Nous sommes loin d’en avoir fini avec le califat

Isis s’apprête à attaquer des villes chrétiennes au Liban

Par F. Michael Maloof
Quelque 3.000 combattants djihadistes sunnites se sont rassemblés dans les monts Qalamoun en Syrie, en bordure de la frontière libanaise à l’est du pays. Ils se tiennent prêts à attaquer une série de villes chrétiennes dans le nord et le centre du Liban. Ils se préparent à entreprendre une attaque en tenaille sur le nord autour de Tripoli et dans le sud du Golan syrien, selon des sources informées du Moyen-Orient. Les combattants, composés de troupes d’Isis et du front al-Nusra, affilié à al-Qaida, endurent le rude hiver dans les montagnes en vue d’une possible série d’attaques au printemps.Pour garder les lignes d’approvisionnement ouvertes, les jihadistes mènent des attaques de guérilla sporadiques contre l’armée libanaise. Les combattants du front  al-Nusra et d’Isis se battent généralement entre eux, mais au Liban il semble qu’ils aient fini par se coordonner, même si leurs objectifs diffèrent.

Selon l’analyste du Moyen-Orient, Mario Abou Zeid, des éléments de l’Armée Syrienne Libre, qui bénéficie pourtant du soutien américain, ont également commencé à faire équipe avec des combattants d’al-Nusra. « Les combattants de l’Armée syrienne libre avaient commencé à perdre espoir de recevoir toute aide significative des intervenants étrangers« , a déclaré Abou Zeid. « Le Front al-Nusra, bien équipé, a gagné la confiance et la fidélité de ces combattants, qui se sont traduites par leur coopération dans les monts Qalamoun. »

Il y a un « nouveau triangle de mort pour Isis, » a récemment déclaré Mouhad al-Machnouq, ministre de l’Intérieur libanais, « il s’étend de la région libanaise d’Arsal jusqu’au secteur du camp de réfugiés palestiniens d’Ein al-Hilweh et de la prison de Roumieh (dans l’est de Beyrouth), pour finir à Raqqa, capitale du califat en Syrie, via l’Irak. » Arsal, au nord du Liban, est le point de départ des incursions des forces conjuguées d’Isis et du Front al-Nusra qui ont commencé en août dernier. Il y a eu des prises d’otages durant ces opérations, nottament de nombreux membres de l’armée libanaise. Après que cette ville de 35000 habitants ait changé de mains plusieurs fois, Arsal est devenu un centre où la loi islamique est strictement à ses habitants.

« Ce « triangle de la mort » auquel fait référence le ministre de l’Intérieur« , a déclaré l’économiste moyen-oriental Sami Nader, « montre que le Liban représente une profondeur stratégique non seulement pour le Hezbollah et le régime d’Al-Assad, mais aussi pour Isis qui s’y réfugie pour échapper aux frappes aériennes de l’Alliance internationale sur le front de l’Est.« 

Pour l’instant, l’armée libanaise a contrecarré de nombreuses attaques dans les villes environnantes dans le nord, autour de Ras Baalbek, qui est seulement à environ 40 kilomètres de la ville romaine antique de Baalbek, qui est un pôle d’attraction touristique majeur. Il ya eu des attaques régulières autour de Baalbek et à proximité Britel, dans les zones contrôlées par le Hezbollah (chiites soutenus par l’Iran), mais, à ce jour, les attaques djihadistes sunnites ont été vaines.

Profondément dans le territoire contrôlé par les chiites, Baalbek, où les premiers établissements remontent à quelques 9000 ans, a résisté durant des siècles aux attaques des barbares, des Grecs et des Romains. Durant l’antiquité, Baalbek a été offert comme cadeau d’anniversaire par le général romain Marc-Antoine à sa maîtresse, Cléopâtre, reine d’Egypte. Ras Baalbek, dans la partie nord de la vallée de la Bekaa, est dans une des régions chrétiennes du pays. Al-Nusra et Isis ciblent cette ville qui leur servira ensuite de tremplin pour atteindre les autres anciennes villes chrétiennes dans le centre de la Bekaa, telles que Zahlé, Firzel, Ablah et Drous (voir la carte).

« Les djihadistes sont sous pression dans la bataille en cours en Syrie; en représailles, ils peuvent attaquer la Bekaa, mais je vous assure qu’ils ne seront pas en mesure de faire plus que de frapper et de réaliser des opérations, » a affirmé une source libanaise. « L’armée est prête aux côté de la résistance (le Hezbollah), » at-il dit. « Nous allons l’emporter, les takfiris (combattants étrangers) ne gagneront pas. Dieu ne permettra pas que les takfiris l’emportent. »

Dans la région à prédominance chrétienne, les combattants islamistes ont menacé d’attaquer les églises ainsi que les chrétiens. En réponse, les habitants prennent les armes. « Si le Hezbollah n’existait pas, il aurait été nécessaire de créer« , a déclaré Albert Mansour, un ancien ministre du gouvernement qui réside à Ras Baalbek. « L’existence du parti fait que les gens – y compris les sunnites, les chiites et les chrétiens de la région – se sentent en sécurité face à cette étrange coalition. », faisant référance à la présence des combattants djihadistes sunnites.

Cependant, selon Esperance Ghanem, de telles attaques pourrait accorder à la coalition djihadiste des gains « tant sur le terrain et que pour le moral de ses combattants. L’aspect stratégique tient à la proximité de ces villages à la route internationale reliant Beyrouth à Damas. Appelée Al-Sham, ou route de Damas, elle d’une grande importance stratégique en ce qu’elle est une ligne de ravitaillement pour la Syrie et  un passage obligé reliant le nord de la Bekaa au centre et l’ouest de la Bekaa, où se trouvent quelques villages chrétiens.« 

L’expert du Moyen-Orient, Jean Aziz, a déclaré que si la route de Damas à Beyrouth est prise, cela couperait l’approvisionnement entre le Hezbollah et l’armée syrienne, représentant une menace sérieuse pour la capitale syrienne. « La réalisation de ceci  serait très dangereux pour le Hezbollah et ne peut donc pas être pris à la légère« Espr.

Esperance Ghanem précise que cette route relie également la région du sud de la Bekaa autour Arkoub à la ville syrienne de Beit Jinn, qui reste sous le contrôle des militants et un point à partir duquel les militants pourraient essayer de passer pour ensuite entrer à Arkoub. « Cet objectif ne pourra être atteint que si les djihadistes gagnent en moral, ce qui est conditionné par la réussite de leurs plans à Ras Baalbek, et s’ils réussissent à déplacer ses habitants ainsi que ceux des autres régions en semant la peur dans les villages chrétiens de la Békaa centrale et occidentale, garantissant ainsi qu’il n’y aura pas de résistance. » À ce jour, l’armée libanaise a contrecarré leurs plans en stoppant leur poussée dans le Tallet al-Hamra, même si les djihadistes continuer leurs attaques afin de sonder la résistance de l’armée.

Jean Aziz précise que la zone frontière israélo-syrienne constitue une extension géographique naturelle au sud-ouest de la zone frontière libano-israélienne. « Les gains, par des groupes militants sunnites opposés au Hezbollah, dans ce domaine créeraient un nouveau front pour le Hezbollah au Sud-Liban. Il constitueraient aussi une forme de siège, le Hezbollah serait alors coincé entre les forces israéliennes à la frontière sud du Liban et les groupes armés à l’est le long de la frontière avec la Syrie. Pour le Hezbollah, un tel scénario serait inacceptable et impossible à supporter. » Car, selon Jean Aziz, « des rapports faisant état d’une coopération entre Israël et le front al-Nusra inquiètent particulièrement l’organisation du Hezbollah. »

Aziz fait référence à un troisième secteur où le Liban devient vulnérable, à savoir dans le sud en face des hauteurs du Golan syrien. Il indique que la zone dite des trois frontières du Liban, avec la Syrie et Israël est symbolique pour le Hezbollah et l’Iran. Secteur où Israëla tiré sur et tué, le 18 janvier, un groupe formé de membre du Hezbollah et des personnels iraniens dans le Golan syrien, devenant de fait une zone de préoccupation pour le Hezbollah et l’Iran.

Le membre du Hezbollah qui dirigeait le groupe était Jihad Imad Moughnieh, 25 ans, fils d’Imad Moughnieh, qui était le commandant militaire du Hezbollah abattu le 12 février 2008 par Israël, fait révélé par la publication récente de rapports de CIA. En plus de Jihad Mughniyah, il y avait cinq autres membres du Hezbollah, le général iranien Mohammad Ali Allahdadi, dont les sources disent qu’il était le détaché pour les opérations syriennes auprès de Qasem Soleimani général commandant de la Force Qods de la Garde révolutionnaire iranienne. Israël prétend qu’ils planifiaient une attaque sur la partie nord du pays. Cependant, d’autres sources disent que les Israéliens savaient que le Hezbollah et les Iranien préparaient une attaque contre les combattants d’al-Nusra qui occupent la région. Ce qui a nourri la rumeur d’une accusation impliquant qu’Israël travaille avec le front al-Nusra. « Certains médias israéliens ont révélé en outre une coopération directe entre des djihadistes et l’armée israélienne », a déclaré Jean Aziz, « et d’autres médias ont rapporté l’absence d’animosité entre l’État israélien et Jabhat al-Nusra, qui représente Al-Qaïda en Syrie, ainsi que des rapports israéliens sur des contacts directs avec l’opposition syrienne. »

Le positionnement d’al-Nusra dans le Golan syrien n’est pas seulement perçu comme une menace  par le Hezbollah quant à sa présence à cet endroit stratégique, en vue de parer à toute invasion du Liban sud par les djihadistes. Mais c’est un endroit stratégique pour ce groupe soutenu par l’Iran contre Israël à soa frontière nord.

Source : Assyrian International News Agency

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Une réflexion sur “Nous sommes loin d’en avoir fini avec le califat

  1. Je prie mes lecteurs de bien vouloir excuser la piètre qualité de la traduction. Elle a été faite rapidement, et je n’ai pas eu le temps suffisant pour faire une relecture et travailler le style. En tout cas, l’essentiel est là.

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