Peut-on être un élu, et être cultivé, intelligent ? Et si, en plus, on est une femme ?

La question mérite d’être posée et elle me semble d’importance lorsqu’il s’agit des élus de gauche. Est-ce ma faute si le dernier homme de gauche ayant eu une réelle culture historique, littéraire, politique, philosophique était François Mitterrand ? Son affiliation à la gauche « historique » relevant plus de l’opportunisme plutôt que de la foi dans l’idéologie, il est clair que l’on ne peut pas se fonder sur lui pour dessiner le portrait robot intellectuel de l’homme politique de gauche. Quant à la femme politique de gauche, que dire sans illico passer pour un salopard machiste, misogyne et phallocrate ? Je préfère me taire et laisser parler ces dames. Leurs indéniables compétences, sans oublier leur acharnement à me donner raison de par les propos qu’elles tiennent, sont éloquents et balaient tous les doutes que l’on pourrait encore avoir à leur endroit.

On se rappelle tous les morceaux de bravoure qui ont émaillé, en 2007, la campagne présidentielle de Marie-Ségolène Royal. Entre sa méconnaissance de certains dossiers, sa posture victimaire sur le mode « on me fait toutes les saloperies possibles parce que je suis une femme et une mère« , sa douteuse inventivité lexicale, ont plus fait pour sa défaite que les efforts déployés par son adversaire. Les plus anciens de mes lecteurs se rappellent certainement les bourdes régulières d’Edith Cresson, « grande socialiste » devant l’Éternel, et un des plus calamiteux Premier ministre de la Vème république qui a failli nous fâcher durablement avec les Japonais, les Britanniques, pour n’évoquer que les plus éminents. La liste des pitoyables bas bleus de la politique est longue, aussi je ne vais pas me lancer dans l’établissement d’une liste exhaustive. Je vais me contenter d’illustrer mon propos par deux tweets qui ont été écrits hier par une député socialiste.

13934921_1755899801335532_1754476261126263327_nAnne-Yvonne écrit visiblement plus vite qu’elle ne réfléchit, à moins bien sûr que la stupidité de son propos ne soit due à son abyssale méconnaissance de l’histoire des religions comme de celle du vocabulaire français. Si tel n’avait pas été le cas, elle aurait su que le mot qui a, des siècles durant, désigné les zélateurs du « prophète » Mohamed a justement été, en plus de mahométans, le terme islamistes. Il est attesté pour la première fois en 1697 dans la Bibliothèque orientale d’Herbelot, un professeur du Collège de France. Puis on trouve trace de cet usage dans pas mal d’ouvrages d’auteurs à travers l’histoire littéraire française, jusque dans des écrits de Napoléon Bonaparte. Dans son Dictionnaire de la Langue française, publié dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Emile Littré y donne deux acceptions : « la religion de Mahomet » et « l’ensemble des pays où règne cette religion, dans le même sens que chrétienté par rapport aux pays chrétiens ». En clair, pour ce qui est du caractère récent du mot « islamiste », on repassera. Pan sur le bec !

Autre stupidité énoncé par la belle : les nazis étaient chrétiens. Que certains chrétiens dévoyés aient adhéré au parti nazi, cela n’a rien d’étonnant, après tout, la Sainte Bible ne nous apprend-elle pas que l’Homme est marqué par le péché originel et de fait est imparfait et faillible ? Même (surtout) les gens de gauche le sont. Après tout, il ne me paraît pas inutile de rappeler à cette dinde que les socialistes ont massivement voté les pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain, sans oublier le fait que 17 des 21 membres du gouvernement de Vichy venaient de la SFIO, du Parti Radical de Gauche et de quelques officines de la gauche de l’époque (pacifistes, etc.). Rappel historique d’importance, les nazis ont fait leurs plus bas scores dans les circonscriptions catholiques alors qu’ils cartonnaient dans celles à majorité protestante. Quant à la supposée « christianité » de la doctrine nazie, que dire sinon que les bras m’en tombent devant tant d’imbécillité et d’inculture. Car à moins d’être complètement perdu pour l’intelligence, le caractère néo-païen de l’idéologie nazie est évident, enfin pour tout homme un tant soi peu porté sur l’étude de l’histoire. D’ailleurs, le führer lui-même s’est exprimé, en 1941 et 1942, sur son amour du christianisme :

 » Le coup le plus dur qui ait jamais frappé l’humanité fut l’avènement du christianisme. Le bolchevisme est un enfant illégitime du christianisme. Tous deux sont des inventions du Juif. C’est par le christianisme que le mensonge délibéré en matière de religion a été introduit dans le monde. « 

 » Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme.  »

Citations qui montrent bien que le bonhomme avait saisi le caractère éminemment pacifique de la religion mahométane.
14040061_1755904681335044_1776826011162354163_n« Je suis DE GAUCHE ». A la lecture du précédent tweet, le rappel me semble superflu. L’appartenance de cette pauvre fille à la gauche est patente. Il n’y a que les zélateurs du Parti Socialiste pour se targuer d’appartenir à un mouvement qui brille par la vacuité de ses membres. J’en veux pour preuve la confusion mentale qui pousse la donzelle à faire la différence entre islamistes et musulmans. Autre point qui prouve, s’il en était encore besoin, que pour faire son trou dans ce parti il faut avoir fait la preuve de la bêtise la plus crasse. L’évocation de la Sainte Inquisition en tant que marque du Mal indissociable du catholicisme, en est une des preuves les plus flagrantes. Avant de se souvenir des éléments de langage appris par cœur (ce qui est d’ailleurs demandé aux musulmans pour ce qui est du Coran), il aurait fallu disposer d’une base de connaissances historiques. Car quand on parle d’Inquisition il faut savoir de quoi il retourne. Combien de ces éminents représentants de la nation savent que l’Inquisition se déploie entre 1231 et le XIXe siècle, soit une durée de six siècles, et sur des territoires géographiques et politiques variés ? Combien sont en mesure de faire le décompte entre les peines prononcées et celles qui ont effectivement été exécutées ? Par ailleurs, combien savent que la Sainte Inquisition a été un facteur majeur de civilisation ? Oui, pour aussi étonnant que cela puisse paraître, le système juridique d’avant son apparition était une sinistre farce à base d’ordalies. L’Inquisition apporta la forme moderne de la justice telle que nous la connaissons : une instruction conduite à charge et à décharge fondée sur la collecte de preuves concrètes, circonstancielles, de faisceaux de présomption. Un procès dirigé par un collège de magistrats, animé par un avocat de la défense et un avocat en charge de l’accusation, où la décision est confiée à un collège appelé aujourd’hui « jury ». Concernant les victimes de l’Inquisition à l’époque moderne (XVIe-XVIIe siècle), le nombre des procès est d’environ 128.600 pour un taux de condamnations situé entre 1.5% et 2%, c’est à dire entre 1929 et 2572 personnes. Le nombre de sorcières brûlées dans le contexte de l’inquisition est de 99 pour cette même période. Dans le même temps, dans les pays de l’Europe protestante on brûlait 40650 sorcières. A titre de comparaison, durant la Terreur environ 500000 personnes sont emprisonnées, au moins 100000 sont exécutées ou victimes de massacres ; dont environ 17000 guillotinés, 20000 à 30000 fusillés, et des dizaines de milliers de prisonniers et de civils vendéens, hommes, femmes, et enfants, victimes notamment des massacres du Mans, de Savenay, des colonnes infernales, et des noyades de Nantes. De fait, l’Inquisition apparaît comme un petit joueur en comparaison de ce qui relève des actes commis par les protestants puis par les révolutionnaires.

Aussi, à la lecture de ces quelques précisions lexicales et historiques, il me semble, chère Madame Le Dain, que vous feriez mieux de réfléchir avant de tweeter. Car pour ma part, je considère ces deux exemplaires de votre production comme autant de purs chef d’oeuvre de la crétinerie socialiste. Réussir, en seulement 140 signes, à aligner autant d’approximations, de stupidités, de lieux communs passablement éculés, de contresens, cela relève de la performance. Comme disait le regretté Michel Audiard, vous êtes une synthèse, si la connerie se mesurait, vous serviriez de mètre étalon, vous seriez à Sèvres.

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5 réflexions sur “Peut-on être un élu, et être cultivé, intelligent ? Et si, en plus, on est une femme ?

  1. Merci pour ce billet qui, en plus de rappeler quelques vérités (au temps de l’inquisition bien des justiciables la préférait au tribunal ordinaire car plus clémente) nous montre l’inculture, le sectarisme et la bêtise d’une classe politique indigne de diriger ce pays et qui ne devrait n’avoir qu’un seul droit : celui de se taire.

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  2. Bêtise d’autant plus grande que les études historiques sérieuses existent et sont disponibles. Continuer à affirmer de manière aussi péremptoire ces mêmes poncifs montre à quel point ces gens sont calcifiés du cerveau.

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    • Si seulement la calcification de leur cortex était l’explication, ce serait un moindre mal. Après tout, personne n’est responsable de la maladie qui vous touche. Dans le cas de ces zigotos, mâles et femelles confondus, c’est autre chose. Il s’agit d’aveuglement volontaire. On limite ses connaissances pour ne pas avoir à endurer la douleur de voir ces dernières contredire l’idéologie à laquelle on s’est donné. De fait, comme de bons petits musulmans à qui on ne demande que de connaitre par cœur le Coran, ces gugusses apprennent par cœur des éléments de langage censés leur donner la capacité de répondre à toute objection. L’important n’est pas d’avoir raison en s’appuyant sur des arguments et des faits vérifiés, mais d’avoir le dernier mot. C’est ainsi que cela se passe dans notre ère, celle qui a abandonné l’intelligence pour la communication. Dans un monde qui se nourrit de petites phrases, de polémiques stériles, la Vérité ne peut pas avoir sa place.

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