Il y a 40 ans… déjà la presse française s’illustrait

Les khmers rouges entraient dans Phnom-Penh, leur victoire mettait fin à des années de guerre, ponctuées de bombardements meurtriers. Le chef de cette guérilla communiste se nomme Saloth Sâr, mais comme tout grand chef il se dote d’un surnom, il sera désormais connu sous l’alias Pol Pot. Pur produit de ce que la gauche française peur enfanter de pire, c’est un ancien étudiant de l’École française de radioélectricité, mais également un militant du PCF. Point n’est besoin de s’étendre sur les atrocités commises par ces dignes représentants des forces de progrès, de nombreux ouvrages d’historiens (sans parler des documentaires, voire des films comme « La déchirure ») ont fait la lumière sur les massacres, les horreurs diverses qui sont à porter à leur crédit.

En France, une partie de la presse nationale, notamment Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, tressait des couronnes de lauriers, encensait les vainqueurs, non, les libérateurs du Cambodge. Ça y est, c’était sûr et certain, le pauvre peuple cambodgien allait connaître un avenir radieux, réchauffé par le zèle communiste entièrement tourné vers le bien-être de tous les cambodgiens :

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Non contents de chanter les louanges des sicaires au service d’une idéologie qui était déjà responsable, en 1975, de plusieurs dizaines de millions de morts à travers le monde, les journaleux mettaient en garde tous ceux qui oseraient essayer de salir le blason immaculé des khmers rouges :

  • « Ce peuple est à l’ouvrage jour et nuit, si l’on en croit Radio-Phnom-Pen – qu’il n’y a aucune raison de ne pas croire en ce domaine – tout le monde vit de la même façon, transporte, pioche, reconstruit, repique, ensemence, récolte, irrigue, depuis les enfants jusqu’aux vieillards. L’allégresse révolutionnaire a, parait- il, transformé le paysage humain […] Une société nouvelle est assurément en gestation dans le royaume révolutionnaire Il est toujours possible, compte tenu d’informations peu sûres, de déceler des invraisemblances de dates ou de mentalités (…) Faut-il ajouter sans être soupçonné d’être une « belle âme », que seraient plus qualifiés, pour dénoncer hâtivement des exactions, ceux qui n’auront pas omis, au cours de la guerre, d’accorder autant de place aux atrocités de l’ »autre camp » et aux boucheries provoquées par l’aviation américaine? » Jacques Decornoy (Le Monde, 18 juillet 1975)

Ce même 17 avril, alors que les vainqueurs venaient à peine d’entrer dans la capitale, ils ordonnèrent son évacuation totale. Le prétexte officiel était l’imminence de bombardements de la part des impérialistes américains. En fait, il s’agissait ni plus, ni moins, de la mise en pratique de l’idéologie communiste, cette dernière ayant à cœur de rééduquer les citadins, nécessairement pollués par l’esprit petit bourgeois capitaliste, en les envoyant travailler aux champs. Bien entendu, furent soustraits à la masse des déplacés, les militaires de l’armée régulière, les intellectuels et autres parasites, qui furent tout simplement éliminés. Il serait ensuite temps de se pencher sur la liste pour en élargir le champ. Bien entendu, pour les pisse-copie apointés de la gauche française, ce n’était pas là un problème. Déplacer des centaines de milliers de personnes ne constituait pas en soin une atteinte à leurs libertés, pas plus qu’elle ne pouvait cacher de noirs desseins. Non, ce qui comptait avant tout, c’était de salir tous ceux qui fuyaient ce futur paradis, futur modèle pour le genre humain, qui comme le laisse entendre l’article ci-dessous étaient intoxiqués par la propagande américaine diffusée par la CIA.

Pourquoi-fuir

Tout bien considéré, même si certains journaux ont fait amende honorable, parfois bien tardivement et du bout des lèvres, les vieux réflexes sont toujours là. Que ce soit à propos de la Syrie, de la Russie, de l’Ukraine, etc., la même volonté de biaiser l’information en la rendant, plus ou moins discrètement, partisane est à l’oeuvre. Il y a bien une chose qui a changé, c’est que ces canards ne servent plus seulement la soupe à la gauche, ils diffusent servilement la bonne information désirée par le gouvernement en place. On ne mord pas la main qui vous nourrit.

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14 réflexions sur “Il y a 40 ans… déjà la presse française s’illustrait

  1. Rappel salutaire! J’ai connu des étudiants cambodgiens qui résidaient en France à cette époque. Ils étaient inquiets pour les leurs restés au pays et sidérés de voir la manière dont la presse traitait l’information.

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  2. Vous avez raison, cela rappelle exactement ce qu’on nous serine à propos de tous les exemples actuels, en particulier ce qui se passe au Venezuela, en Argentine, un peu partout en Amérique du sud: c’est la CIA, ce sont les américains, ce grand satan anti-communiste qui ruine le monde, pendant que Castro, Kim Jong Un et consorts, eux, ils travaillent à notre salut.

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  3. Un salutaire rappel,une constatation pertinente concernant les faits actuels, qui tarderont pas a être d’actualité en France. Taubira, Valls, sont des Pol Pot de nature, ils avancent lentement, mais ils avancent.

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    • Il y a surtout qu’ils se sont aperçus que la mise en place d’un totalitarisme soft est plus facile, d’autant qu’une fine argumentation permet d’emporter l’adhésion populaire. Mais je suis en accord avec vous, ils procèdent de la même saloperie.

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        • Certes, mais soyez assuré que les guignols de l’UMP continueront le travail, ils sont largement aussi progressistes que l’engeance de gauche. Ils ne tiennent leur appellation de « parti de droite » qu’à la place qu’ils occupent dans l’hémicycle. Il n’y a aucune différence de fond entre une NKM et une Hidalgo par exemple. En fait ils n’ont de droite que la pose et un certain vernis sécuritaire qui réside uniquement dans les éléments de langage. On oublie trop souvent que la réduction automatique des peines est une loi de Perben adoptée sous Sarkozy. De fait attaquer Taubira en la taxant de laxisme n’a aucun sens, elle s’inscrit juste dans une dynamique commune à l’UMP et au PS.

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          • Le problème de la France, c’est qu’elle n’a jamais eu de vrai parti réellement conservateur depuis la fin de la seconde guerre mondiale. D’un autre côté, comme il n’y a pas un politique qui ait lu Burke, Bonald, Blanc de Saint-Bonnet, cela n’est guère étonnant.

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  4. « Radio Phnom-Pen – qu’il y aucune raison de ne pas croire » : Décidément, la vérification de l’information est une longue tradition dans le journalisme français !
    Pour le reste, il suffit de remplacer Phnom-Pen par Bengazi, et on a un article de BHL sur la Libye.

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  5. Bravo, ce sont des choses qu’il faut rappeler pour bien comprendre le fond de sauce de la Presse Franchouille…et il est vrai que tout cela nous a conduit là où nous en sommes aujourd’hui : le totalitarisme mou!
    Amitiés.

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