Saint-simoniens

S’il y a bien une chose qui m’exaspère chez les politiciens actuels, c’est cette manière qu’ils ont de chercher à tout prix à désincarner les choses. En cela, ce sont les dignes descendants spirituels de Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon que l’on peut considérer comme le fondateur de l’idéologie technocratique, illustrée par sa maxime : « il faut  remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses ». Ces hommes et ces femmes politiques évoluent dans un monde fait non pas d’hommes et de femmes de chair et d’os. En fait, ils ne voient que des administrés, des assujettis, qui ne vivent pas dans des terroirs précis avec des traditions, une culture, une langue, mais dans des « territoires » qui doivent être gérés uniformément, de manière égalitaire. La France, les provinces, les pays, les communes, n’ont aucune réalité pour ces gens, le rouleau compresseur idéologique républicain est passé par là, ce ne sont que des « territoires », seule la taille diffère. Pour eux, la carte est le territoire, au même titre que la république est la France. Au passage, on notera que ce terme de « territoire » relève de monde animal comme de la voyoucratie, pour le délimiter on pisse autour ou on le tague. Il fleure bon l’instinct, la victoire de la nature sur la culture, prouvant une fois de plus, s’il en était encore besoin, que le progressisme n’est qu’un primitivisme. Ils peuvent bien honnir les idéologies totalitaires du XXème siècle, avec une nette prédilection pour celles qui sont, à tort, considérées comme d’extrême droite, le fond de leur pensée peut se résumer à : un peuple, un pays, la république. Qu’importe qui peuple ces « territoires ». Ils peuvent bien être du cru comme importés d’on ne sait trop où, seul compte le fait qu’ils leur reconnaisse la même identité que ceux dont l’existence est liée à cette terre depuis des siècles. Dans le fond, ce ne sont guère que des syndics de copropriété qui gèrent notre patrie comme je ne sais quelle résidence où seuls comptent les millièmes occupés par tels ou tels. La question de la légitimité n’a aucun intérêt à leurs yeux, seule compte la légalité. Et c’est, somme toute, assez logique puisque pour ces gens la réalité n’a aucune importance, seule compte leur idéologie. La république fabrique des citoyens, pas des hommes et des femmes façonnés par une histoire millénaire. Dans leur république idéale, les citoyens n’ont de devoirs qu’envers la république et doivent s’émanciper de toutes les autres attaches : familiales, religieuses, etc., considérées comme autant d’écrans entre l’homme et la république. Elles sont donc dépeintes comme des résidus de l’ancien temps, nécessairement celui du malheur, et de fait combattues. Et quelle meilleure arme pour les abattre que celle du langage ? Ils se sont donc attaqué à la langue française en s’attachant à transformer le sens des mots, reprenant à leur compte les idées du Doktor Josef Goebbels : « Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu’ils ne puissent plus exprimer que nos idées. »

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