Désespérante chronique de la justice française

Alès : excédé, le buraliste réplique et récolte 15 jours avec sursis

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Excédé, caillassé, menacé, le commerçant avait visé un groupe de jeunes du quartier avec une arme de poing.

Laurent Lopez, buraliste rue du Commandant-Audibert est appelé à la barre. Il fait l’objet de poursuite pour avoir menacé avec une arme, Hakim, un jeune du quartier. Ce dernier est appelé par la présidente de l’audience, Corinne Mathon, en qualité de victime. Les sarcasmes montent de la salle d’audience où une vingtaine d’habitants du quartier est venue soutenir le commerçant. La présidente rappelle à l’ordre le public.

À la barre, le commerçant tente d’expliquer son geste : « Je veux travailler tranquille. Tous les jours des dealers sont devant mon tabac. Ils me harcèlent. J’ai essayé de céder la boutique, mais à cause d’eux, c’est invendable. » L’homme, dépressif, prend des calmants pour tenir le coup. Il a déposé de nombreuses plaintes, pas toujours suivies d’effet selon lui.

Le procureur de la République, Nicolas Hennebelle, est conscient de la situation. Un dispositif spécial sur lequel nous reviendrons a été spécifiquement monté dans ce quartier. « On comprend l’exaspération des riverains des rues Audibert et Jean-Moulin. Il y a une augmentation de la délinquance qui nous préoccupe. La réponse pénale existe : quatre mois de prison ferme pour l’auteur de dégradation sur la porte d’un commerce. » Pour autant, le magistrat ne peut accepter « que l’on fasse justice soi-même comme au far-west. On ne menace pas des gens avec une arme, c’est inacceptable. L’individu menacé est inconnu des services à ce jour. »

De l’autre côté de la barre, Me Sophie Bonnaud, pour la défense, a une autre vision du dossier : « Je ne plaide pas la légitime violence. Le buraliste n’est certes pas une victime, mais sa situation est devenue intenable. Dans le quartier, c’est la loi du silence qui s’applique, mais il a trouvé le courage de lutter. Il appelle à l’aide et on lui répond qu’on ne peut rien faire. Il a déposé une dizaine de plaintes en vain.

La victime ? Il n’est pas venu. Ses amis non plus. Des amis dont il ne veut pas donner les noms et qui ne se sont pas constitué partie civile. Le jour des faits Hakim insulte, menace, outrage, saisi même à la gorge un agent de la police municipale. Il reconnaît les faits au commissariat. Va-t-il être poursuivi ? Il sait aussi que la veille au soir, le commerçant a été caillassé. La justice devra rendre une décision à la lumière de tous ces éléments.« 

Après en avoir délibéré, le tribunal a rendu sa décision. « Les pièces concernant le contexte ont été prises en compte, mais on ne se fait pas justice soi-même« , appuie avec force la présidente Corinne Mathon. Le buraliste écope de 15 jours de prison avec sursis. Dure est la loi, mais c’est la loi.

Source : Le Midi Libre

*     *     *

Ce genre de fait divers est malheureusement relativement courant. Voilà où nous en sommes après 40 années de dictature de la doctrine Ancel au sein de la justice française. Quel habitant d’une de ces riantes banlieues cosmopolites n’a pas croisé la route d’une de ces tristes vies dont le seul but semble consister à pourrir celles des autres, surtout lorsqu’ils ne partagent pas la même origine ethnique et la même religion ? Il y a peu, une jeune homme de mon voisinage a été poignardé dans le dos par une de ces raclures. Ils s’étaient courageusement mis à trois pour lui coller une bonne dérouillée. Sauf que le jeune homme ne s’est pas laissé faire et en a envoyé deux au tapis. L’une des deux larves, vexée, s’est relevée, et tandis que leur proie allait s’occuper du dernier, il a frappé dans le dos. Résultat, un pneumothorax, un bon épanchement sanguin, sa vie n’est plus en danger mais ça s’est joué à peu.

La vérité, c’est que son agresseur se sentait intouchable. A peine vingt ans, 55 gardes à vue à son actif et 25 condamnations. Mais comme il était mineur au moment des faits, il avait accumulé les sursis et les peines de substitution à peine effectuées quand il se rendait aux TIG. Quel message lui a envoyé la justice durant toutes ces années sinon : « vas-y mon petit, tu n’as fait que des petites bêtises sans gravité, on ne va pas t’envoyer en prison ou te faire casser des cailloux. Tu es jeune, ça n’est pas de ta faute. » Nul doute que le parcours de l’Hakim qui a pourri la vie de ce buraliste ressemble à celui du jeune con que je viens de décrire. Aux yeux de la justice, ce sont de pauvres victimes, certainement les vraies victimes de notre méchante société qui n’en fait jamais assez pour eux.

Jusqu’à quand allons-nous devoir supporter cela ?

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