Le paradis progressiste

Mères porteuses, des indiennes témoignent de leur traumatisme

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L’Inde est connue pour son vivier de mères porteuses à bas prix. Dans la seule ville de Chennai, une douzaine d’hôpitaux se sont spécialisés dans la GPA, faisant appel à plus de 150 mères porteuses. Ces dernières sont des femmes issues de familles pauvres, motivées par l’aspect financier de la GPA. Pour la BBC, trois d’entres elles ont témoigné du traumatisme causé après la naissance par la séparation avec l’enfant qu’elles ont porté pendant neuf mois. « L’argent gagné ne compense pas cette douleur », disent-elles.

S. Sumathi, âgée de 38 ans est devenue mère porteuse pour payer les frais de scolarité de ses quatre enfants. Motivée par cet aspect, mais aussi par l’ « idée de venir en aide à d’autres couples »,elle témoigne de son expérience : « Je n’ai jamais rencontré les vrais parents, je ne sais pas qui ils sont. J’étais encore endormie quand ils ont enlevé le bébé. Je n’ai pas pu poser les yeux sur lui, je ne sais pas s’il est blanc ou noir, je ne sais même pas si c’est un garçon ou une fille ! Quand j’ai repris conscience, mon mari n’a pas pu répondre, et le médecin m’a sermonnée : ‘Vous êtes une mère porteuse, vous ne devriez pas poser ces questions’. Durant trois mois après l’accouchement, j’ai passé des nuits blanches, j’ai souffert de maux de têtes que je ne pouvais calmer. Chaque année, le 4 novembre, le jour où le bébé est né, notre famille célèbre son anniversaire. Je fais tous les rituels, comme pour mes autres enfants. Je donnerais tout pour le voir une fois. Je sais que ce n’est pas mon bébé après tout, mais je sais que si je l’avais vu, je ne l’aurais pas donné ».

Anandi Chelappan, âgée de 34 ans et mère de deux enfants est devenue mère porteuse pour payer le loyer de sa famille. « Pendant mon séjour à l’hôpital, explique-t-elle, ma famille a été autorisé à me rendre visite une seule fois par mois ce qui a été très difficile. Mon fils de quatre ans m’a demandé si j’allais avoir un bébé. Je lui ai répondu que j’étais malade, que mon estomac était enflé et que je devais rester ». Comme S. Sumathi, elle n’a jamais vu le bébé après sa naissance : « Lorsque j’ai dis au médecin que je voudrais le voir, au moins une fois, elle m’a répondu : ‘Non, vous vous sentiriez coupable’. Durant le premier mois, j’ai beaucoup pleuré. Je comprends que l’enfant appartient à ses parents et je ne faisais que louer mon ventre, mais je l’ai porté pendant neuf mois, j’aimerais connaître ses parents. Je voudrais au moins voir l’enfant de loin… » L’argent gagné lui a permis de rembourser les dettes, et de louer une maison sur un bail à long terme, mais le bail arrive à sa fin, et Anandi envisage d’être mère porteuse une seconde fois.

Pour Jothi Lakshmi, 30 ans et mère de trois garçons adolescents, si la GPA lui a permis de gagner de l’argent, sa situation, tant familiale que personnelle, en a pâtit : « C’est difficile, j’ai senti le bébé bouger dans mon ventre, j’étais attaché à lui, et je ne peux pas le voir. Il a tout simplement disparu. Durant deux-trois ans, je me suis sentie très mal, j’ai perdu beaucoup de poids. A la maison, nous n’en parlons pas. Ma mère et ma belle-mère ne me parlent plus, elles n’ont pas compris. Je n’ai jamais vu le bébé, peut être est ce mieux ainsi : si je l’avais vu, je me serai senti très coupable de l’abandonner ».

Sources : BBC, Geeta Pandey (15/08/2016)
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Ou l’on peut voir que les merveilles de la science ne sont jamais qu’un mirage mis en avant par l’idéologie progressiste. Les progressistes louent les mérites de ses réussites, notamment en ce qui concerne la GPA, en clamant haut et fort qu’ils offrent à tous la possibilité d’accéder au bonheur d’être parents. Offrent est un bien grand mot, vendent serait plus juste, parce qu’il faut bien le dire, c’est avant tout un business. La réalité, c’est qu’il s’agit de satisfaire les désirs égoïstes de privilégiés qui ont les moyens de s’offrir cette coûteuse prestation, le tout en occultant la douleur infligée aux mères porteuses. Car s’il peut être douloureux de ne pas être féconde, je laisse de côté les désirs a-normaux des gays et lesbiennes, la douleur d’une mère à qui on retire son enfant est au moins aussi grande, sinon plus.

Quelle humanité peut se satisfaire d’un monde dans lequel on soulage une douleur en infligeant à une autre personne une douleur équivalent ou supérieure ?  Quelle humanité peut se satisfaire d’un monde dans lequel un enfant est devenu un objet contractuel, au même titre que n’importe quelle marchandise, soumis à des clauses de rejet pour le cas où le produit ne correspondrait pas aux spécifications contractuellement énoncées ?

Quant aux gauchistes qui voient là-dedans la marche vers un avenir radieux, comment ne peuvent-ils pas s’apercevoir qu’ils soutiennent une entreprise d’exploitation de l’humanité la plus pauvre au profit de la minorité la plus riche ? Comment peuvent-ils s’aveugler au point de ne pas voir que c’est une des formes les plus insidieuses de ce néo-colonialisme qu’ils ne cessent pourtant de dénoncer ? À moins bien sûr que ce soit l’expression de la forme la plus pure du cynisme, et que le but recherché soit la création aux niveaux national et mondial de l’émergence d’une caste supérieure jouissant de tous les privilèges et avantages, une über-nomenklatura, s’appuyant sur la fiction éprouvée de la défense du peuple. Poser la question c’est déjà y répondre, n’est-ce pas ?

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