La culture d’Etat

« Dans son documentaire « A l’Elysée, un temps de président », diffusé lundi prochain sur France 3, le réalisateur Yves Jeuland a filmé les coulisses de la présidence de François Hollande, au plus près du chef de l’Etat.

En découle plusieurs passages croustillants captés à l’Elysée. Comme lorsque François Hollande briefe Fleur Pellerin, fraîchement nommée ministre de la Culture fin août 2014.

« Il y a plein d’idées qu’on peut avoir. C’était la grande force de Lang. Vois Jack, il a des idées. Ton premier rendez-vous à avoir, c’est avec Jack et Monique [sa femme, NDLR]. » « Va au spectacle. Tous les soirs, il faut que tu te tapes ça, et tu dis que ‘c’est bien’, que ‘c’est beau' », conseille le chef de l’Etat à la nouvelle membre du gouvernement.

Une vision quelque peu réductrice de la fonction de ministre de la Culture.« 

Source : L’Obs

Une vision quelque peu réductrice. Que c’est dit en termes élégants. On savait que Fleur Pellerin lisait peu, voire pas du tout, maintenant nous apprenons qu’elle est la voix de son maître. Sarkozy avait, dit-on, l’habitude de considérer ses ministres comme de simples collaborateurs, Hollande en a fait des perroquets. Bien entendu, personne n’entendra la belle dire du bien du magnifique « Dialogue des carmélites » de Bernanos, en revanche elle est en première ligne lorsqu’il s’agit de défendre les créations de  Paul MacCarthy ou d’Anish Kapoor.

En fait, il semble que la ministre soit étrangère à la culture, comme son collègue Fabius est étranger aux affaires, enfin celles du monde, parce que les autres, celles qui mènent au pénal il en a une intime connaissance. Vous doutes ? Lisez donc cet extrait d’un article de Catherine Nay publié dans Valeurs Actuelles :

« La ministre a accepté de recevoir le Petit Journal dans son bureau. À ses risques et périls. La caméra fait avec elle le tour du propriétaire. Et l’on va de surprise en surprise. Une petite boîte traîne sur l’étagère. « Qu’est-ce ? », interroge le journaliste. « Je ne sais pas ; probablement un cadeau », répond la ministre. Sur le sol, des cartons remplis de dossiers. « Qu’est-ce ? — Des rapports… Je ne sais pas très bien. » La caméra caresse des rayonnages chargés de livres. Elle fait comprendre qu’elle n’en a lu aucun. Un grand tableau est accroché au mur. « Qui est le peintre ? — Je ne le sais pas. » Une absence préoccupante de curiosité. Et la série noire continue. Elle échoue à mettre en route son lecteur CD. Épreuve suivante : la télévision qu’elle ne réussit pas à allumer. Un massacre ! »

La belle se vante du succès des journées du patrimoine, version 2015, qui mettaient l’accent sur le patrimoine architectural du XXIème siècle. Les mauvais esprits, dont je fais partie, pensent qu’il s’agissait de masquer le piteux état dans lequel se trouve notre patrimoine architectural. Les monuments sont souvent dans un état proche du délabrement, abandonnés par un ministère qui considère que le passé, et bien c’est le passé, ce qui l’arrange car les caisses sont vides. C’est ainsi que l’on a pu voir, incrédules, que les portes de l’aéroport de Guadeloupe ou une station d’épuration en Dordogne ouvraient leurs portes aux visiteurs avides de culture. En revanche, si la part du budget allouée à l’entretien et la restauration des vieilles pierres est ridiculement faible, celle qui est dévolue à la promotion des arts de la rue, des artistes contemporains, et autres billevesées s’apparentant à la promotion d’un art officiel, comme cela avait cours chez les soviets et leurs frères ennemis nationaux-socialistes, cette part elle ne diminue que peu, voire pas du tout selon les années.

Triomphe du relativisme, ceci :

boulazac

Vaut cela :

Milandes

La culture est chose vivante. De tous temps, les artistes ont proposé et le public a disposé. L’existence d’un ministère de la culture est une hérésie, tout au moins dans un pays qui se vante d’être celui qui aurait inventé la liberté, en se gardant bien de rappeler qu’il a tout pompé chez les américains de 1776. De fait, quel que soit la coloration politique des régimes, tous ceux qui se sont dotés d’un tel ministère l’ont fait pour promouvoir un art officiel, reflet de leur idéologie. Tous les amoureux de la culture devraient réclamer l’abolition de ce ministère et exiger qu’il soit remplacé par un secrétariat d’Etat en charge de la préservation du patrimoine historique et que l’intégralité des crédits soient affectés à cette noble mission. Car de même que l’on ne peut prétendre comprendre le présent si on ne connait pas le passé, on ne peut comprendre sa culture si on ne connait pas celle de nos aïeux. C’est d’ailleurs ce qui contrarie nos élites qui proclament, telle notre désastreuse ministre, que l’avenir réinvente le passé.

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6 réflexions sur “La culture d’Etat

  1. Subventionner les « artistes » (théatreux, saltimbanques drogués et autres « destroutoureurs d’intemporalité », bref des gens que l’on devrait enterrer de nuit à l’écart de toute terre consacrée) conduit inéluctablement à l’émergence puis l’entretien d’un art officiel.

    Comme en URSS.

    Comme en Corée du Nord.

    Comme en Allemagne nazie.

    Quel peut bien être le rapport entre ces régimes?

    Question purement rhétorique…

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  2. Le ministère de la culture devrait se contenter de préserver ce que le passé nous a légué et laisser les artistes actuels travailler sans se mêler de ce qu’ils font ou devraient faire. Le public est seul juge et l’avenir confirmera ou non son jugement.

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  3. madame La fleur devrait bien mettre le nez dans un bouquet pour savoir ce qu’est le beau , mais comme elle est inculte dans le domaine artistique elle risque de se mettre le nez dans un bouquet d’orties …
    j’ai visité le château de Oiron dans les deux sèvres pendant les journées du patrimoine , c’est un très beau château mais hélas le guide a insisté sur les détritus exposés par des fous furieux contemporains …
    un tas d’os , c’est de l’art,
    un tas de caillou, c’est de l’art
    une coulure de ciment redressée dans le gazon, représentant une trace de pneu de tracteur, c’est de l’art,
    des poissons (400 environ) enfilés chacun,sur une brochette d’un mètre , c’est de l’art
    un trait de crayon sur le mur au format d’une peinture c’est de l’art
    des squelettes de dromadaires qui tournent devant des murs pleins de noix de coco et de fourches , c’est de l’art
    un trait de crayon sur le mur au format d’une peinture c’est de l’art!
    un ramassi de crucifix planté dans des coquillages symbolisant des va
    qui veut de cela chez lui ?
    quand en plus de permettre ces conn…madame la fleur veut que des jeunes puissent visionner un porno hard interdit aux moins de 18 ans elle ne se contente pas d’être inculte elle est malfaisante !

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  4. André Malraux était Ministre des Affaires Culturelles, et non de la culture. il considérait donc sa mission comme une sorte d’apostolat dédié à la préservation du patrimoine et à l’élévation des esprits. Puis vint Jack Lang et là, nous vîmes ce que nous allions voir, la Teuf de la Zic, les Colonnes de Buren…l’appartement de la Place des Vosges : le ton était donné, la planche savonneuse était en place…aujourd’hui nous avons Fleur Pellerin!

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