L’esprit du 11 janvier

PORTRAITS

La voilà la république, dans toute sa splendeur. Comme en 1789, les Iznogoud qui veulent avoir accès au pouvoir se bousculent au portillon. Oh bien sûr, ce ne sont pas des aristocrates. Bien au contraire, ils sont d’accord avec ce qui est écrit dans les manuels d’histoire falsifiée de la gueuse. Pour autant, ça ne les empêche pas de reprendre à leur compte les codes vestimentaires, les poses, de se vautrer dans ce luxe qu’ils fustigeaient lorsqu’il était l’apanage de ceux qui payaient l’impôt du sang. Seulement voilà, sous le vernis on sent bien que les attitudes ne sont pas naturelles, que l’air compassé ne remplacera jamais l’aisance naturelle de ceux dont ils ont pris la place. Ce sont les nouveaux robins, fraîchement anoblis par la grâce de François le mou qui leur a permis de faire partie de son entourage. Ils peuvent bien tenter, comme leurs prédécesseurs, de se hausser au niveau de l’aristocratie d’épée qui elle n’avait rien à prouver pour établir sa valeur, ils restent de petits parvenus. La preuve, on ne leur a même pas appris les convenances et le respect du bien d’autrui et des biens publics, un de ces jeunes connards est assis sur un accoudoir. A moins que cela soit pour montrer sa « rebellitude » sur le mode « les codes et les règles, c’est pas pour moi« .

Comme l’a fort bien écrit Corto, ils sont la vivante représentation de ce soi-disant apartheid français décrié par un Manuel Valls en mal de sensationnel pour occuper, lui aussi, la une des journaux. Eux, ils n’ont pas eu à passer leur enfance dans une de ces banlieues cosmopolites et interlopes, à devoir longer les murs, la tête baissée afin de ne pas éveiller la hargne des bandes ethniques. Ils n’ont pas connu la médiocrité des groupes scolaires où les instituteurs et professeurs passent la première moitié des cours à rétablir un semblant d’ordre. Ils ont peut-être fréquenté des lycées publics, mais Janson de Sailly, Louis le grand, Charlemagne, n’ont strictement rien à voir avec le lycée Salvador Allende de je ne sais quel gourbi géré par les communistes (socialistes, écologistes, au choix). Après, c’est la voie royale, prépa, grandes écoles, puis le réseau de papa qui permet au fiston ou à sa fifille d’entrer dans un cabinet ministériel d’où ils espèrent bien être remarqués, parce que, quand même, faut pas déconner, ils ne vont pas moisir là des années.

Bien évidemment, ces gonzes ne savent rien de la vraie vie. Ils n’ont aucune idée de ce que c’est que d’avoir à bosser dur, rentrer le soir, le dos cassé, se cogner la cohue de ces merveilleux transports en commun tant vantés. La promiscuité, la chaleur, les odeurs corporelles émises par cet amas de corps agglutinés, les interruptions de trafic, les grèves a répétition, la voyoucratie qui traîne à la recherche d’une proie facile, tout ça leur est aussi étranger que ne peuvent l’être les raffinements du théâtre Kabuki pour le prolo lambda. Tout comme ils n’ont pas la moindre idée de ce que peut être la vie d’un jeune « gaulois » dans un de ces quartiers dits « sensibles ». Devoir prendre ses jambes à son coup parce qu’une horde vous poursuit, avec le palpitant qui bat à cent à l’heure, la trouille au ventre, ça non plus ils ne connaissent pas. Pas plus qu’ils n’ont jamais eu à jouer des poings pour tenter de conserver le peu qui leur appartient de la convoitise de cette belle diversité qui est censée être une chance pour la France et une source d’enrichissement. Se rendent-ils seulement compte, au moment de la prise de ces clichés, qu’ils ont sur les endosses l’équivalent, a minima, d’un smic et demi ? Très certainement, mais ils ne voient pas où le bât pourrait blesser. Après tout, ils font partie du sérail, ils sont la jeune garde de Moi Président de la France.

Il est là l’esprit du 11 janvier. Une bande de jeunes loups dont les crocs rayent les planchers des palais de la république. Des communicants qui ont appris à leur président normal comment on peut remonter sa cote en utilisant les corps encore chauds de 17 victimes. Ce sont les hommes et les femmes qui accouchent des éléments de langage, qui indiquent quelle posture adopter, le but n’étant pas de faire dans le concret mais de gagner des points par l’apparence de maîtrise de la situation. Le tout dans la parité absolue, s’il vous plaît. Trois gonzes, trois gisquettes.

Toutes proportions gardées, les époques étant par trop différentes, ils me rappellent deux jeunes trous du cul présentés par la presse d’alors : un certain François et une certaine Marie-Ségolène. Les gouvernements passent, les présidents trépassent, mais l’envie de présenter au vulgum pecus les connards qui les gouverneront après-demain est toujours là. Hier, le couple avait l’air empoté, ne sachant pas trop comment se débrouiller avec la malette qui leur avait été confiée, symbole de leur nouveau statut, et puis le discours était hésitant. Là, avec cette meute de petits cons, on sent qu’il y a eu du travail en amont. A ceci près toutefois, que le résultat est visiblement contraire de celui qui était escompté.

Avec La Garde Montante 
Avec la garde montante ,
Nous arrivons nous voilà !
Sonne trompette éclatante taratatataratata .
Nous marchons la tête haute
Comme de petits soldats
Marquant sans faire de faute
1,2, marquant le pas .
Les épaules en arrière
Et la poitrine en dehors
Les bras de cette manière
Tombant tout le long du corps
Avec la garde montante
Nous arrivons,nous voilà !
sonne trompette éclatante taratata taratata

10959870_496848330454380_6066321208976150131_nCruelle réalité. Un homme et un merdeux côte à côte.

A gauche, l’élégance décontractée du réactionnaire.

A droite, le parvenu de gauche qui aimerait bien avoir l’air.

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8 réflexions sur “L’esprit du 11 janvier

  1. De vraies têtes de premiers de la crasse… ça ferait presque peur! Mais rassurez-vous, quand une élite se professionnalise, c’est déjà signe de son déclin.
    Plus dure sera la chute, mais Dieu que c’est long !

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  2. Lorsque j’ai vu la couverture, j’ai eu la même réflexion que la vôtre à la fin du billet !!
    Ils ont fait deux couvertures, la seconde avec la miss Azoulay… parité oblige ??…
    En fin de torchon, il y a une rubrique « mode » à propos de laquelle je ferais un billet : les hommes a priori se libèreraient de quelquechose, un carcan ? des codes insoutenables ?… en se fringant comme des débiles et avec des vêtements féminins !!!… Ces gens sont bel et bien fous.

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    • J’adore la veste 3 fois trop grande pour son corps maigrichon, mais avec les manches trop courtes. Soit son tailleur est un gros naze incompétent, soit il ne sait meme pas choisir ses vêtements (ce qui ne m’étonnerait pas, j’imagine que jusqu’à présent c’était maman qui le faisait). Pour le reste, cette troupe de comiques nage dans un mélange d’arrogance et de vulgarité, typique des parvenus cherchant désespérément à imiter l’aristocratie.

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