Donnez-moi de l’oxygène !

Jeudi 17 septembre, 5 heures du mat’ j’ai des frissons, seul sur le lit dans mes draps bleus froissés… j’écrase le bouton de ce fichu réveil qui sonne de plus en plus fort. La tête encore pleine des brumes du sommeil je décide de me lever malgré la flemme qui me pousse à refermer les yeux. Petit déjeuner rapide, deux expressos avalés à la suite, douche, coup de peigne, rasoir, eau de Cologne. Je saute dans ma voiture, direction la Villette où je dois retrouver, à 07 heures pétantes, Corto, Boutfil accompagnée de son homoconjointus, et Marc de la Plume à gratter. Heureusement que j’envisage toujours le possible impondérable, la circulation est dense et j’arrive pile à l’heure alors que j’aurais dû arriver avec 20 minutes d’avance.

Tout le monde est là, direction l’Aveyron pour un grand week-end. Les kilomètres sont rapidement avalés, en dépit d’un arrêt pour le déjeuner et d’un autre pour faire le plein. Nous posons les valises en début d’après-midi. Petit passage par le village pour quelques courses rapides, histoire d’assurer le repas du soir. Ensuite, les marques prises, nous découvrons la maison et ses environs, puis nous allumons un bon feu dans la cheminée et sortons les bouteilles. Corto allume le barbecue afin que les saucisses de terroir puissent griller.

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Le repas est arrosé de quelques bons flacons du terroir, puis arrive le temps de la veillée au coin du feu, arrosée d’un alcool pas vraiment local puisqu’il s’agit d’un bon Calva de ferme.

Le lendemain, direction Millau afin de faire les courses pour le week-end et pour le déjeuner du samedi, puisque nous recevons Gilles et Sylvette, qui commentent le blog de Boutfil et celui de Nouratin, ainsi que Lebuchard courroucé, qui habitent tous les trois dans les environs. La ville est agréable malgré la présence, a priori inévitable, de quelques mousmés bâchées et autres africains à casquette retournées. Les courses faites, nous faisons une petite halte dans un estaminet local, puis nous faisons provision de tabac. Sur le chemin du retour, une discussion animée s’engage, opposant les pro-viaduc à ceux (en fait moi et Marc) qui reconnaissent la prouesse technologique mais restent navrés par l’intrusion, dans un tel écrin de beauté, de cette réalisation en béton et acier qui balafre le paysage.

Le samedi, réveil, petit déjeuner, cueillette de tomates, de fraises, de framboises dans le jardin, épluchage des pommes de terre du jardin, et cuisson d’un beau rôti de bœuf de l’Aubrac. Les invités attendus arrivent. La glace est rapidement rompue autour d’un apéritif animé par de vives discussions, et comme il se doit on ne passe pas à table sans avoir rempli les verres à nouveau car il serait inconvenant de partir sur une patte. Le temps de passer à table arrive, les flacons apportés par Corto sont vidés, comme ceux qui ont été apportés par Gilles et son épouse. L’après-midi passe vite, on cause rugby, traditions, politique, immigration, religion, le tout agrémenté de plaisanteries et de sujets plus légers. Finalement, la réaquie, qu’elle soit des villes comme des champs, se retrouve sur les sujets essentiels.

Le reste du week-end va se dérouler sur le même mode, promenades dans la campagne aveyronnaise, bons repas, dive bouteille, alcools, feux de cheminée et discussions diverses, sans oublier quelques amusantes plongées dans la chanson française d’antan orchestrées par votre serviteur (deux extraits sont en ligne chez Corto) .

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Retour le lundi vers Paris et sa banlieue. Après quatre jours passés sans télévision, radio, ordinateur, le retour est difficile, à tel point qu’il me prend l’envie de hurler :

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15 réflexions sur “Donnez-moi de l’oxygène !

  1. Avez-vous noté que ces moments sont toujours trop courts ?
    Il faudrait imaginer des lieux, vieux hameaux abandonnés, à retaper, où les vieux réacs à la retraite viendraient finir leurs jours en retapant de vieux murs. Ce serait autrement préférable à une vieillesse passée à attendre la mort dans une quelconque maison de retraite ou dans l’isolement le plus sordide.
    Utopie ?

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    • Effectivement, ces moments sont trop courts. C’est lorsqu’on se replonge dans ce qui compte vraiment que l’on mesure la vacuité qui nous est imposée par la vie moderne, le rythme imbécile des grandes villes, les hochets agités par les politiques, les médias, pour nous détourner de ce qui est essentiel : une terre, un peuple.
      Pour la suite, utopie ? Peut-être, les différents essais de communautés, non religieuses, se sont souvent, pour ne pas dire toujours, soldés par un échec. Mais l’idée est séduisante, je l’avoue. Ne serait-ce que parce qu’elle permettrait de sauver de la ruine de magnifique bâtisses ancestrales, de protéger des paysages de la rapacité de quelques promoteurs toujours en mal de fric.

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    • Difficile de faire de médiocres clichés dans un tel écrin de beauté. Quant au retour, il a été brutal. Passer de la quiétude de la nature au brouhaha parisien a été pour moi une épreuve, sans parler de tous ces fantômes barbus ou bâchés qui peuplent nos rues. J’espère que nous pourrons remettre ça.
      Bises.

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  2. Not’ pays n’est pas mort, allez… et quand je parle de « pays », je ne parle pas seulement du lieu, du territoire, mais aussi de son caractère, de son âme, évidemment.

    Partout on n’entend et on ne lit que critiques et inquiétudes, il est préférable d’être vigilant, mais il fait bon partager ces bonnes choses aussi. On devrait le faire plus souvent!

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    • Il n’est pas mort, en dépit des efforts constants de nos « élites » mondialistes jusqu’au trognon. S’il tient encore, c’est parce qu’il existe encore des endroits épargnés par la frénésie du développement, ce que les technocrates appellent « la mise en valeur des territoires » et qui en signe la mort. Le jour où le progrès se sera avisé que ces lieux épargnés ne doivent pas y échapper, la France sera bel et bien morte. C’est pour cela qu’il faut résister, tous selon nos moyens.

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  3. Décidément, tu as bon goût l’ami ! Diane Dufresne dans ce sublime concert à Montréal, avec ses robes de folie (tu as vu celle du Parc Belmont ?)

    La France d’avant, la France de toujours, Audiard, De Broca, Fernadel, Jaroussky, Bartoli, Dufresne… On mange bien les mêmes rillettes (on a les mêmes valeurs, quoi) !

    et encore merci pour le retour sur Paris que tu t’es infligé à !)cause de moi !

    Et vie Leroy ! (hé!hé! Y-a pas d’mal à s’faire du bien

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    • Les réacs ont toujours bon goût, que cela soit dit et écrit !

      Ce qui nous démarquera toujours des pisse-froid qui passent leur vie avec un balai dans le fondement et cette allure pincée de clergyman, c’est l’humour, la capacité à ne rien prendre véritablement au sérieux.

      Quant au retour, je ne me voyais pas te lâcher comme un voleur aux portes de Paris pour m’en retourner chez moi. Et puis je m’étais engagé à te déposer au Châtelet. Il n’est pas arrivé le jour où je manquerais à ma parole. C’est la seule chose qui nous reste et qui ne peut nous être prise, alors, contre vents et marées il faut s’y tenir. Et puis nous aurions loupé quelques éclats de rire, et quelques indignations communes à l’écoute de Fogiel sur RTL. Rien que pour ça, ça valait le coup.

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