Coup double

Le rendez-vous était fixé depuis quelques jours, la joyeuse petite bande de blogueurs réacs allait donc se réunir aujourd’hui, à midi, dans une brasserie, place de la Bastille. De la partie, votre serviteur, Corto, Boutfil et son homo conjointus, Mat de Matière de France, Le Plouc émissaire, Marc de La plume à gratter, Maxime Tandonnet, le commentateur assidu Al West, Lo de Du froufrou dans les Feuilles, Vlad d’Un râleur de plus, et Carine de La mouette rieuse.

Comme d’habitude, j’arrive une demi-heure en avance et je tombe sur une sorte de monôme qui se tient sur les marches de l’Opéra Bastille. Le but de l’opération est de manifester en vue d’obtenir la libération de Jacqueline Sauvage qui a été sévèrement condamnée pour le meurtre de son mari, en dépit des dizaines d’années passées, avec ses filles, à subir les coups et les abus sexuels de ce dernier. Visiblement, la cause ne semble pas rassembler beaucoup de monde, puisqu’à peine 200 personnes sont venues suite à l’appel lancé. Autre problème, les animatrices du rassemblement semblent tout droit sorties d’un collectif féministe à la con, ce qui n’est pas l’idéal lorsque l’on espère être crédible. Enfin, et c’est certes un point technique, mais qui disqualifie le discours de ces dames, elles ne cessent d’arguer que l’acte commis était un acte de légitime défense. Or, sans chercher à nier la réalité de ce qui a motivé ces coups de feu, ils ont été tirés dans le dos, ce qui invalide de facto le recours à l’argument de la légitime défense. Quand on veut être entendu, il convient de ne pas tout mélanger, surtout en matière de droit.

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Tout le monde est à l’heure. Une fois installés, nous profitons de l’apéritif pour échanger nos dernières nouvelles, nous enquérir de ce que devient tel ou tel blogueur ou commentateur. Avec l’arrivée des plats, les conversations vont bon train. A tout seigneur, tout honneur, nous commençons pas faire bicher Corto en nous fichant du dernier livre de Sarkozy, qui compte tenu de la volatilité de ses convictions aurait dû être titré « L’importance d’être inconstant« . Puis le feu se disperse, on cause de l’Ukraine, de la réforme de l’Education nationale de Njat Belkacem, d’Obama et des ricains, de la Libye, du foutoir politique actuel, de l’ironie consistant pour un gouvernement de gauche à défendre bec et ongles la déchéance de nationalité qui est plutôt une mesure très, très à droite. Il est évoqué la possible nécessité de devoir créer une association afin de protéger la liberté d’expression des blogueurs, certaines mesures envisagées n’étant pas de nature à susciter l’optimisme, sans parler de la tendance de certains à vouloir tout réglementer, régimenter.

15 heures 20, nous quittons l’estanquet dans lequel nous avons ripaillé. Quelques-uns, tenus par les horaires des transports en commun, partent immédiatement. Le reste décide de poursuivre un peu la discussion à la terrasse du troquet voisin. Puis, vers 16 heures 15, la troupe se sépare. Je rejoins, avec Mat, Marc et Carine, la place des Pyramides pour me joindre à l’hommage au Roy Louis XVI organisé par l’Action Française. L’assistance est variée. On y trouve quelques retraités, des quinquas, des quadras et pas mal de jeunes, tous de divers horizons sociaux mais réunis par l’amour de la France et de sa vocation.

Le cortège, environ 200 personnes, descend la rue de Rivoli, longeant la longue ligne des premiers logements sociaux de Paris, percée sur décision de Napoléon Bonaparte, et dessinée par les architectes Percier et Fontaine. Les fameux bâtiments avec arcades n’avaient pas été destinés à cet usage, mais leur architecture tranchant nettement avec les canons de l’époque, il avait fallu les brader pour que les parisiens viennent s’y installer. Arrivés place de la Concorde, l’hommage au flambeaux débute, puis le cortège repart en empruntant la rue Royale et fait une halte devant l’église de la Madeleine. Alors que le cortège se met en marche pour rejoindre la chapelle expiatoire, Marc, Carine et moi, quittons le groupe pour rejoindre nos pénates, tenus par nos obligations respectives.

Petite déception quand même, nous n’avons pas vu la queue d’un antifa. A croire que les crasseux parisiens sont moins bien nantis en gonades que leurs homologues nantais. On peut aussi imaginer que la déculottée des gauchos bretons les a poussé à la prudence.

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22 réflexions sur “Coup double

  1. comme toujours, un bon moment, mais la prochaine fois, on retournera passage des panoramas, il n’y a pas d’emmerdeurs qui font des colloques dans une brasserie, ouverte et en demandant aux autres de tenir compte de leur présence sans s’occuper de savoir s’ils les dérangent aussi … c’est vivre ensemble quoi…et puis on mange mieux et c’est moins cher , tant pis pour la fausse table ronde !

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  2. Votre compte-rendu attise mes regrets de ne pas pouvoir être des vôtres… Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de participer à une manifestation de l’Action Française! Une autre fois, peut-être.

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    • Je crois que compte tenu de la manière dont le pays barre en quenouille, il y aura de plus en plus d’occasions pour l’AF de manifester dans les rues.
      Il y a, pas si loin de chez vous, enfin tout est relatif, à Bordeaux, une section assez active.

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      • Après un déjeuner sympathique, une manif de l’AF, ç’eût été de la gourmandise de ma part. En revanche, Bordeaux, ça fait loin et je crains que mon aversion pour les manifestations soit trop forte pour avoir envie de parcourir la distance…

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  3. « […] moins bien nantis en gonades que leurs homologues nantais », pfff, rien à voir : c’est simplement que la ville est nantie d’indécrassables gauchisses, ce qui n’est peut-être pas le cas de Paris (ou alors, ils sont dilués). Quant au reste, merci pour ce compte rendu d’une belle journée.

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  4. Compte-rendu fidèle – et bienveillant – d’une réunion qui prend de l’ampleur : nous avons failli être treize à table, seule la défection imprévue de Granpas nous a évité ce funeste cas de figure. Qu’il en soit remercié tout autant que blâmé (je plaisante, du moins pour le deuxième terme).

    J’ai en effet suivi avec le taulier de ce blogue à nul autre pareil et nos deux autres camarades de nauséabonderie l’hommage à Louis XVI. C’était totalement imprévu de ma part, n’étant même pas royaliste, mais je m’associe sans problème à la condamnation de l’injustice – le mot est faible – qui lui fut faite : son exécution fut une vilénie de la pire espèce, qui fut hélas suivie de beaucoup d’autres, durant ce « merveilleux éveil de la France des Lumières surgissant de la barbarie moyenâgeuse de la royauté » dont nous subissons encore certains séquelles funestes aujourd’hui. Un jour peut-être, sur ce triste sujet historique comme sur d’autres (Moyen-âge, guerre de sécession, 39-45, guerre d’Algérie, etc.), un certain nombre de vérités referont-elles surface, modifiant tout ou partie, selon les épisodes historiques évoqués, de la trace qu’en garde ce qui n’est aujourd’hui bien souvent que l’ »histoire officielle » ? C’est à espérer si l’on est attaché à la vérité et à la justice…mais vous le savez tout comme moi : « l’histoire est écrite… » etc.

    J’ai été ému par l’évocation du martyr du Roi sur la place de la Concorde, beaucoup moins par les slogans hurlés par quelques meneurs de l’AF, aussi agressifs et débiles que ceux qu’auraient à mon sens pu pousser les antifas qui, comme le relève notre hôte, manquèrent finalement curieusement au décor… L’idée que je me fait des royalistes (dont encore une fois je ne suis pas, quoique n’ayant rien contre eux) est bien plus celle de deux de mes camarades d’agapes et de marche de ce samedi dans Paris (Je ne sais pas si la seule femme de notre quatuor, bien que détestant la République et les « Lumières », est vraiment pour autant royaliste), toute faite d’érudition, d’élégance et de savoir-vivre, que celle, éructante, exhibée hier après-midi par les guignols évoqués plus haut : c’est bien simple, on aurait cru voir une manif d’Ukrainiens ultranationalistes (coucou La Mouette !) que de royalistes français. D’ailleurs, les deux couleurs des drapeaux de l’AF (jaune et bleu) accentuaient étrangement cette impression).

    Mais paix (et justice) pour le Roi, paix aux hommes (et femme) de bonne volonté qui m’accompagnaient, et mort ou à tout le moins grand coups de pieds au séant (un autre mot me viendrait bien tout naturellement sous la plume, mais je m’adapte à la bienséance raffinée de ce lieu). C’est en tout cas mon voeu pour l’année 2016 !

    En toute amitié

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  5. « Mais paix (et justice) pour le Roi, paix aux hommes (et femme) de bonne volonté qui m’accompagnaient, et mort ou à tout le moins grand coups de pieds au séant »… pour nombre d’autres, et notamment ceux qui depusi trop longtemps nous affligent, bien plus qu’ils ne nous dirigent !

    Pardon pour la seconde partie de la phrase disparue, sans doute perdue dans les méandres insondables de mon cerveau dérangé !

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  6. Nous avons passé une très belle journée, mémorable.
    Cela faisait un bon moment que je n’avais pas pu me joindre au groupe, j’ai été très heureuse de nos retrouvailles et des nouvelles rencontres très chaleureuses.
    J’avais bien dans la tête que le repas se prolongerait par la marche de commémoration, je n’ai pas été déçue ^^.
    J’ai tout aimé, y compris l’affirmation de soi que contenaient ces cris « Action… Française », même si je n’en fais pas partie. Je n’ai pas été choquée.
    A ce moment-là,on peut aussi ne pas aimer les marches à la torche, pour les heures sombres qu’elles évoquent. Perso, cela ne me choque pas, bien au contraire.
    J’aime bien un peu de théâtralité dans l’affirmation de son appartenance : les bannières, les drapeaux, les chants, tout ça…

    Une seule ombre au tableau, hélas, pour notre ami Corto, que nous soutenons dans son malheur.

    Merci Arnaud pour ce très bon résumé de la journée. Je vais relayer 😉

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    • @ La Mouette

      « J’ai tout aimé, y compris l’affirmation de soi que contenaient ces cris « Action… Française », même si je n’en fais pas partie. Je n’ai pas été choquée…. J’aime bien un peu de théâtralité dans l’affirmation de son appartenance : les bannières, les drapeaux, les chants, tout ça… »

      … c’te blague ! Tu m’étonnes, tiens !

      Bises quand même, sale fasciste ! 🙂

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      • Marc

        Haha, je vois !
        C’est à cela que tu faisais allusion (les couleurs…) ?

        (Bannières du Corps Civil d’Azov à Marioupol (13 juin 2015))

        Vu de loin et à la nuit tombante, je dois dire que…

        Bises aussi, bien sûr, sale républicain ! 😉

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  7. Pingback: Déjeûner de blogueurs … | La Mouette rieuse

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