A propos de ce qui agite l’actualité

L’assemblée nationale a fort heureusement écouté la voix de la raison en faisant le choix de la sédation plutôt que de prendre la voie de l’euthanasie. Étonnante quand même cette peur de la mort qui s’est saisie de notre société post-moderne. Il n’y a pas si longtemps que cela, les personnes âgées, les malades incurables, mourraient chez eux, entourés de leurs proches. Puis le trépas venu, ils étaient veillés avant que de prendre le chemin de leur dernière demeure. Si j’en crois ce qu’affirment les progressistes et autres guignols de la même eau, notre société serait plus avancée, plus vivable. Il ne manquerait, à les écouter, que peu de chose pour qu’elle soit presque parfaite : qu’un médecin vienne avec son aiguille mettre un terme à une vie qui visiblement s’éternise un peu trop. A ce qu’il paraît, ce serait offrir une mort dans la dignité. Pourtant, lorsque je les écoute parler, que je m’intéresse au choix des mots utilisés, je ne peux m’empêcher de penser que leur croisade pour la mort vite-fait, bien-fait, a pour objet de leur épargner le spectacle d’une agonie à laquelle ils ne veulent et peuvent assister. Le rappel du terme inéluctable de toute vie, et de ses signes avant-coureurs, est devenu insupportable dans notre société qui a cédé au culte du corps beau, jeune, souple, musclé. Privé de transcendance, l’homme en est venu à se croire immortel, ou tout du moins joue à le croire, et tente par tous les moyens de gommer les effets du temps, voire de le remonter par la grâce de la chirurgie dite esthétique. L’homme sans Dieu est nu et désemparé face à l’inéluctable et demande à la seule puissance tutélaire qu’il connaisse et reconnaisse, l’Etat, de faire le nécessaire pour que la vue de ce trépas qui nous attend tous lui soit épargnée afin de pouvoir continuer à rêver encore un peu, avant que la raideur de ses articulations, la baisse de son acuité visuelle, ne vienne lui signifier qu’il commence à décliner. Comment peut-on oser prétendre que cela serait un progrès ?

Les réseaux sociaux relaient la vidéo, prise à l’assemblée nationale, où l’on voit un Manuel Valls énervé, comme d’habitude, répondre à une question de Marion Maréchal-Le Pen. Hasard de la prise de vue, on peut voir la main gauche du premier ministre agitée de tremblements qu’il n’arrive visiblement pas à maîtriser. J’ai pu lire çà et là des commentaires qui ne brillent pas par leur pertinence et encore moins leur intelligence. Certains diagnostiquent je ne sais quelle maladie nerveuse ou vénérienne. D’autres font le parallèle avec la dernière apparition publique d’Adolf Hitler durant on pouvait observer le même tremblement. Que dire, sinon que ce ne sont là que des bêtises. A mon sens, la vérité est plus simple et malgré tout assez alarmante. Tout un chacun sait que la charge de travail d’un premier ministre est tout sauf légère. Si en plus ce dernier doit régulièrement monter au front pour mater la fronde, tancer la gauche de la gauche qui voudrait que le gouvernement lave plus rouge, il y a fort à parier que le burn out n’est pas loin. Et si par dessus tout cela on ajoute une tournée électorale particulièrement dense, il y a là tous les ingrédients pour que la crise de nerf finisse par éclater. S’il s’agissait d’un maire, d’un conseiller cantonal, voire d’un député ou sénateur, ce ne serait pas très grave. Mais là il s’agit du second personnage de l’Etat et on peut à raison se demander si Manu Militari est encore en capacité de gouverner sereinement. Ce qui à mes yeux est un peu plus préoccupant que les bêtises écrites sur Facebook ou Twitter.

Il y a peu, Christiane Taubira était l’invitée de RTL, l’ineffable Apathie tenant le rôle de M. bons offices. A un moment donné de l’entrevue, séquence où il était question des nombreuses attaques dont elle est victime, elle aurait laissé échappé une confidence involontaire : « L’important n’est pas ma personne. Il faut avoir la décence de ne pas en parler, en particulier lorsqu’on a mené des combats rudes dans sa vie et qu’on a eu le temps de se forger une capacité à résister. On n’est pas à plaindre ». Et d’ajouter : « Quand mon fils aîné trouvait que je résistais à trop de situation, je lui disais : ‘Quand je pleure, je pleure dans ma chambre’. Même mes enfants n’ont pas à savoir si je souffre. » Aussitôt, les médias se sont emparés de cette phrase, histoire de bien montrer à ce bas peuple ignoble et ignare, puisqu’il semble vouloir voter pour le FN, que le Garde des Sceaux est un être humain qui a, comme tout le monde, ses instants de faiblesse. Pour ma part, je ne crois pas un seul instant à cette fausse confidence. Voilà une femme qui, depuis qu’elle occupe son ministère, a su parfaitement gérer ses apparitions publiques, ses discours, qui prend un soin tout particulier pour rendre ses tweets abscons (qui font la joie de ses fans qui se pâment devant une telle poésie), et qui d’un coup perdrait son contrôle devant un journaliste ? Allons donc !  D’ailleurs, on peut se poser la question de la complicité d’Apathie dans cette affaire, car sa question a servi, comme par hasard, cette fameuse réponse. Certains mettent cette supposée faiblesse sur le compte de la saillie d’une élue municipale de Juvisy qui l’aurait invitée à repartir en Guyane. Aussitôt, on a crié au racisme. J’ai pris la peine de lire ce qui avait été exactement écrit, et je n’y vois pas la moindre trace de racisme ou de xénophobie. Certes, le ton n’est pas aimable (mais est-ce vraiment le rôle de l’opposition que de tresser des couronnes de lauriers aux représentants de la majorité ?), mais de là à imputer un hypothétique racisme, il y a un fossé que je me garderais bien de franchir. Il serait intéressant qu’un socialiste vienne nous expliquer pourquoi, dès lors qu’on s’en prend à cette dame, aussitôt on crie au racisme. Après tout, n’est-elle pas française ? Enfin, si on veut bien oublier son passé indépendantiste, qui ne milite pas en faveur de son supposé amour inconditionnel de la France.

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