Voilà une question qu’elle est bonne

Saugey

SOMMES-NOUS IDIOTS ?

À un journaliste de France 3 qui s’étonnait que le train de vie des sénateurs ne soit pas consultable par les citoyens français, Bernard Saugey, sénateur LR de l’Isère, a fait cette réponse extraordinaire : « J’estime que c’est pas la peine que tous les gens regardent des choses qu’ils vont être incapables de commenter, et ils auront certainement, peut-être, des réflexions idiotes. » Bernard Saugey est ex-membre de la Haute Cour de Justice, ex-membre de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, ex-conseiller régional de Rhône-Alpes et ex-président du Conseil Général de l’Isère. Mais, surtout, il est aujourd’hui le Premier Questeur du Sénat. C’est-à-dire : en charge du budget de la Chambre Haute. L’argent du Sénat, c’est lui. Les privilèges des sénateurs, leurs primes aussi nombreuses qu’énigmatiques, leurs notes de frais, leurs avantages en nature, c’est lui. On peut comprendre qu’il cherche à dérober aux yeux du peuple les comptes de cette étonnante assemblée : le scandale plane au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès. On comprend moins, en revanche, qu’il nous en donne la raison avec autant d’aplomb : nous sommes trop bêtes pour comprendre. Loin de moi l’idée que cet élu, grand accumulateur de mandats, soit plus malhonnête qu’un autre. En arrivant à son poste de Premier Questeur, il a trouvé une gigantesque machine à faire vivre les politiciens professionnels dans l’opulence et l’impunité : il ne l’a pas inventée. Il entretient cette machine, il la huile et la fait ronronner loin de nos regards. Ils nous interdit l’accès à la salle des machines budgétaire du Sénat, où les impôts des Français sont allègrement engloutis et transformés en luxe réservé à l’élite. Bernard Saugey n’est pas une exception, un loup solitaire du gaspillage, un déséquilibré du déficit. Bernard Saugey est la règle. Notre République fait vivre grassement des centaines de Bernard Saugey, qui nourrissent à leur tour des milliers d’élus et de hauts fonctionnaires, toujours avec les Euros puisés dans votre portefeuille. C’est pourquoi Vivre 2017 exige, dès la prise de fonctions du prochain Président de la République, l’organisation d’un référendum portant sur la mise en place de trois nouvelles règles. Les voici :

1. Aucun citoyen condamné par un tribunal pénal n’est autorisé à se présenter à une élection, qu’elle soit locale ou nationale.
2. La durée cumulée des fonctions de député, sénateur, président de région, maire d’une ville de plus de 5000 habitants, ministre, secrétaire d’État, ne peut excéder dix ans.
3. Aucun élu n’est rémunéré plus de 7500 Euros par mois, tous mandats cumulés, aucun ne dispose de plus de 500 Euros de frais remboursés, et tous les frais excédant cette somme sont rendus publics.

Nul doute que ces trois propositions remporteront un assentiment populaire très massif, plus proche de 80% que de 50%. Ainsi, dès les premières semaines du quinquennat, pacifiquement, sans cris ni menaces, nous aurons déconnecté la politique du profit maximum et de la délinquance. Une nouvelle page de l’histoire de la Cinquième République s’ouvrira, mettant fin à des pratiques qui dérèglent l’État, accablent nos finances et désespèrent la population. Bernard Saugey sera contraint par le Droit à nous ouvrir tous les comptes du Sénat et des sénateurs. L’ère où l’on dit que les citoyens informés font « des réflexions idiotes » sera achevée. Les politiciens professionnels ne pourront plus édicter des règles ayant pour seul but de préserver leurs carrières, leurs gains, leurs secrets et leurs retraites. On n’entrera plus en politique pour l’argent : la source de l’enrichissement par l’élection et par l’omerta sera tarie. Rarissimes, ceux qui regretteront le temps des enveloppes furtives et des mallettes discrètes. Nous pourrons enfin commencer à travailler dans la transparence, la dignité, le respect de chaque Euro prélevé. L’économie réelle – si précise, si prudente, si économe, si implacable dans ses audits et ses conclusions – aura pris le pouvoir. La dissimulation systématique sera enfin sans-emploi.

Source : Vivre 2017

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5 réflexions sur “Voilà une question qu’elle est bonne

    • Bah c’est assez simple. Faire son trou en politique demande tant d’investissement en énergie, en temps, en cash, sans parler des risques pris en termes de compromission, que ces messieurs et dames entendent bien, une fois installés, se payer sur la bête. Car la politique est devenue un métier comme un autre, alors qu’auparavant elle représentait une fonction qui venait couronner un parcours professionnel brillant. Je ne veux pas dire qu’il n’y avait pas de margoulins dans ce passé, mais les appétits étaient moindres.

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