Pauvre église de France, jusqu’où descendras-tu ?

Échanges sans concessions autour de l’islam entre des prêtres.

Réactions de Sami Aldeeb et de François Sweydan

Le bulletin de Saint-Georges à Lyon, no 271, février 2015 a publié l’éditorial suivant qui a provoqué des échanges sans concessions entre l’auteur de cet éditorial et deux Prêtres de son diocèse, dont nous tairons les noms:

L’éditorial signé par l’Abbé Hugues de Montjoye

« Lumen ad revelationem gentium »

Le jour de la chandeleur, nous chantons ces paroles du vieillard Siméon, tandis que le célébrant distribue les cierges aux fidèles qui les reçoivent dévotement et à genoux.  « Lumière pour éclairer les nations, et gloire d’Israël ton peuple ». Quelle est cette lumière ? Le Christ. Il n’est encore qu’un enfant porté au temple par ses parents, quarante jours après sa naissance (25 décembre-2 février) mais il est déjà annoncé comme la lumière du monde, la lumière qui doit éclairer toutes les nations, toutes les civilisations, toutes les cultures, bref tout homme et toute femme venant en ce monde. Celui qui marchera dans sa lumière ne marchera pas dans les ténèbres. Le vieillard divinement inspiré prophétisait en même temps qu’il serait un signe en butte à la contradiction, pour la chute ou le relèvement de beaucoup en Israël. 2000 ans plus tard, les choses n’ont pas changées. Le Christ est toujours la Lumière du monde et Il est toujours signe de contradiction. Ignorer le Christ c’est toujours vivre dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Même pour un païen de bonne volonté qui chercherait à faire le bien et à éviter le mal et qui ignorerait le Christ sans faute de sa part, quand bien même il serait mystérieusement uni au Christ (par ce qu’on appelle en théologie la « foi implicite »), c’est toujours un défaut, un manque, un vide, une pauvreté réelle que d’ignorer l’unique Sauveur du monde. Et c’est pourquoi l’Eglise est toujours et par nature missionnaire, répondant ainsi au commandement de son Seigneur : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Matt. 28, 19-20).

Le monde est à feu et à sang et on ne veut surtout pas voir la réalité en face, c’est-à-dire les causes de ces malheurs. Comment nos contemporains pourraient-ils trouver la paix en gardant à distance Celui qui en est le vrai gardien et l’auteur même, réconciliant les hommes avec Dieu et entre eux-mêmes par son sacrifice sur la Croix ? L’islam s’est introduit dans notre paysage et y a pris une place de plus en plus importante depuis quarante ans. Il est évident qu’il existe des musulmans qui aspirent à une bonne coexistence entre croyants de différentes religions. Quelle proportion ? Difficile à savoir, d’autant que les gens changent. Reste que les fondements de l’islam sont ce qu’ils sont : la vie de Mahomet (gardons son orthographe française), le coran, les hadiths. Et ces fondements placent l’islam (et pas seulement l’islamisme) sous un autre jour que le christianisme : la vie du Christ est belle, celle de Mahomet pleine de violences, de meurtres, de mensonges, de passions désordonnées, et l’évangile a une tout autre saveur que le coran qui fait l’apologie ouverte et explicite du meurtre des mécréants, des idolâtres, des associationistes (= les chrétiens). Et les sourates qui ont le plus d’autorité dans l’islam sont les plus récentes et également les plus violentes. Les djihadistes n’ont pas à chercher ailleurs la source de leur inspiration et ils ne se privent pas de le clamer. La réponse « Pas en notre nom ! » de certains musulmans voulant dédouaner l’islam de ces pratiques est insuffisante.

C’est au nom de l’islam que l’Arabie Saoudite, dont on a entendu récemment vanter les mérites, maintient la femme dans une condition de mineure permanente, pratique l’amputation de la main pour les voleurs, la flagellation pour des délits mineurs, la lapidation des femmes adultères, la décapitation des criminels ou même des trafiquants de drogue. Le blogueur et militant Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le tribunal pénal de Djedda à dix ans de prison et 1000 coups de fouet par série de 50 pour avoir créé le forum de discussion en ligne « Libérez les libéraux saoudiens ». Cette condamnation est assortie d’une interdiction de voyager pendant 10 ans à l’issue de sa peine, d’une interdiction d’utiliser les médias et d’une amende d’1 million de riyals saoudiens (226 000 €). Il a été flagellé en public de 50 coups vendredi 9 janvier 2015. La cicatrisation ne s’étant pas faite, la deuxième séance la semaine suivante a dû être reportée. Et nous sommes au cœur de l’islam, là où convergent tous les musulmans pour accomplir un des cinq piliers de l’islam, le pèlerinage à La Mecque à faire une fois dans sa vie. Au début du XXème siècle, l’école juridique représentée par l’Arabie, le wahhabisme, la plus rigoriste du sunnisme, était très minoritaire. Mais la manne pétrolière lui a donné une influence grandissante si bien qu’elle est aujourd’hui l’école de référence dans le monde entier.

Pourquoi rappeler ces quelques éléments épars, qui pourraient être longuement développés ? Pour reprendre l’appel du Pape Benoît XVI à l’université de Ratisbonne le 12 septembre 2006 qui n’a pas été vraiment entendu à cause de la polémique qui a suivi sa conférence et qui a embrasé le monde musulman. Le pape appelait à approfondir la question des relations entre foi et violence (notamment la contrainte en matière religieuse), entre foi et raison. Quelques jours après, le 25 septembre, rassemblant à Castel Gondolfo des diplomates pour consolider les liens d’amitié et de solidarité entre le Saint-Siège et les communautés musulmanes du monde, Benoît XVI reprenait dans son discours les propos de Jean-Paul II à Casablanca, au Maroc : « Le respect et le dialogue requièrent la réciprocité dans tous les domaines, surtout en ce qui concerne les libertés fondamentales et plus particulièrement la liberté religieuse. Ils favorisent la paix et l’entente entre les peuples ». La liberté religieuse est une pierre de touche du respect de la dignité de la personne. Benoît XVI en voyage en Turquie quelques mois seulement après Ratisbonne y revient avec insistance : « La liberté de religion, garantie par les institutions et respectée de manière effective, tant pour les individus que pour les communautés, constitue pour tous les croyants la condition nécessaire de leur contribution loyale à l’édification de la société, dans une attitude de service authentique, en particulier à l’égard des plus vulnérables et des plus pauvres » (rencontre avec le Président pour les Affaires Religieuses, 28 novembre 2006). « C’est le devoir des Autorités civiles dans tout pays démocratique de garantir la liberté effective de tous les croyants et de leur permettre d’organiser librement la vie de leur communauté religieuse. Je souhaite bien sûr que les croyants, à quelque communauté religieuse qu’ils appartiennent, puissent toujours bénéficier de ces droits, certain que la liberté religieuse est une expression fondamentale de la liberté humaine et que la présence active des religions dans la société est un facteur de progrès et d’enrichissement pour tous » (Rencontre avec le Corps Diplomatique auprès de la république de Turquie).

Le problème de la violence, de la contrainte et de l’irrationalité dans l’islam demeure et semble recouvert d’une lourde chape de plomb. On se satisfait des bons propos sur le « vivre ensemble » et sur l’islam religion de paix et d’amour… En rentrant de Munich après avoir signé avec Hitler et Mussolini les accords de septembre 1938, Daladier et Chamberlain furent acclamés comme des sauveurs : ils avaient préservé la paix ! L’illusion fut de courte durée… On connait le bon mot de Churchill, un mois plus tard : « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur, et ils auront la guerre ».

Nous le savons : la politique de l’autruche ne résout rien. Prions pour que nous puissions entamer un vrai dialogue de vérité avec nos frères musulmans de bonne volonté. Sans cacher toutes les horreurs de la vie de Mahomet, du coran, des hadiths, et de la pratique courante aujourd’hui en bien des pays musulmans. Courageusement, en Egypte le Président Al-Sissi appelle quant à lui à une vraie révolution dans l’islam pour qu’il se purifie (cf. discours à l’université Al-Azhar du Caire le 28 décembre dernier). Puisse-t-il être entendu !

Prions pour que la lumière du Christ brille un jour aux yeux de tous ceux qui, autour de nous, l’ignorent encore, et qui cherchent Dieu sincèrement. Reprenons pour terminer les belles oraisons du Vendredi Saint :

Prions pour les Juifs : que le Seigneur notre Dieu illumine leurs cœurs, afin qu’ils reconnaissent Jésus-Christ comme sauveur de tous les hommes.

Dieu éternel et tout puissant, vous qui voulez que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité, soyez favorable à nos prières : que, la multitude des nations entrant dans votre Église, tout Israël soit sauvé.

Prions pour les païens, afin que le Dieu tout-puissant ôte l’iniquité de leurs cœurs et que, abandonnant leurs idoles, ils se convertissent au Dieu vivant et véritable et à son Fils unique, Jésus-Christ notre Dieu et notre Seigneur.

Dieu tout-puissant et éternel, qui ne voulez pas la mort, mais la vie des pécheurs, exaucez la prière que nous vous faisons en faveur des idolâtres ; délivrez-les du culte des idoles et donnez-leur place dans votre sainte Église pour l’honneur et la gloire de votre Nom.

Abbé Hugues de Montjoye +

La suite sur le blog de Sami Aldeeb

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3 réflexions sur “Pauvre église de France, jusqu’où descendras-tu ?

  1. Vous avez assurément des sources de la meilleure eau, et je vous félicite de poursuivre ce travail de qualité. Je suis affligé de voir 2 prêtres se faire les relais de discours gauchistes lamentables, mais on peut se réjouir qu’il y a encore des gens sensé!

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    • Quand je vois à quel point les prêtres et les prélats sont pétris de l’esprit de collaboration avec la république, j’ai parfois l’impression que nous avons fait un bond dans le passé et que nous sommes face à des prêtres jureurs.

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      • Ce doit être le syndrome de Stockholm: à force de subir les coups des défenseurs de la république pseudo-laïque, ils s’imaginent que ça passera mieux en les caressant dans le sens du poil.

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