise, je ne sais trop pourquoi je vous fatigue de cette lettre longue, illisible (j’ai le poignet droit cassé, j’ai du mal à me faire lisible), et inutile.  Mais je me sens assez sombre, et j’ai besoin d’une amitié.

Ah !  cher général, quelle étrange soirée ce soir.  Quel étrange climat.  Je vois de ma chambre s’allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visage.  J’entends les postes radio divers débiter leur musique de mirliton à cette foule désœuvrée, venue d’au-delà des mers, et qui ne connaît même pas la nostalgie.  On peut confondre cette acceptation résignée avec l’esprit de sacrifice ou la grandeur morale.  Ce serait là une belle erreur.  Les liens d’amour, qui nouent l’homme d’aujourd’hui aux Êtres comme aux choses, sont si peu tendres, si peu denses, que l’homme ne sent plus l’absence comme autrefois.  C’est le mot terrible de cette histoire juive : « Tu vas donc là-bas ?  Comme tu seras loin !  Loin d’où ? »  Le « où » qu’ils ont quitté, n’était plus guère qu’un vague faisceau d’habitudes.  En cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d’avec les choses.  Les frigidaires sont interchangeables.  Et la maison aussi, si elle n’est plus qu’un assemblage.  Et la femme.  Et la religion.  Et le parti.  On ne peut même plus être infidèle : à quoi serait-on infidèle ?  Loin d’où et infidèle à quoi ?  Désert de l’homme.  Qu’ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe.  Moi je songe aux marins bretons d’autrefois, qui débarquaient à Magellan, à la légion étrangère lâchée sur une ville, à ces nœuds complexes d’appétits violents et de nostalgies intolérables qu’ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués.  Il fallait toujours pour les tenir des gendarmes forts ou des principes forts, ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies.  L’homme d’aujourd’hui, on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou avec le bridge.  Nous sommes étonnamment bien châtrés.  Ainsi, sommes-nous enfin libres.  On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher.

Moi je hais cette époque, où l’homme devient sous un «totalitarisme universel »bétail doux, poli et tranquille.  On nous fait prendre ça pour un progrès moral !  Ce que je hais dans le marxisme, c’est le totalitarisme à quoi il conduit.  L’homme y est défini comme producteur et consommateur.  Le problème essentiel est celui de distribution.  Ainsi dans les fermes modèles.  Ce que je hais dans le nazisme, c’est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même.  On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo.  Ils votent naturellement pour le chromo.  Voilà la vérité du peuple !  On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh, tous les grands non-conformistes, et l’on alimente en chromos un bétail soumis.  Mais où vont les États-Unis, et où allions-nous nous aussi.  À cette époque de fonctionnariat universel ?  L’homme robot, l’homme termite, l’homme oscillant d’un travail à la chaîne, système Bedaux, à la belote.  L’homme châtré de tout son pouvoir créateur et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson.  L’homme que l’on alimente en Culture de confection, en culture standard, comme l’on alimente les bœufs en foin.  C’est ça l’homme d’aujourd’hui.

Et moi je pense que — il n’y a pas trois cents ans — on pouvait écrire La Princesse de Clêves ou s’enfermer dans un couvent pour la vie à cause d’un amour perdu, tant était brûlant l’amour.  Aujourd’hui, bien sûr, des gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l’ordre d’une rage de dents intolérable.  Ça n’a point affaire avec l’amour.

Certes, il est une première étape.  Je ne puis supporter l’idée de verser des générations d’enfants français dans le ventre du moloch allemand.  La substance même est menacée.  Mais quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps.  Qui est celui du sens de l’homme.  Et il n’est point proposé de réponse. et j’ai l’impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.

Ça m’est bien égal d’être tué en guerre.  De ce que j’ai aimé, que restera-t-il ?  Autant que des Êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d’une certaine lumière spirituelle.  Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel.  Les choses, je m’en fous, qui subsisteront.  Ce qui vaut, c’est un certain arrangement des choses.  La civilisation est un lien invisible, parce qu’elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ainsi et non autrement.  Nous aurons de parfaits instruments à musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ?

Si je suis tué en guerre, je m’en moque bien, ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes, qui n’ont plus rien à voir avec le vol, et font du pilote, parmi ses boutons et ses cadrans, une sorte de chef comptable.  (Le vol aussi, c’est un certain ordre de liens.)  Mais si je rentre vivant de ce «job nécessaire et ingrat », il ne se posera pour moi qu’un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

Je sais de moins en moins pourquoi je vous raconte tout ceci.  Sans doute pour le dire à quelqu’un, car ce n’est point ce que j’ai le droit de raconter.  Il faut favoriser la paix des autres, et ne pas embrouiller les problèmes.  Pour l’instant, il est bien que nous nous fassions chefs comptables à bord de nos avions de guerre.

Depuis le temps que j’écris, deux camarades se sont endormis devant moi dans ma chambre.  Il va me falloir me coucher aussi, car je suppose que ma lumière les gêne (ça me manque bien, un coin à moi ! ).  Ces deux camarades, dans leur genre, sont merveilleux.  C’est droit, c’est noble, c’est propre, c’est fidèle.  Et je ne sais pourquoi j’éprouve, à les regarder dormir, une sorte de pitié impuissante.  Car s’ils ignorent leur propre inquiétude, je la sens bien.  Droits, nobles, propres, fidèles, oui.  Mais aussi terriblement pauvres.  Ils auraient tant besoin d’un dieu.

Cher général, pardonnez-moi, si cette mauvaise lampe électrique que je vais éteindre, vous a aussi empêché de dormir.  Et croyez en mon amitié.

Saint-Exupéry.

«Je note que Saint-Exupéry ne m’appelle plus Chambe comme autrefois.  À présent que je suis devenu général de brigade aérienne, il se croit obligé de marquer le coup en me donnant mon grade.  Je ne pourrai jamais l’en faire démordre !  Il me dit Général tout court et non pas Mon Général, ce qui est d’ailleurs peu militaire et assez original. » (Icare, n96, p. 39.)

Le général Chambe a raconté (Icare, n° 96, p. 39) que Saint-Exupéry avait mis Giraud au fait de ses démêlés avec les gaullistes à New York et l’avait mis en garde contre une venue de De Gaulle à Alger.  Giraud avait mis fin sèchement à l’entretien :

« Mon petit Saint-Exupéry, à chacun ses affaires.  Je connais les miennes, à vous les vôtres .  Je vous remercie de vos avis.  J’ai l’impression que vous me prenez pour le dernier des imbéciles. »

« En sortant, Saint-Exupéry, un peu pâle, me dit :

« – C’est ça, votre général Giraud ?  Ça en promet de belles !  » – Selon ce que Saint-Exupéry en dit à L. Wencélius trois mois plus tard, Giraud se serait exclamé : « Tant que vous y êtes, Saint-Ex. traitez-moi d’imbécile !  »

 

2 réflexions sur “Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.

  1. Dans ses mémoires, Henri Giraud déclare : « Un seul but, la Victoire » résumait toute mon action. Je me suis trouvé en présence de gens qui avaient pour devise : « Un seul but, le Pouvoir ». (p.124 de l’édition Julliard)

    Giraud connaissait du monde aux Etats-Unis où il s’était rendu pour réarmer les forces françaises hors-métropole. Il ne craignait pas Charles de Gaulle qu’il avait connu pendant l’entre-deux-guerres et comme chef de corps du 507è RCC de Metz de 1937 à 39. Mais il se méfiait de la coterie qui l’entourait, puis de la barbouzeraie grouillante qui sera longtemps la marque de fabrique du gaullisme. Giraud les connaissaient tous et prenait ses précautions car il avait aussi son renseignement ; ils essayeront de l’assassiner en 1944 à Mazagran (Algérie).
    Ceci pour dire qu’il n’avait pas vraiment besoin de Saint-Exupéry pour anticiper les coups partis. Saint-Ex était un romancier-aviateur doublé d’un incorrigible romantique mais loyal. Mon père a volé avec lui : c’était un excellent… écrivain.

    Les Mémoires de Giraud sont une mine et, accessoirement, la bagarre entre De Gaulle et le général Chambe (chef du cabinet militaire du Commandant en chef) est très bien racontée. Les gaullistes en sortiront durablement salis.

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