Le billet de blog et la pièce à conviction

Le fond

Demeuré quelque temps loin de Paris, en Bretagne où j’aime regarder la pluie tomber sur la mer en pensant à ces aliénés qui, pris d’une « envie de soleil » comme on a envie de déféquer, sont allés s’oublier à grands frais sous des cieux exotiques, je n’ai guère suivi ce qu’on appelle l’actualité – laquelle est, par définition, une fatigante répétition du même. Je pourrais me contenter de faire ici un éloge de la pluie bretonne et de la paix qu’elle m’apporte, des souvenirs qu’elle réveille de mon enfance limousine, de la méditative retraite qu’elle propose ; je ne serais pas compris : notre époque réclame le beau temps comme un droit infiniment menacé par le réchauffement climatique. Un jour viendra, n’en doutons pas, où l’on assignera l’Etat devant une instance juridique pour manquement à l’ordre météorologique ; il devra en effet répondre des déluges, incendies, tornades, tremblements de terre qui affectent le bon déroulement des vacances, comme on vient de le voir, au Népal, où des rescapés français ont trouvé le moyen de déclarer à la presse que l’ambassade de France à Katmandou n’a pas « assuré ». Ils se sont plaints, ils ont râlé, spécificité française particulièrement obscène en un pays naguère ravagé par le terrorisme maoïste et où le séisme a fait plus de 6000 morts.

Quant à ce qui s’est passé en France et dans le reste du monde, rien de quoi étonner : pendant que le transporteur Norbert Dentressangle, au nom si balzacien, passait sous pavillon américain, continuant la désindustrialisation de la France qui finira par devenir la Grèce de l’Europe du Nord, le Qatar faisait à notre pays l’aumône d’un milliard et demi de dollars pour acquérir vingt-quatre avions Rafale et le maintenir à flots, de la même façon que l’Arabie saoudite lui a acheté pour trois milliards d’un armement destiné à l’armée libanaise. La France maintenue à flots par le wahabisme : on comprend mieux que le gouvernement donne dans la propagande islamique, et que la nomination d’une musulmane comme ministre de l’Education nationale ne soit pas le fruit du hasard. Non contente d’attacher son nom à une énième réforme du collège d’où l’enseignement des langues anciennes et de l’allemand seraient exclus, l’histoire menacée par un relativisme idéologique à visée expiatoire, le français vidé de sa langue, Mme Belkacem propose pour modèle linguistique et culturel un histrion, également musulman : Djamel Debbouze. L’enseignement de l’ignorance est donc un apprentissage de la soumission, mais non au sens de la discipline et de la rigueur, pourtant indispensables dans le domaine éducatif, comme en tant d’autres. On aurait pourtant tort de s’en prendre à Mme Belkacem ; ce que ses conseillers lui dictent, dans le langage de Bourdieu revisité par Diafoirus, se situe dans la droite ligne de ce que Giscard d’Estaing avait lancé, en 1975, avec la réforme Haby et le collège unique. Rappelons qu’il s’agit moins de savoir que de consommer, de penser que d’aboyer les mots d’ordre du Bien, de lire que de se divertir, de vivre que de fuir le réel dans l’ivresse d’un présent acéphale…

Si l’on veut savoir ce qu’il en est du pays « réel », il convient non pas d’écouter les vœux pieux ni les aigreurs de la ministresse Belkacem contre les intellectuels qui contestent sa réforme, mais un certain Léonard Trierweiler, adolescent qui n’a pour lui que d’être le fils de sa mère, ex-favorite du prince élyséen, derelitta à qui l’on peut pardonner ses errements amoureux pour avoir commis un livre qui a, en septembre 2014, tué le système de la «  rentrée littéraire » (avec, il est vrai, l’objective complicité de Zemmour). Le très jeune Léonard, lui, tue Hollande  dans une interview accordée à je ne sais quel organe de propagande culturelle : en un français particulièrement abject mais révélateur de l’école selon Mme Belkacem, il déclare que Hollande est « un mec trop normal », révélant de touchants détails de cette normalité. Je ne m’apitoierai bien sûr pas sur Hollande ; mais la décadence de la fonction présidentielle est plus que pénible à voir. Qu’un collégien puisse, parce « fils de », s’épancher de la sorte sur le chef de l’Etat, voilà qui montre le degré d’abaissement où est tombée la France. L’ineffable Hussein Obama lui-même, pourtant maître en démagogie, notamment en refusant de reconnaître pour tel le génocide arménien, ne prêterait pas le flanc à un Léonard. Pauvre Hollande, pris entre Léonard et Léonarda ! Fatalité des prénoms, songeais-je également en lisant à la devanture d’une maison de la presse qu’une petite Bérényss avait été enlevée puis relâchée par un pédophile notoire. Prénom sidérant : pourquoi ce prénom de shampooineuse, et non Bérénice, prénom naguère royal et qui donnait tant à rêver, quand on enseignait Racine aux élèves de France ? C’est justement que l’espace-France de Mme Belkacem et de M. Debbouze ne supporte plus ce qui est « trop » français et rappelle ce que notre pays doit à Jérusalem, Athènes et Rome. Ce genre de graphie, qui fera bientôt écrire Alyss au lieu de Alice,  et Alyn pour Alain, gagne du terrain, tout comme la décomposition du tissu historique, intellectuel et spirituel de la France.

Source : Richard Millet

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2 réflexions sur “Le billet de blog et la pièce à conviction

  1. Entre l’affreux interviewer barbu (salafiste, peut être?) et le petit merdeux interviewé on dispose en effet d’un échantillon de France tout a fait représentatif. Le point de non retour semble bel et bien dépassé, on voit mal ce qui pourrait encore arrêter la dégringolade!
    Amitiés.

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  2. Ha oui il s’est clashe avec Louis Sarko
    Même pas une cible ?
    Pourquoive nous resservir Sarko junior ou seniorsenior dans ce cas ?
    C’est le passé, non ?
    Ou le passif, plutôt ?
    On devrait peut être se tourner vers l’avenir, mon petit trieur de valeur, non ?
    Enfin il a déjà appris à faire la cuisine, c’est toujours ça, tous les gamins peuvent pas en dire autant…..
    Le truc du futur prezident qui nettoie la pistoche, ça fait rigoler, non ?
    Un bon ( ou un mauvais, si on préfère) bourgeois, scoutaire, pistoche, parvenu……
    Mais un bourgeois, un médiocre bourgeois vronzais ni plus ni moins

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