C’est pourtant évident, non ?

                               L’islam, la guerre et les Français

                              « La France n’a pas été visée pour ce qu’elle fait, mais pour ce qu’elle est. »

Dans son éditorial, Inna Doulkina, rédactrice en chef du Courrier de Russie, exprime le sentiment d’un grand nombre de Russes sur les attentats du 13 novembre.

Crédits : Lukas Schulze/dpa

Vous croyez que les islamistes cherchent à vous effrayer ? Non, ils ne cherchent qu’à vous exterminer. Et ils se fichent de savoir si vous continuez d’aller en terrasse, au match ou en boîte. Si vous le faites, fiers et contents de vous – tant mieux pour eux, vous leur faciliterez la tâche. Ils reviendront vous y assassiner. Et si vous vous retranchez dans vos appartements – qu’à cela ne tienne : ils enfonceront vos portes et vous assassineront chez vous, avec vos vieux, vos gosses et vos poissons rouges.

Parce qu’ils ne veulent pas se venger de vous, vous faire perdre courage ou vous rééduquer – ils veulent simplement que vous cessiez d’exister, tels que vous êtes. Parce que pour eux, vous êtes indignes de vivre. Et que vous tuer leur garantit un accès direct à leur monstre divin auquel vous ne croyez pas – mais c’est votre problème, car ils y croient, eux.

Par vos messages pleins d’émotion et vos manifestations de solidarité, vous tentez de leur dire quelque chose. Que vous n’avez pas peur, qu’ils n’auront pas votre haine. Vous essayez d’entrer en dialogue avec eux, de leur exprimer vos sentiments, de toucher leur cœur, d’interpeller leur humanité.

Vous vous dites que pour en arriver là, ils ont certainement dû avoir une enfance très difficile : ils ont forcément été maltraités, humiliés, battus, abusés. Ils n’ont jamais été réellement aimés, on les a empêchés de grandir. Et maintenant, pauvres gosses, ils n’ont que ce recours de déferler leur haine sur un monde qui les a si cruellement rejetés. C’est notre faute, s’ils en sont là aujourd’hui, vous dites-vous. Presque malgré vous, vous tentez sinon de justifier leurs actes, du moins de les comprendre. Et c’est tout à votre honneur. Mais pas de chance. Intéressez-vous aux parcours de ces Samy, Bilal et Abdelhamid. Lisez les témoignages de leurs proches et amis. Ces gens viennent pour la plupart de familles aussi normales que les vôtres. Ils ont eu des parents aimants et attentifs. Ils n’étaient pas exclus. Ils étaient parfaitement intégrés. Ils n’ont pas connu la misère et ont eu une vie cent fois plus décente que des milliers de mes compatriotes. Ils n’étaient pas en échec scolaire, et certains étaient même des premiers de classe. Ce n’étaient pas des boucs émissaires. Ce ne sont pas des damnés de la terre ni des forçats de la faim. Ils sont ce qu’ils sont. Des criminels. Des assassins. Des hommes et des femmes qui se sont arrogé le droit de tuer. Et pas pour remplir leur vide émotionnel ou satisfaire leur besoin d’amour, mais parce qu’ils ont été séduits par une idée. Ils ont réellement cru que le monde est ainsi fait : que seuls les musulmans qui respectent à la lettre la charia ont le droit de vivre. Que les autres se convertissent, ou qu’ils meurent. Et d’ici là, vos belles paroles n’émeuvent que vos amis Facebook – eux, elles les impressionnent autant que le bêlement d’un mouton. Il est gentil, le mouton, mais bêler ne l’empêchera pas d’être égorgé le jour venu. Parce qu’Allah le veut.

Bien sûr, vous pouvez ne pas y croire. Vous pouvez vous dire que si votre jeunesse se radicalise et s’en va couper la tête des Syriens et les brûler vivants dans des cages, c’est pour des raisons sociales. Vous pouvez vous demander comment remédier aux problèmes que les Français issus de l’immigration rencontrent au quotidien. Et vous le faites. Pourquoi ne pas bannir les crèches de Noël des mairies, tiens ? Bien sûr ! Le musulman qui passe devant ce symbole chrétien, ce signe ostentatoire d’une religion qui n’est pas la sienne, risque de se sentir blessé, discriminé, banni, désespéré… Et que lui restera-t-il à faire, sinon acheter une kalachnikov à un autre de ses potes désorientés, perdus et sans repères, pour aller mitrailler les Français en terrasse ? Mais vous avez tort : si vos voisins de quartier et copains d’école vous tirent dessus, ce n’est pas par désespoir – c’est par plaisir. Les goûts et les couleurs, hein… : les uns aiment boire des coups en terrasse, les autres préfèrent faire exploser des infidèles. Ça les lave de leurs péchés et leur permet d’espérer la miséricorde de Celui qu’ils aiment plus que vous. Vous ne croyez pas à leur réalité – qu’à cela ne tienne ! : ils ne croient pas plus à la vôtre. Vous pensez mener une vie normale et sans histoires ? Mais pour eux, allumer une cigarette, embrasser ses collègues le matin ou regarder une femme chanter sur scène – c’est insulter leur dieu. Et vous, vous le faites sans vergogne, sans répit. Qu’espériez-vous mériter, à leurs yeux, sinon la mort ?

Vous dites refuser d’y croire. Vous affirmez ne pas vouloir laisser la haine pénétrer votre cœur, ni le désir de vengeance empoisonner votre existence. Vous déclarez que si le malheur est arrivé, c’est parce que la France est entrée en guerre, a frappél’État islamique et s’est attiré les foudres de ses habitants. Dans votre effort de compréhension, vous vous dites que pour être si durement blessés, c’est que vous avez dû blesser les premiers. Qu’il ne peut s’agir que d’une réaction à une actiondéclenchée par vous.

Selon cette logique, pour que l’horreur prenne fin, la France devrait se contenter de cesser d’agir : ne plus « semer la destruction et la mort », renoncer à ses frappes, quitter le théâtre de la guerre, brandir le drapeau blanc et poser la main sur son cœur. Dire aux habitants de l’EI que nous sommes tous frères et que Fuck, la guerre ! Après tout, vous pouvez toujours essayer. Tentez donc de les convaincre que vous êtes de la même race humaine. Mais je crains qu’ils en doutent fort. Voire qu’ils soient intimement persuadés du contraire.

La France aurait pu ne rien faire, ne pas participer à la moindre guerre et brûler tous ses fusils – cela ne l’aurait pas protégée des attentats. Car la France n’a pas été visée pour ce qu’elle fait, mais pour ce qu’elle est. La France a été attaquée pour ce qu’elle nie depuis deux siècles avec un stupéfiant acharnement : ses racines chrétiennes. Ça ne vous dérange pas, de vivre aux côtés de musulmans, pas vrai ? Mais le problème, c’est que ça dérange profondément certains d’entre eux, de vivre auprès de vous. Votre nourriture, vos vêtements, vos livres, vos films, vos spectacles, vos musées, vos danses, vos chants, vos blagues – tout cela les agace. C’est toute votre civilisation qui les irrite. Car rien de ce que vous faites, rien de ce dont vous vous permettez encore d’être fiers n’est permis par leur religion. Sachez-le : le Louvre n’est pas plus halal que Charlie Hebdo ! Vous m’en voyez navrée. Pour un musulman, l’intégration à la société française passe nécessairement par une prise de distance avec sa religion, une relativisation significative de ses préceptes, sa réduction au domaine culturel et identitaire. Pour devenir un Français heureux, un musulman doit, dans une certaine mesure, cesser d’être musulman. Car l’islam, pris au pied de la lettre, est incompatible avec la France.

Vous aurez beau fermer vos cathédrales, rayer les mentions de votre Église de vos manuels scolaires et mettre l’accent sur la dimension arabo-musulmane de l’histoire de France, vous ne sauverez pas votre peau. À leurs yeux, vous resterez des « croisés », des ennemis. Ces familles russes qui rentraient de vacances en Égypte et ont explosé au-dessus du Sinaï, elles aussi, étaient pour eux des « croisés ». Les islamistes sont là pour vous rappeler qui vous êtes – pour nous rappeler qui nous sommes : ils nous renvoient ce miroir où nous refusons de nous voir. Ils sont là pour nous dire que non, nous ne sommes pas des citoyens du monde – mais bien les enfants de nos parents. À force de clamer haut et fort que nous n’avons pas de racines, seulement des ailes, qu’il ne faut pas tenir plus à sa culture qu’à une autre, car, au fond, elles se valent toutes et sont interchangeables et qu’il suffit de vivre en Chine pour devenir Chinois, nous nous sommes approchés d’un point de renoncement au-delà duquel il n’y a plus que le vide. Toutes les cultures se valent ? Tu ne veux pas mourir pour ta civilisation ? Parfait ! – enfile ce voile, ma sœur, et prends cette arme, mon frère. Vous ne voulez plus être français ? Devenez de bons musulmans !

Source : Le Courrier de Russie

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10 réflexions sur “C’est pourtant évident, non ?

  1. Trois remarques sur ce texte :

    1. C’est aux Russes qu’il aurait dû être adressé, et non aux Français. Les Russes qui, nous dit-on, soutiennent Vladimir Poutine à 80 %, 90 % ou 110 % — je ne me souviens plus. Car ce même Vladimir Poutine a déclaré : la Russie est un pays musulman.

    Ce qui est vrai, d’ailleurs. Les Français oublient en général ce petit détail : la Fédération de Russie est bourrée à ras bord de musulmans autochtones, qui sont aussi russes que vouzémoi. Et là, c’est vrai, contrairement à ce qui se passe pour la France, où les musulmans sont allogènes.

    2. Les terroristes musulmans ont effectivement eu une enfance très difficile ; ils ont été maltraités, humiliés, battus, abusés, ils n’ont jamais été réellement aimés, on les a empêchés de grandir. Car c’est ce que l’islam fait à tous ses enfants, et pas seulement à ceux qui deviennent des terroristes. Le phénomène est bien documenté. Mais c’est tellement politiquement incorrect que même Poutine ne peut pas le dire…

    3. La conclusion normale d’un vrai patriote français, face à la joie mauvaise qui éclate dans ce texte de propagande russe destiné à des Français dans le malheur, est qu’on ne peut évidemment pas faire confiance à des gens pareils, et que ce sont les derniers avec lesquels nous devrions nous allier. Au sens où l’entend l’extrême droite française et européenne, du moins.

    Que Monsieur Poutine ait décidé de se sortir les doigts du cul, et d’aller enfin risquer la vie de ses soldats aux côtés des soldats américains, britanniques, français, canadiens et j’en passe, qui eux sont au feu depuis plus d’un an que le tsaricule du Kremlin se contente de bavarder et de fanfaronner sur la scène internationale, c’est une chose. On ne va pas non plus lui tirer dessus pour le dissuader. On n’est pas des sauvages, nous. On est des chrétiens, nous : on pardonne au pécheur.

    Mais enfin, c’est avec une longue fourche pointue qu’il convient de discuter avec ce monsieur.

    Des types qui envoient, au premier rang, des femmes pour insulter leurs soi-disant « alliés » dans le malheur, ne sont évidemment ni des hommes dignes de ce nom, ni des camarades d’armes auxquels on pourrait confier sa vie.

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    • J’ai du mal à comprendre où vous voulez en venir. Je ne crois pas qu’il y ait de joie mauvaise là-dedans, ce texte est intéressant car il dit tout simplement la vérité : les terroristes musulmans ne veulent pas nous faire peur, ils veulent nous tuer ou nous convertir. Et de ce point de vue, il me semble que les compromissions de la classe politique française avec les régimes saoudiens et qataris sont bien plus délétères que ce que vous considérez comme des fanfaronnades poutiniennes. Certes, Poutine ne viendra pas nous sauver juste pour nous faire plaisir, mais je ne suis pas sûr que s’allier aux américains vaillent beaucoup mieux. Que proposez-vous à la place ? S’allier à la Belgique ?

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      • Les ricains sont des alliés indéfectibles des saoudiens depuis le pacte du Quincy. Il n’y a rien à attendre d’eux. Ils n’ont plus rien qui les relie à l’Occident chrétien, c’est à dire la vieille Europe. Ils vendraient jusqu’à leur âme pour l’accès au pétrole et au gaz.

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  2. Il est vrai que les françaises ont de meilleures réponses, par exemple : « La logique guerrière et sécuritaire ne nous aidera pas à combattre DAESH. Il faut opposer à Daesh plus de service public,plus de solidarité. »

    Je ne fais pas dans l’angélisme, je sais fort bien que la Russie ne fait rien pour rien, mais au moins elle fait partie de notre continent, la foi orthodoxe bien que différente a plus de points communs avec le catholicisme qu’avec le protestantisme, surtout si ce dernier est à la mode WASP.

    Quant aux frappes françaises, si j’en crois ce qui s’en dit auprès de différentes sources, elles ne semblent pas être vraiment efficaces depuis plus d’un an, pas plus que celles des ricains d’ailleurs qui jouent un jeu particulièrement trouble avec différents groupes djihadistes soi-disant modérés, comme si cela pouvait exister.

    Enfin, lorsque je lis « vrai patriote français » sous votre plume, je ne peux m’empêcher de penser que vous voulez dire « valet des USA ». C’est votre droit, mais ne venez pas me parler de patriotisme s’il vous plaît.

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  3. Je suis d’accord avec la prise de distance critique de Robert envers Poutine, et en particulier le fait qu’il n’est nullement un rempart contre l’islamisme en Russie. En revanche, Je ne fais pas plus confiance en la Maison Blanche, qui ne travaille également que pour ses intérêts, peu importe le chaos que ses interventions causeront.

    Pour le reste, pardon mais « Les terroristes musulmans ont effectivement eu une enfance très difficile… blabla… c’est ce que l’islam fait à tous ses enfants, et pas seulement à ceux qui deviennent des terroristes… » Je ne sais pas où, dans quel pays ou région du Pakistan ou d’Afghanistan cette assertion est vraie, mais la jeunesse maghrébine de France, du Maghreb, et d’Afrique en général, se distingue par une vitalité, une assurance et une fierté qui fait singulièrement défaut à notre jeunesse française.
    Ce que vous décrivez là, ça me semble juste être l’éducation reçue par la jeunesse de cette culture musulmane, qui en fait de petits guerriers, de fiers petits hommes, auxquels on peut comparer toute une génération de jeunes français déculturés, décérébrés, déracinés par une éducnat et une éducation parentale consternante.
    Si vous croyez que c’est à coup de « pardonne au pêcheur » que cette jeunesse doit être éduquée, alors il va falloir par commencer à les instruire des fautes à pardonner. Et certaines « fautes » ne sont pas pardonnables. Et c’est avec une longue fourche pointue qu’il convient de discuter avec ces messieurs de l’islam. Et du Pentagone aussi, d’ailleurs.

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    • Le problème, c’est que le christianisme sert surtout d’alibi à toutes les couilles molles qui encombrent l’Occident. Pourtant, les évangiles ne sont pas avares en paroles fortes : « Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. », « Que votre oui soit un oui, votre non un non », « je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive », etc. Pardonner au pécheur, n’a jamais signifié que l’on doit abandonner toute idée de défense voire même de guerre. Il me semble que de nombreux docteurs de l’Eglise se sont penchés sur la guerre juste. Dieu vomit les tièdes.

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      • Oui, je crois que c’est ce que Chesterton appelait ces « valeurs valeurs chrétiennes devenues folles ». Phénomène que j’ai découvert sur le blog de Boizard et le vôtre, d’ailleurs.

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  4. En effet, les amiraux Fiodor Uschakov ou généraux Skobelev avaient su apporter une réponse bien différente aux musuls qui leur soufflaient dans les bronches.

    Je constate que l’on a encore droit à une belle connerie pondue par Marchenoir.

    L’immigration joue en Russie un rôle, mais ce n’est pas la même qu’ailleurs. Ou des Russes provenant d’autres anciennes républiques Soviétiques, ou des Arméniens, Géorgiens Chrétiens et en général amicaux envers la Russie, ou des Caucasiens Tcherkesses, Adyghéens, Kalmouks, ou des Turkestani d’Asie Centrale. Tous ont longtemps vécu sous la culture Russe, parlent le russe (parfois mal, mais en général assez bien), vivent un
    mode de vie Soviétique identique aux Russes, connaissent l’héritage culturel, littéraire Russe qu’ils ont étudié à l’école et vivant un mode de vie d’avantage Russe qu’islamique. Cette efficactité du modèle Russe plus que n’en n’ont les modèles Américains ou républicains Français à transformer l’islam et à changer la mentalité des musulmans fait que ce pays est bien plus détesté par les autres musulmans que les USA ou la France.

    Leur islam même, outre l’inspiration Nakhbandiya ou Khalwatya d’Asie Centrale et du Caucase fondée au XIIème et XIVème siècles), mélange bien des modes de vie qui n’en font qu’un lointain rapport avec le salafisme. De plus, la Russie veille à ce que leur comportement reste correct et, lorsque, vers 2008-2009 certains eurent un discours agressif et revendicatif dicté par certaines officines « occidentales » (le type de vocabulaire, les formules trahissaient la provenance. Ils ne pouvaient pas avoir inventé un tel discours), les autorités eurent vite fait de les remettre à leur place par les mesures d’expulsion appropriées.
    Outre que ces mouvements de population sont plus anciens et plus naturels qu’en France (où ils sont effectivement artificiels et concertés), ils sont aussi plus surveillés. Les musulmans à Moscou, bien plus discrets en dehors des fêtes (peu de femmes voilées à Moscou) n’offrent pas le même profil qu’en France. Il y a ensuite de la part de Poutine des faits et déclarations qui sont essentiellement politiques, afin de donner aux différentes
    communautés religieuses un sentiment d’appartenance à la Russie. On peut ne pas toujours être d’accord avec, mais elles ne sont pas
    différentes de celles que firent les empereurs, ne sont pas nouvelles et encore faut-il les replacer dans leur contexte, à leur juste proportion. Cela fait 15 ans qu’il les tient et la Russie n’est pas plus islamisée de nos jours (Recensement de 2010) que sous le recensement d’Alexandre III, ou celui de 1897 qui comptait alors 44 pour cent de Russes, 11 pour cent de Turcophones (environ 12 pour cent de musulmans en tout), certainement bien moins que la France. C’est ce que montrent TOUS les chiffres (et pas seulement une poignée extrapolée) pris dans leur contexte et leur véritable signification et implication, avec toutes les autres circonstances historiques et culturelles autour. Comme quoi la réalité est un peun plus complexe que des histoires de chiffres ou faits sortis de leur contexte, voire complètement fantasmés.

    De même il n’existe pas autant de mosquées à Moscou qu’à Paris. La mosquée qui a été reconstruite et agrandie existait déjà depuis longtemps (1904, première mosquée en bois en 1782 sous Catherine II, qui a contribué à fonder le « modèle de Kazan » de coexistence pacifique et loyale de l’islam en Russie, modèle fragile, qui doit toujours être surveillé, mais qui tient. Il demeure dans le monde musulman cependant très marginal et pas forcément exportable. Construite justement en hommage à la vaillance et la loyauté des soldats musulmans Tatars et autres dans les rangs de l’Armée Russe en 1812 ou 1905 (ce malgré les guerres contre les Turcs en 1774 et autres). Et ni Catherine II qui libéra la Crimée avec Grigory Alexandrovitch Potemkine (1739-1791), ni Nicolas II ne sont pro musulmans ou des serviteurs du mondialisme…
    De même y avait-il beaucoup d’échanges entre les USA d’Howard Taft et la Russie Impériale de Nicolas II, des investissements des banques US en Russie sous Nicolas II, ce dernier n’est pas devenu serviteur de la finance pour autant.
    Cette mosquée a été agrandie simplement parce que la ville est passée à 11 millions d’habitants, ce qu’elle n’était pas autrefois.

    Les églises ont aussi été agrandies, les anciennes reconstruites, de nouvelles bâties pour une population Chrétienne Orthodoxe qui a explosé bien plus que la musulmane en Russie (7000 mosquées sur toute la Russie aujourd’hui, 5000 rien que pour le Nord Caucase, 2248 déclarées en France. 4 mosquées seulement à Moscou contre 25 sur Paris plus une quarantaine de salles de prière. A comparer au plus de 1056 églises sur Moscou, selon le Patriarche Cyrille le 20 décembre 2014, contre 837 en 2010, avec liturgie hebdomadaire dans 436 églises. Et ce n’est pas encore suffisant, même si la proportion de Croyants ne dépasse pas le seuil habituel de 14 pour cent de gens pratiquant une fois par mois (Chiffre multiplié par 7 depuis 1991).

    Le 17 pour cent en 1989, le nombre de Croyants Orthodoxes passe à 68 pour cent en 2013. Chiffres à prendre avec les réserves, marges d’erreur et approximations de définitions habituels. La Russie a, de par son absence de frontières naturelles, ou de par ses frontières naturelles fragiles, toujours été amenée à être un empire qui a toujours été multiethnique, avec cependant un référentiel Chrétien Orthodoxe, Russe et impérial dominat, bien présenté aux autres qui, en général, en ont accepté la prédominance. Cela fait 15 ans que Poutine tient ces discours purement circonstantiels, avec lesquels on peut ne pas être entièrement d’accord mais qu’il faut replacer dans leur contexte (le rappel des « valeurs » musulmanes ayant aussi une valeur d’avertissement dans son discours, avertissement demandant aux musulmans d’être et d’agir conformément à ces valeurs-là et pas à autre chose), cela fait 15 ans que certains hurlent à l’islamisation de la Russie et 15 ans que rien ne se passe, alors que la situation démographique et la complaisance envers les lobbies a certainement été bien plus
    grande sous Elstine (et ceux qui gueulent aujourd’hui ne disaient rien alors). Certaines régions musulmanes sont dans l’Empire Russe depuis le début du XIXème siècle, voire de puis le XVIème (1552 pour Kazan), avec un taux de natalité qui était alors certainement bien plus fort compte tenu d’un mode de vie alors bien plus traditionnel, et l’Empire Russe n’est pas devenu spirituellement ni ethniquement musulman pour autant.
    Il y avait en fait moins de Russes ethniques et d’Orthodoxes en proportion dans l’Empire en 1897… En bref, il n’y a pas plus d’ »islamisation » de la Russie que de culture chez les utralibéraux.

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