Service public contre service comique

L’article avec le titre original :

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La version revue et corrigée peu après :

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Si j’en crois ce qui se dit dans le milieu journalistique parisien, les folliculaires qui œuvrent au sein de Radio France tiendraient le haut du pavé, leur respect de la déontologie en acier trempé. Pourtant, ces deux captures d’écran semblent militer pour un journalisme à géométrie variable, suivant le vent mauvais de l’opinion publique.

La première version, loin d’être simplement factuelle, n’est rien d’autre qu’un papier de plus destiné à accréditer l’idée que les avertissements lancés par les partis de droite et d’extrême droite ne s’appuient sur aucune réalité. Qu’importe que tel ou tel pays ait intercepté quelques barbus dans le flot des migrants, le réel doit plier devant le dogme. Et le dogme c’est que l’étranger, non pas l’européen, il est par trop clair et beaucoup trop chrétien, est une pauvre victime qui fuit la guerre qui sévit dans son pays. Il faut donc l’accueillir à bras ouverts, quitte à vider quelques foyers de sdf ou de femmes battues pour cela. Qu’importe si les hommes, jeunes et visiblement alertes, constituent l’immense majorité de la vague qui se prépare à submerger l’Europe. Il faut être bien clair, ce n’est pas parce que Marine Le Pen dit qu’il pleut, et que l’on se prend des trombes d’eau sur la figure, qu’il faut reconnaître qu’elle peut avoir raison.

Seulement voilà, ce putain de stagiaire a fait irruption dans la salle de rédaction. « Les gars, parmi les kamikazes du Bataclan il y avait un syrien qui était entré en Europe par la Grèce. Et puis il y a un égyptien, mais on a aucune info sur lui pour l’instant« . La tuile de Nicolas Chapuis qui retombe : «Putain je suis dégoûté que ce soit pas un nazi». Ça ne s’arrêtera donc jamais ? Bon, ben va falloir refaire l’article les gars, mais mollo hein, on veut bien reconnaître que c’est une possibilité, bien obligés, mais du bout des lèvres. Il ne faudrait quand même pas faire le jeu du Front National. On va donc poser la question, puis on va laisser entendre que ce n’est pas sérieux puisque les types du ministère doutent.

Moi je dis bravo. Il n’y a pas à dire, ça fait plaisir de voir une telle rigueur journalistique, une telle rectitude intellectuelle. On se dit que les quelques 136€ lâchés cette année au titre de la contribution à l’audiovisuel public sont bien employés. Quand je vois ça, je me dis que l’on ferait mieux d’envoyer ce pognon directement rue de Solférino, ça serait moins hypocrite.

Si vous avez envie de rire (j’ai surligné en rouge les passages les plus drôles) :

Charte d’éthique professionnelle des journalistes

SNJ, 1918/38/2011

Il s’agit ici de la dernière version de la Charte de déontologie, fondatrice de la profession, adoptée par le Comité national en mars 2011, pour le 93e anniversaire du SNJ.


Le droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre.

Ces principes et les règles éthiques ci-après engagent chaque journaliste, quelles que soient sa fonction, sa responsabilité au sein de la chaîne éditoriale et la forme de presse dans laquelle il exerce.

Cependant, la responsabilité du journaliste ne peut être confondue avec celle de l’éditeur, ni dispenser ce dernier de ses propres obligations.

Le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication. Son exercice demande du temps et des moyens, quel que soit le support. Il ne peut y avoir de respect des règles déontologiques sans mise en œuvre des conditions d’exercice qu’elles nécessitent.

La notion d’urgence dans la diffusion d’une information ou d’exclusivité ne doit pas l’emporter sur le sérieux de l’enquête et la vérification des sources.

La sécurité matérielle et morale est la base de l’indépendance du journaliste. Elle doit être assurée, quel que soit le contrat de travail qui le lie à l’entreprise.

L’exercice du métier à la pige bénéficie des mêmes garanties que celles dont disposent les journalistes mensualisés.

Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte ou exprimer une opinion contraire à sa conviction ou sa conscience professionnelle, ni aux principes et règles de cette charte.

Le journaliste accomplit tous les actes de sa profession (enquête, investigations, prise d’images et de sons, etc…) librement, a accès à toutes les sources d’information concernant les faits qui conditionnent la vie publique et voit la protection du secret de ses sources garantie.

C’est dans ces conditions qu’un journaliste digne de ce nom :

• Prend la responsabilité de toutes ses productions professionnelles, mêmes anonymes ;

Respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence ;

Tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles ;

• Exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent ;

• Dispose d’un droit de suite, qui est aussi un devoir, sur les informations qu’il diffuse et fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révèlerait inexacte ;

• N’accepte en matière de déontologie et d’honneur professionnel que la juridiction de ses pairs ; répond devant la justice des délits prévus par la loi ;

Défend la liberté d’expression, d’opinion, de l’information, du commentaire et de la critique ;

• Proscrit tout moyen déloyal et vénal pour obtenir une information. Dans le cas où sa sécurité, celle de ses sources ou la gravité des faits l’obligent à taire sa qualité de journaliste, il prévient sa hiérarchie et en donne dès que possible explication au public ;

• Ne touche pas d’argent dans un service public, une institution ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;

• N’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;

• Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ;

• Cite les confrères dont il utilise le travail, ne commet aucun plagiat ;

• Ne sollicite pas la place d’un confrère en offrant de travailler à des conditions inférieures ;

• Garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations ;

• Ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge.

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2 réflexions sur “Service public contre service comique

  1. Hélas rien de nouveau, il fut au minimum être de gauche, plus surement d’extrême gauche pour collaborer ( jamais ce mot a sonné si juste ) a France Télévision et ses déclinaisons.

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