En défense de la crèche de Noël

Depuis quelques années, à l’approche du mois de décembre, nous assistons à ce qui ressemble de plus en plus à un marronnier: la polémique des crèches dans les lieux publics. Pourtant, depuis 1905 et l’adoption de la sinistre loi sur la « laïcité », la république ne s’est jamais pincé le nez lorsque ces fameuses crèches étaient installées dans les mairies et autres bâtiments publics. Il a fallu attendre 2010, et deux abrutis militants de la »libre pensée » (rires), pour voir la première demande d’interdiction de l’installation d’une crèche dans le hall d’entrée du bâtiment du Conseil Général de Vendée. Depuis, année après année, la fumeuse polémique revient, comme la boue en automne dans les chemins forestiers.

Je veux bien croire que certains gauchistes soient des abrutis enragés, incapables de penser librement en dehors des clous de leur idéologie morbide, mais je me refuse à croire que vous êtes tous ainsi, que vous soyez libres penseurs (rires bis), communistes, socialistes, radicaux de gauche, etc. Vous n’êtes pas obligés de me lire et encore moins de me croire. Après tout, je suis certainement celui qui à vos yeux incarne le mal absolu, je suis royaliste et catholique traditionaliste. Pourtant, j’ai la faiblesse de croire que la crèche devrait être, parmi tout ce que vous considérez comme des symboles chrétiens, celui qui devrait vous toucher et même vous émouvoir. je ne vous demande pas de croire en Dieu, mais d’ouvrir vos cœurs.

Après tout, que montre-t’elle sinon un couple, Joseph et Marie qui est enceinte, obligé, par un occupant brutal, de quitter la ville de Nazareth où il réside pour se faire recenser à Bethléem, ville de David, maison à laquelle appartient Joseph. Le voyage est long, difficile, d’autant que le couple n’est pas riche. A leur arrivée la ville est surchargée par tous ceux qui, comme eux, ont été obligés de se déplacer. Ne trouvant pas de logement, Marie, accueillie par des bergers, pauvres parmi les pauvres, accouche dans une grotte servant d’étable et l’enfant passera sa première nuit dans une mangeoire, entre le bœuf que l’on va abattre et l’âne que l’on a battu. Je ne vous demande pas de croire, mais juste de considérer ce que la crèche devrait symboliser à vos yeux. Des pauvres accueillis par encore plus pauvres qu’eux. Cela ne vous parle-t’il pas ?

Dans un tout autre registre, la crèche a de tous temps été le lieu, la nuit de Noël, où se rassemblent les soldats, nuit durant laquelle les armes se taisent pour laisser la place aux chants, à la paix, à la camaraderie et parfois à une courte fraternisation entre armées ennemies. Durant l’antiquité, les combats cessaient le temps des épreuves. Les modernes olympiades n’ont jamais réussi à renouveler ce miracle, alors que depuis au moins 1500 ans il se répète à Noël. Lorsque les combattants se retrouvent autour de la crèche, celle-ci représente pour eux la promesse d’une nuit où ils n’entendront pas les balles siffler, les obus tomber, tuant et mutilant leurs camarades. Comment peut-on refuser qu’un tel symbole d’espérance puisse embellir, l’espace de quelques jours, nos villes ?

Vous qui prétendez être des hommes d’ouverture, de raison, de tolérance, comment pouvez-vous tenir une telle position toute d’intransigeance ? Ne pouvez-vous pas abandonner un instant votre rigueur dogmatique pour considérer ce que peut représenter la crèche de Noël pour des non-croyants ? Pour terminer, je voudrais citer deux phrases. Tout d’abord celle de Sa sainteté Benoît XVI : « La crèche est un élément important non seulement de notre spiritualité, mais aussi de notre culture et de notre art« . Puis celle de Giuseppe Fioroni qui fut ministre italien de l’Education : « La crèche est porteuse de valeurs universelles de paix et de sérénité. Il est profondément erroné de croire que la meilleure façon de construire le dialogue soit le silence assourdissant des interdictions« .

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8 réflexions sur “En défense de la crèche de Noël

  1. Merci pour ce beau plaidoyer. Mais c’est justement pour ces belles raisons que ces gauchistes enragés feront tout, avec le soutien de l’état, pour supprimer la force de ce symbole: ils ne voudront jamais le laisser à la chrétienté, il doit leur appartenir. Seul l’état, seul le socialisme doit représenter et porter ce symbole, et s’ils ne peuvent se l’approprier, alors il préféreraient encore le détruire.

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  2. Voici un commentaire signé : « Lucas, le Suisse errant », à l’article intitulé : « La guerre des crèches » paru chez Corto74 à Noël 2014.

    En tant que maître d’ arts visuels à l’ école publique genevoise, j’ ai pendant de nombreuses années fait faire aux élèves d’ âges variés des crèches de Noël. Un souvenir parmi d’ autres, à l’ époque des jeux miniaturisés japonais :  » la crèche la plus petite que vous puissiez concevoir », modelée en terre. Sacrés gamins, toujours là pour nous surprendre (de moins en moins) en allant droit au but. La miniaturisation facilitait la chose. Qu’ est-ce qu’ une crèche ? Un papa, une maman, et l’ enfant, mézigue, quoi! Avec un toit plus ou moins branlant pour nous protéger des intempéries. Jésus, c’est donc moi, nous et qu’on y croie ou non, c’est l’idée – je prends des précautions – de l’ amour, de la lumière du coeur. Ca fait pas de mal où ça passe, un peu d’ amour, un amour désintéressé, de s’ en rappeler une fois par année, d’ une façon ou d’ une autre. Dans notre affaire, c’ est aussi un symbole. C’ est très puissant, très riche et pratique, les symboles. Ca synthétise dans une forme ou une idée un maximum d’informations et c’ est créatif et même interactif !
    Je me rappelle avec émotion d’ anges, façonnés comme on pouvait, jumbos écrasant de leurs masse et larges ailes les scènes, ou échoués comme des baleines, plus éloquents que mille discours.

    Aujourd’hui je ne propose plus de crèches car il faut prendre trop de précautions, fournir trop d’explications préliminaires. C’est emm…au plus haut point. Demander à un « créateur », artiste, enfant ou autre, ou même un enseignant, d’ expliquer le pourquoi, le comment, etc…d’ un acte créatif, c’est le stériliser d’ office. Bof.

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  3. Ah oui, merci pour ce très beau plaidoyer. Heu… « dans une mangeoire à bestiaux », voulez-vous dire entre le bœuf que l’on va abattre et l’âne que l’on a battu ?
    Joyeuses fêtes de Noël à vous et aux vôtres, cher hôte.

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  4. Pingback: Dissidences… | La Mouette rieuse

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